Au nord! Bien plus au nord!

Direction la Bolivie !

Ça y est, c’est fait! Nous voici repartis sur la route et sachez que ça nous avait manqué!
Comme l’annonce le titre de ce nouvel article, nous avons traversé la frontière pour partir bien plus au nord, à travers la Bolivie! Nous sommes prêts à partir et les paysages de la Quebrada sont toujours aussi beaux même quand on les salue dans un au revoir.

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Voyage dans la Quebrada de Humahuaca

Alors j’en entends déjà dire « attend mais c’est quoi ce bazar! Les mecs ils prennent un PVT pour visiter l’Argentine et ils se retrouvent en Bolivie! » Certes ils auront raison… Malgré tout notre choix repose sur le fait que le territoire Andin en Argentine nous a énormément plu, d’une part, et d’autre part nous étions trop proches de la Bolivie pour ne pas en tenir compte dans notre choix d’itinéraire… Et permettez-moi de vous dire que le spectacle en vaut la peine!!! Bref, on n’a pas pu résister!

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Villazon, place principale

En effet, ce territoire nous réservait de nombreuses surprises par la richesse de ses paysages, la diversité de sa culture (pour mémoire la Bolivie a pris en 2009 le nom d’Etat plurinational de Bolivie en raison des très nombreuses ethnies de ce pays: 4 langues officielles et 32 dialectes reconnus) et l’incroyable activité qui règne dans ses villes.

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Drapeaux de la Bolivie, au centre Simon Bolivar qui a donné son nom au pays lors de la révolution (Casa de la libertad)

Nous avons commencé ce périple par la frontière (surpris?^^) dans la ville de Villazon, qui comme toutes les villes-frontières (j’imagine) n’a rien de bien transcendant… Beaucoup de magasins et peu de quoi que ce soit d’autre. A noter tout de même la présence d’un petit parc plutôt agréable et (à la différence de ce que l’on a pu voir en Argentine) extrêmement bien entretenu! Nous en profitons pour prendre un mate avec notre Thermos tout neuf (héhé !), en attendant le bus qui nous amènera plus loin dans les terres, cette ville n’offrant que peu d’intérêt pour un arrêt plus prolongé. S’en suivent donc 9h de bus en nocturne, pour atteindre la ville de Potosi.

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Pause à Villazon avec notre mate et les alfajores de Tilcara

Potosi : la prisonnière du cerro.

Au matin, nous découvrons cette ville avec un ressenti plutôt négatif… En effet le terminal de bus nous laisse au pied de la ville, c’est à dire dans une zone en construction… à plus de deux kilomètres du centre historique. Nous prenons donc notre premier taxi bolivien à l’aube, et là que les amoureux du sport et du délit automobile s’approchent!^^ Le style de conduite bolivien est tout simplement incroyable : on ne ralentit pas au carrefour, on DOIT klaxonner pour faire savoir qu’on arrive à un croisement et que de toute manière on ne s’arrêtera pas! Un rally façon WRC s’engage alors dans la ville à grand renfort de klaxon à 6h du matin, donc… Rien de tel pour vous réveiller une Claire qui a passé une excellente nuit de repos dans le bus (hum hum…). Nous arrivons donc (vivants) au cœur de la cité qui fut le fleuron de l’empire colonial espagnol, et ça se voit! Les bâtiments du cœur historique sont en excellent état, beaux, colorés, et bien finis…

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Notre hôtel, pour sa dernière nuit…

Une très belle place accueille notre arrivée et nous prenons plaisir à découvrir le Cerro Rico, la montagne qui domine cette ville construite au cœur même des Andes! Pour ceux que ça intéresse encore on est à 4 070m d’altitude et à 6h du matin ça caille!!! Nous rencontrons par chance une hôtelière qui nous propose une chambre pour la dernière nuit que son établissement offre avant sa fermeture définitive. Nous passerons donc la nuit dans un superbe bâtiment au style colonial.

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Bâtiments coloniaux du centre

En attendant nous profitons de notre arrivé matinale afin de découvrir la ville. Comme nous sommes dimanche, les rues sont plutôt calmes. Celles-ci sont dotées d’un passé riche et lourd, car Potosi a été pendant très longtemps exploitée comme étant une des principales sources d’argent de l’Espagne. Le Cerro Rico est au moment de la conquête de l’Amérique latine par la couronne d’Espagne l’une des plus grande mine d’argent du monde. Ce sera d’ailleurs la principale ressource de l’empire avec les milliers de tonnes de minerai extraits. La « colline riche » et ses filons d’argent ont, d’après la légende, été découverts en 1545 par un amérindien qui aurait perdu l’un de ses lama. Impossible de vous dire si ça s’est vraiment passé comme ça (même si nous on a notre idée là-dessus), cependant il a été établi que bien avant cela les Incas utilisaient ce mont comme « huaca », site sacrificiel dédié à l’important dieu Pachacamac, divinité créatrice des peuples péruviens.

