La Paz et j’en passe

Toutes nos salutations à nos chouchous de lecteurs !

Hi everyone or may I say english speaker and friends !!!^^ This part is for you ! Just few words to tell you what we made in La Paz, the false bolivian capital city (the real one is Sucre).
We found here an incredible energy, a city which never sleep and a very interesting culture. We met the lost tribe of tiwanaku and their wonderful knowledge and technologies, which had hundreed years of advance on their time. They simply disapeared a day and let their inheritage to the inca who use all of it to improve their own civilisation.

We went touching the sky, climbing the chakaltaya summit which reach the 5.400m of height. It was so amazing and the sight is just marvelous and coloured. And moreover we touched the snow !!!

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We lost ourselves in the valle de la luna where we saw the very shy vizcacha and entered in an other dimension^^ !
The bolivian carnaval catched us leading us to incredible musical experience in the teatro del charango.
See you later for more adventure !!!

Hola amigos ! como estais (o estan para los argentinos^^) ? un pequenito resumen para os porque te queremos !

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Une partie de la ville de La Paz depuis le téléphérique del Alto

Ahora somos en La Paz que es una ciudad llena de una energia increible y que nunca duerme. Tambien tienne una cultura muy impresionante.
Visitamos a la ciudad de tiwanaku del nombre del pueblo que vivia aqui. Tinian technologia y un conocimiento muy moderno. Pero un dia, desaparecian sin dejar nada escrito entonces sabemos muy poco sobre ellos. Lo que sabemos es que los incas usaban de las technologias que dejan et una parte de sus creencia para meliorar su propio civilisacion.
Fuimos a chakaltaya donde encontrabamos otros apus que en Tilcara^^. No estoy seguro que vimos apus pero nieve a 5400m de altura. Fue una experiencia increible.
Nos perdimos tambien en la valle de la luna y vimos los vizcachas que estan muy timido.
Por fin, habemos disfrutado del carnaval paceño donde la gentese pone completamente loca^^ !!!
Abrazos a todos !!!

Faits généraux et impressions personnelles sur la vraie fausse capitale de Bolivie

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Activité de la rue, partagée entre hommes et femmes d’affaires, cholitas et turistas

Nous continuons notre exploration de la Bolivie avec une étape incontournable, qui nous prendra tout un article tant elle est riche, et surprenante. Celle que l’on appelle à tort la plus haute capitale du monde, puisqu’elle n’est pas la capitale du pays même si elle abrite le gouvernement, La Paz.
Elle se (auto) proclame plutôt « puerta de ingreso a Bolivia », « la porte d’entrée de la Bolivie », et on ne peut pas donner tort à cette très grande ville. Une ville diverse, une ville qui est un cœur battant d’une société fière de ses origines et de sa nation, prête à défendre et développer sa culture.
Et pourtant ces gens, outre les qualités évidentes de fêtards invétérés, sont des gens des hauteurs, avec une mentalité de montagnards, pas toujours très enclins à discuter, un peu rude, peut-être même avec un soupçon de timidité, de toute façon avec une sacrée dose de réserve qui ne nous a que peu permis de prendre contact avec eux.

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Vue sur la cathédrale de nuit depuis notre chambre d’hôtel

C’est au joli cœur historique plutôt bien conservé mais rongé par la circulation que commence notre aventure. Voitures et piétons se livrent une guerre sans merci aux feux de croisements, que peu respectent, la loi du plus fort s’instaure donc, et le plus rapide, le plus malin, réussira à tracer son chemin entre ses congénères énervés.
Il y a finalement peu de voitures de particuliers, mais une myriade de petits bus collectifs. La place du mort est occupée par un ou une « crieur (se) » (un poste pouvant être brigué de 7 à 777 ans, tant qu’on peut donner de la voix), ce qui donne à la rue un niveau sonore interessant ponctué de « al hospital, al hospitaaaaaaaaaaaaaaalllllllll !!!!!!!! » ou bien « a la plaza, a la plazaaaaaaa », ou encore « a la calle del 6, a la callle del seiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis ! ». Bref vous avez compris l’idée.