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Le fameux Cerro Rico

Le Cerro Rico est fondamental dans l’histoire de la Bolivie, et plus encore dans celle de Potosi. La ville fut créée pour son exploitation, et aujourd’hui les mineurs continuent de descendre dans les profondeurs de cette montagne qui est connue aussi sous le nom de la « mangeuse d’homme ». Pas besoin de vous faire un dessein je pense : sous la terre à 4 700 mètres d’altitude, entre le froid, le manque d’oxygène et les conditions « normales » du travail dans une mine, autant dire que le nombre de victimes est toujours plus important au fil des âges… Au début les natifs employés de force par les conquistadores, aujourd’hui des natifs qui ne savent pas vers quoi d’autre se tourner. Cependant après 470 ans passés à creuser la roche, le mont présente de sérieux risques d’effondrement. Cette activité fait pourtant « vivre » 12 000 mineurs et leur famille, sans compter les autres emplois nécessaire pour cette industrie.

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La vie des mineurs imprègne la ville jusque dans ses murs

Autant dire que le tourisme est pour eux un espoir porteur, et le dakar, tout comme le salar d’Uyuni très proche une attraction phare. Bien plus à nos yeux en tout cas que les « visites des mines » qui sont proposées par toutes les agences sur place. Nous avons choisi de ne faire aucun des deux pour les raisons suivantes. Dans le premier cas parce que nous avons eu l’occasion de voir des paysages très proches dans le NO Argentin. Et dans le deuxième cas car il y avait des risques pour notre sécurité (il faut signer une décharge pour entrer bien sûr), et ensuite parce qu’on ne se « sentait » pas d’aller jouer les voyeurs de la misère de ses mineurs qui vivent dans le noir et se tuent à la tâche. L’argument que les tours nous ont avancé est qu’il est intéressant de pouvoir témoigner des conditions de travail de ses hommes. Nous vous en avons parlé, vous le savez maintenant aussi bien que nous, je sais que votre imagination et votre connaissance de l’histoire du nord et de l’est de la France contribuera largement à votre prise de conscience de la situation, sinon jetez un œil ici http://www.rfi.fr/mfi/20140808-bolivie-le-danger-plane-dessus-cerro-rico-potosi/

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Maintenant que vous savez, vous pouvez davantage vous rendre compte des conditions dans lesquelles on visite cette ville. Ce n’est pas une ambiance banale. La mine imprègne les rues, et le Cerro Rico, où que vous soyez, n’échappe pas à la vue, dominant Potosi de sa rondeur faussement débonnaire.
Pour mieux comprendre cette atmosphère, nous visitons « la Casa de la Moneda », anciennement le lieu où était frappé la monnaie (en argent bien sûr), aujourd’hui reconvertie en musée. La vue la plus connue de cet établissement est la cour intérieure, surmontée d’un masque représentant un visage ricaneur encadré de branches de raisin. La légende dit qu’à l’intérieur de celui-ci, érigé au départ des Espagnols, un artefact appartenant au roi y a été placé. Nous n’en serons pas plus là-dessus…

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La casa de la moneda

Nous y apprenons l’histoire du pays qui ne s’appelait pas encore Bolivie mais Haut-Pérou et de sa place parmi l’Empire. Nous découvrons aussi les manières de travailler le métal précieux, de la purification de l’argent jusqu’à la création de la monnaie proprement dite. C’est aussi dans ces bâtiments qui constituent le plus grand héritage architectural de la colonisation que ont étaient frappées les premiers « pesos boliviens ». Cependant l’ironie du sort veut qu’aujourd’hui les « bolivianos » soient frappés en partie au Chili, au Canada, en Suède, et en France. Bref un très grand musée aux collections variées : de beaux tableaux commandés par les conquistadores réalisés par des artistes anonymes puisque natifs de la région et donc analphabètes. Ceux-ci représentent des batailles européennes, des grands de l’époque, mais aussi plus significatif des vierges Marie, signe de l’Evangélisation, confondues avec la Pachamama, la Terre Mère, et même peintes toutes deux comme personnification du Cerro Rico. Des collections de minéraux, mais aussi une chapelle et des momies, et le reste des machineries qui servaient à frapper les monnaies, évoluant au fil du temps.

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Caricature du masque de la casa de la moneda

https://i2.wp.com/www.heureuxquicommeulysse.fr/Imgs%5CS29_BOL_Potosi%5CpCasa%20de%20la%20Moneda%20-%20002.JPG
L’original (on préfère vous le préciser parce que c’est pas évident à première vue)

Pour vous donner tout de même une idée de l’ampleur des richesses créées à Potosi, il faut vous raconter une histoire : l’un des galions espagnol qui devait transporter de grandes quantités de pièces de monnaie a coulé, et de nos jours le trésor a été repêché par les Etats Unis dans les eaux de la Floride…. Une seule pièce a été restituée à la Bolivie : elle trône dans une vitrine du musée, avec les lettres PTSI superposées comme preuve de son identité.
Si les mines sont encore en activité de nos jours au sein du Cerro Rico, l’argent s’y est tari depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, on y extrait d’autres minerais comme l’étain et le plomb.
Nous poursuivons ainsi nos visites au cœur de cette ville jusqu’au lendemain (dur, dur ! de monter jusqu’à surplomber la ville, mais la vue en vaut la peine !) puis nous décidons de nous remettre en mouvement jusqu’à la capitale: Sucre!

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Bienvenue à Sucre

Sucre, une capitale pas comme les autres…

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26 ans à la casa de la libertad!

Oui, Sucre est bien la capitale de la Bolivie au même titre que La Paz! Il s’agit en fait d’une séparation des pouvoirs juridique, législatif et exécutif qui donne à la Bolivie cette particularité. Les sureños (habitant de Sucre) ne sont toutefois pas avares en commentaires lorsque la question du centre du pays se pose. En effet c’est d’ici qu’a commencé la révolte de tout le nord de l’Amérique du Sud (c’est le cri du 25 mai !) contre l’empire espagnol, avec les généraux Simon Bolivar et José de Sucre. Ainsi pour ses habitants Sucre est non seulement la capitale de la Bolivie mais également le cœur même de l’Amérique latine! Une fois n’est pas coutume, les boliviens ont également une héroïne! Juana Azurduy est une légende de la révolution sud-américaine pour avoir mené le peuple à la bataille et un pan de la casa de la libertad (ou fut rédigée et est conservée la constitution bolivienne par Simon Bolivar) lui est consacrée.

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L’héroine!

Notre première impression de Sucre en nous promenant dans ses rues est tout simplement géniale. C’est une ville vivante, riche en couleur et en sons (oui tous les boliviens conduisent au klaxon parait-il…). On sent un dynamisme incroyable et une ville d’une grande richesse et d’un dépaysement assez fort. Les commerçants sont partout et ont le sourire aux lèvres, les rues du centre sont étroites et bondées et le soir tout le monde sort pour fêter la douceur de vivre sur une place principale très agréablement entretenue et fleurie.

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Nous prenons sur le marché notre premier petit déjeuner (oui dit comme ça, ça paraît banal mais attendez la suite!!!) au sein même du marché dans un coin uniquement réservé aux fruits, il y a deux dizaine d’étals chargés de monceaux de fruits de toute sorte, de céréales, d’œufs, de plantes, de bières, de yaourt… Une vingtaine de femme appellent le passant en lui proposant des jus et des salades de fruits qu’elles font sur place, comme on en avait jamais ni bu ni mangé. Ceci fait partie des trucs simples mais pourtant incroyables que nous avons vu en déambulant dans les rues de Sucre.

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Autant vous dire que nous avons été de fidèles visiteurs de ce coin de paradis. Qui est d’ailleurs une oasis de fraicheur au milieu d’un marché bondé de tout, mais organisé en rangées : des produits ménagers dans une ligne, les œufs dans un autres, de la viande posée en vrac sur des tables carrelées, avec des enfants tenant un long couteau de boucher afin d’arracher des morceaux aux pièces de viandes. Dans un coin un peu plus loin des tripes débordent d’une grande bassine bleu et deux vendeuses concurrentes se font face leur marchandises devant elles. Une immense rangée est consacrée à la volaille (on y vend les pieds de poule pour faire de la soupe !) et non loin de la là les œufs et le fromage, d’immenses sac bleus encore abritent différentes sortes de pommes de terres, y compris de petites patates fermentées qui sont une spécialité bolivienne. Vous l’aurez compris le marché est une vraie merveille, et c’est un plaisir d’y passer et de voir tout ce petit monde s’activer au jeu vital du commerce. Dans n’importe quelles conditions : une grosse dame manie un hachoir, sa fille endormie sur son dos. Une petite vendeuse de boisson allaite son nourrisson tout en rendant la monnaie de la main droite, des femmes sont assises par terre, une couverture devant elle abritant leur maigre possessions, à vendre : quatre tomates empilées et quelques fleurs, ou bien quelques citrons, deux ou trois brassées de plantes inconnues de nous.

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Mais le plus étonnant reste le commerce dans les rues : on y vend de tout : des casseroles, des graines, des glaces, des gateaux énormes, à manger beaucoup, à emporter, des cannes, des brosses à cheveux, des livres, des chaussures… Et dans un magasin de téléphonie vous trouverez des salteñas (sorte d’empanadas) à emporter, et dans les vidéos clubs, des beignets ! La diversification des activités, c’est le fin mot de cette histoire.

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Côté viande du marché

Mais c’est aussi en arrivant à Sucre que l’on découvre la pauvreté et la très grande mendicité. En effet en prenant du recul pas possible de survivre à Potosi à plus de 4000 mètres d’altitude en tant que SDF. Par contre, le climat tempéré de Sucre nous révèle la pauvreté immense et le désespoir de certaines personnes. Des femmes seules avec leurs enfants dans la rue, trois ou quatre, le plus jeune au sein et les autres allongés en quinconce le long du trottoir. Des handicapés ou estropiés font la manche sur la place principal, se déplaçant de banc en banc pour ceux qui peuvent marcher. Des veilles dames, les mains et les pieds noircis, allongées au bord de la route tentent de dormir ou plongent leur doigts déformés dans des bols en fer qui renferment une précieuse bouillie.

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La redondita, église ronde!

Nous avons indéniablement noté un dynamisme et un optimisme plus fort en Bolivie qu’en Argentine du point de vue économique : les chantiers en construction évoluent, la ville progresse et les échanges internationaux existants étant donné la présence de marques mondiales. Cependant la question de la pauvreté et du développement social du pays est visiblement en suspens dans cette période de transition.

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Spécialiste sur le mur d’empreintes fossilisées

Pour revenir sur notre épopée touristique, nous sommes également partis à la rencontre d’un passé beaucoup plus ancien en cheminant au beau milieu d’empreintes de dinosaures fossilisées! Sur les hauteurs de la ville, une immense entreprise de cimenterie a mis à nu une falaise haute de plusieurs dizaines de mètres recouverte d’empreintes datant du crétacé. Celle-ci a donc créé un musée permettant d’accéder au site afin de montrer cette trouvaille archéologique impressionnante qui regroupe plus de 5000 pas distincts d’espèces différentes : des grands titanosaures au dangereux taurosorus, sorte de T Rex mais qui présente la particularité d’avoir des proéminences osseuses sur le haut du crâne. Cette diversité est ce qui fait toute l’intérêt scientifique et l’effet « wahouuu » de ce lieu nommé Carl Orko.

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C’est ainsi que nous avons appris que nous devions cette découverte à une succession de période de chaud-humide (durant laquelle les petites et grosses bestioles préhistoriques se promenaient tranquillement sans savoir que leurs traces seraient étudiées de prêt des milliers d’années plus tard par des carnivores tout roses : nous), succession donc de période humide puis sèche qui fossilise les empreintes laissées dans le sol. Mais ce qui était alors le plancher des vaches (ou des tricératops) a subi au cours du temps des pressions géologiques qui font aujourd’hui croire que les dinosaures n’étaient pas mauvais en rappel. (et vu le poids de certains, ils avaient plutôt de bonnes cordes…). Nous avons également la chance aujourd’hui de savoir reconnaitre un carnivore d’un dinosaure inoffensif pour son prochain : les herbivores ont en fait un pied plus large à la base, des doigts de taille égale et pas de griffes à leurs extrémités. On préfère échanger ces informations avec vous, au cas où. 

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Titanosaure!

Cette balade au cœur de la préhistoire nous fait comprendre que les richesses de la Bolivie, en plus d’être minières, forestières ou autres se situent également dans son histoire, et notamment des découvertes archéologiques! (PS les blagues sur les dinosaures sont celles de Claire !!!^^)

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Taurosorus (squelette: « Baisse la tête Maurice, le plafond est bas! ») et pattes d’Arnaud (on sait jamais dans quelques années ça peut faire le bonheur de nombreux scientifiques).

Les tests culinaires boliviens ne manquent pas non plus de charme, et nous découvrons avec plaisir le pique macho, préparation de viande et d’œuf dur à la sauce piquante, agrémenté de tranches d’un petit piment bien connu de nous : le locoto. Les plats sont généralement servis avec à la fois du riz et des pommes de terre. C’est le cas par exemple du piquante de pollo, une préparation de poulet. Une surprise (agréable) fut la sopa de mani, la traduction littérale ne vous fera pas envie ; de la soupe de cacahouète. Ce dit nous devons démentir vos a priori, et bien qu’il la serve avec de fin morceaux de frites à la surface, la soupe est très bonne. De toute façon il n’y a surement pas que de la cacahouète dedans !

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Pique Macho de 26 ans!

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J’aime les brochettes de lama!

Nous avons eu aussi l’occasion de gouter au majao, une préparation de riz et de viande (langue, canard ou autre) servi avec un œuf sur le plat dessus et des bananes rôties. Enfin les assez écœurantes salchipapas, dont les boliviens sont friands, est tout simplement des frites surmontées de morceaux de saucisses (frites).

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Bonsoir Sucre!

Sucre a vraiment été un coup de cœur et par chance là où Arnaud a pu fêter ses 26 ans, avec ses parcs, ses fleurs partout et son ambiance festive, sans compter des petits quartiers très sympathiques comme la Recoleta, qui offre une vue panoramique sur la ville, et abrite le très beau musée des Arts Indigènes. Je dois saluer ce petit musée pour une muséologie incroyable et une pédagogie admirable.

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Museo

Créé par l’association ASUR ce musée s’efforce de monter les origines et modes de vies des nombreuses communautés indigènes autour de Sucre, c’est-à-dire de région de Chuquisaca. A l’origine, chaque communauté a une identité et une langue propre. Pour se distinguer les unes les autres, les femmes portaient des manteaux tissés avec des figures représentatifs de leurs communautés. Ainsi certaines se spécialisaient davantage ou dans le monde visuel, « réel » en représentant sur leur tissu des animaux, le travail quotidien ou des éléments de leur vie, alors que d’autres s’attelaient à faire de figures du monde céleste, ou encore du monde invisible, inventant dans leur ouvrage des créatures et de symboles, lesquels sont toujours pleins de vie et surtout de couleurs.
Ces véritables œuvres d’art ont été sauvé de la disparition ou plutôt de leur « industrialisation » par cette association qui a permis à plusieurs communauté de ce réapproprié ce savoir-faire vieux de plusieurs milliers d’années, et du même coup leur signification profonde. De cette initiative est née un commerce qui permet à de nombreuses femmes des campagnes alentours de vivre du tissage, mais d’un travail de haute qualité, et selon des techniques ancestrales. Devant ce succès et cette créativité renouvelée, les hommes aussi ce sont mis à un art qui leur été aussi destiné, mais dans un style différent, avec des motifs très colorés également mais surtout davantage figuratif.

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Motif celeste (soleil!)

Les danses et usages des amérindiens sont aussi présentés, mais les photos ne sont pas autorisées, nous ne pouvons pas vous montrer les jarres d’offrandes où sont brulées des feuilles de coca et des papiers de couleur pour porter chance à un projet par exemple. La communauté Tarabuco proche de Sucre parle le quechua et pratique encore le troc, presque comme si les « invahisseurs » espagnols n’étaient pas passés par là.

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Mirador de la Recoleta

Aujoud’hui si de très nombreuses personnes dans les rues de Sucre portent encore l’habit traditionnel, celui-ci a tout de même changé : les hommes portent le pantalon, et les femmes dans leur dos portent leurs enfants dans de grandes couvertures produites à la chaine au Pérou. Le mieux dans leur tenue est pour nous leur chapeaux : toutes en ont un : en paille, rond, melon… Un plaisir de les voir !

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D’ailleurs nous finissons notre visite de Sucre (tristement) par la visite du musée du sombrero (chapeau en espagnol), qui est en fait une usine de chapeaux artisanaux qui compte plus de 100 ouvriers ! Cela se solde par l’acquisition d’un beau couvre-chef pour Arnaud, puisque nous avions perdu un de nos chapeaux quechua quelque part durant le voyage… Pour 100 bolivianos (soit environ 12 euros).

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Alors je prends lequel?

Et de nouveau nous voilà dans l’un de ces maudits terminaux de bus, qui présentent tous les mêmes caractéristiques : bondés, avec des vendeurs qui hurlent le nom de la destination de leur compagnie (potosi-potosi-potosiiiiiiiiiiiiiiiiii), des toilettes peu propres à un boliviano (pas de chasse d’eau : il faut sortir des toilettes après sa commission, remplir un bidon à l’un des réservoir d’eau et jeter l’eau sur son pipi-caca), et le fameux droit d’utilisation du terminal (eh oui il faut payer pour monter dans le bus). Ici deux bolivianos cinquante par personne.
Bref nous voila repartis ! Direction Santa Cruz de la Sierra !

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Claire et Arnaud

12 réflexions sur “Au nord! Bien plus au nord!

    • On n’était pas des pompiers mais des visiteurs de chantier industriel! 😉 C’est sur le site des traces de dinosaures, qui appartient en fait à la cimenterie Fancesa. N’empêche qu’on a bien rigolé, parce qu’à nous ça nous allait pas trop mal, c’était pas le cas de tout le monde hihi !
      On vous fait de gros bisous.
      Arnaud et Claire

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  1. Bravo Arnaud 26 ans dans le sucre tu fais plus fort que les fruits confits:) j en profite pour te souhaiter une bonne fête mais cette fois pas dans le sucre!!!!
    continuez bien votre aventure.
    bisous à vous deux.

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    • Coucou chère pèlerine!

      Merci de la part d’Arnaud pour sa fête, on vous fait de gros bisous à toi et Barend, et bon voyage à vous aussi vous nous raconterez vos aventures au pays des rosbifs!
      Bises ;))) Claire et Arnaud

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  2. Coucou les supers baroudeurs,
    au risque de me répéter, vous êtes vraiment formidables de nous faire partager
    ce voyage; J’ai l’impression de déambuler dans les rues et d’être attraper par les odeurs, les
    couleurs, tant vos descriptions sont savoureuses;
    En parlant de saveur, j’ai vu d’énormes coupes de fruits et … de yaourt peut être, en tout cas
    ça donne envie d’y gouter.
    Ne changez rien, c’est génial; Bisous

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    • Coucou et merci 😉 oui les coupes de fruits sont fraîches faites sous notre nez avec du yahourt et de la chantilly, il existe des variantes avec de la glaces, des copeaux de chocolat, du dulce de leche, des morceaux de coco… bref, c’est super bon! Gros bisous

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  3. Hola,

    J’ai un peu honte mais je viens juste de lire vos aventures boliviennes. On n’est pas en vacances nous !!! Mais bon, c’est toujours aussi captivant et instructif. Quant aux photos de plats cuisinés, on en croquerait bien un peu…..Nous attendons le prochain épisode.
    bises à vous deux

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    • Pas de honte à avoir, du moment que vous pouvez tout nous réciter par cœur quand on rentre! Mais non, je rigole! C’est déjà super chouette d’être lu et d’avoir des commentaires!

      Gros bisous de nous deux.
      Claire et Arnaud

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  4. Hello Claire We are having a wonderful time with Michele and Barend They walked the wall in York this morning. They have had fish and chips and they had crumpets full ones.Hee. We are all having roast beef on Sunday with Yorkshire pudding. We saw your blog it is wonderful and a beautiful place. We send our love to you both. You both look so good and happy. Love Judith and Derek.

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    • Hola Pude and Derek ! I’m very happy to heard about you, thank you very much for your comment on the blog. We are trying to write each time a summary in English from now. What a good thing Michele and Barend went to see you in York, I know by experience they are in very good hands as I was, and the city is wonderful as well. 😉 I hope you are well. When are you going back to France? See you soon, à bientôt Claire et Arnaud

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  5. coucou les boliviens, heu ! vous êtes peut-être déjà repartis ? de vrais routards….en tout cas je vois que vous êtes toujours aussi émerveillés par vos visites et c’est bien là le principal. Vos coupes de fruits ont l’air d’être un régal (moins appétissant la viande…) .
    on vous souhaite encore beaucoup de belles choses à voir et sommes très contents de vous lire on vit un peu votre aventure c’est génial …..mais aussi ressentons toute votre émotion…MERCI
    de gros bisous à tous les 2

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    • Pour l’instant on est toujours en Bolivie et on en profite le plus possible mais cela s’achève bientôt… Il nous reste quelques étapes avant la suite dont on vous fera profiter. A bientôt ,j’espère que tout va bien chez vous et je vous souhaite un bon carnaval!

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