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Pour faire simple, la Paz est une grande pieuvre. Le corps s’est installé en 1548 dans une vallée de l’altiplano, et à mesure que ses tentacules ont grandies, il a fallu s’étendre vers le haut, mais aussi vers le bas. La Paz est donc à cheval entre 3 300 et 4 080 mètres. (Comment ça les pieuvres n’ont pas le droit d’être cavalières ?)
Pourquoi on vous raconte la topographie de la ville ? Parce que cela explique toute l’organisation de La Paz, y compris sociale. Ces grandes différences d’altitude impliquent des variations importantes de climat : il faut meilleur vivre « en bas », qu’ « en haut », en hiver par exemple, si les quartiers résidentiels ont 0 degré, il peut facilement faire -10 degrés en haut, dans le quartier d’El Alto. Vous avez donc deviné : la pauvreté monte de façon inversement proportionnelle à la température.
Et pourtant des politiques de « cohésion sociale », nous ne pensons pas nous tromper en les appelant comme ça, sont mises en place. L’exemple le plus concret ce sont les 3 lignes de téléphérique qui relient le centre la ville aux parties les plus hautes. En parlant avec des boliviens nous apprenons qu’ils sont plutôt satisfaits de l’évolution de leur pays, et assurent tous que la misère a diminué ses dernières années. Une dame avec un brushing impeccable nous explique qu’elle habite maintenant dans la partie haute de la ville, et qu’elle s’en serait bien passé mais elle n’a pas eu le choix car elle a perdu sa maison dans les quartiers plus « agréables » dans une catastrophe naturelle.

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Spécial Jérôme! Construction pas très rassurante (ya des ouvriers tout là haut, mais ils ne sont pas attachés) en plein centre ville

La Paz est donc définitivement une grande ville, qui s’organise en un quartier d’affaire, des quartiers résidentiels et le centre, où sont présentes les institutions dirigeantes et de lois. Notre hôtel était situé dans ce centre historique, près de la place Murillo, où sont localisés les principaux bâtiments de la ville: le palais présidentiel, le Congrès, et la cathédrale.
Une autre place, plus facile d’accès, est également un centre de vie pour les paçenos, c’est San Francisco. Une grande place qui fait aussi salle de spectacle en plein air, puisque des musiciens, (honnêtement leur faux musiciens andins sont vachement moins bon que les nôtres ^^) acrobates et clowns viennent s’y reproduire pour gagner quelques bolivianos. Une église surplombe la place, et le moins que l’on puisse dire c’est que son intérieur vous surprend : on croirait pénétrer dans une grotte, les murs sont partiellement couvert de fausse roche, et de cavernes habités par des sortes de poupées, malheureusement à la fois très réalistes, (et par de nombreux aspects « trop » réalistes : cheveux réels, effets de grain de peau, mimiques et autre…) et assez dérangeants finalement. On ne peut pas vous montrer tout simplement parce que les photos ne sont pas permises à l’intérieur ! Cela dit d’extérieur l’église est plutôt jolie et la pierre de sa façade très ouvragée comme nous avons pu en voir d’autres exemples en Bolivie, mais ici avec des dimensions plus impressionnantes.

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Rassemblement de cholitas devant la cathédrale, elles sont trop mignonnes!

Dans les environs il y a toujours beaucoup de circulation, de mendicité (la nouveauté étant les aveugles qui chantent avec une petite radio et des enfants « folklorisés » qui dansent aux sons d’une musique « andine » ou qui en font eux même), et du commerce : dans le centre un grand nombre de petits restaurants plutôt spécialisés dans des plats rapides pour le repas du midi. Contrairement aux argentins qui sont davantage à l’heure « espagnol », les boliviens mangent relativement tôt et vers 12h les salles se remplissent. Parce que le centre est « business » et qu’il y a toutes les institutions officielles dans ce même quartier les vendeurs de cravates (en magasin ou sur même sur les trottoirs !) sont en plein essor. Il existe un autre quartier d’affaire mais celui-ci est plus bas, plus riche et nous n’y avons pas trop mis le nez, c’est la partie skycrapers !

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Comme nous ne buvons que de l’eau en bouteille, et que la question des toilettes est toujours un point sensible en Bolivie (cf article précédent), nous sommes bien contents de trouver les petits kiosques de rue pour nous procurer de la « Vital » (eau mis en bouteille par Coca-cola) et du PQ. Comptez 6 bolivianos la bouteille de 2L quand on ne se moque pas de vous, et 4 bolivianos pour deux rouleau de papier normal (et pas le papier de verre). Vous trouverez dans la semaine les vendeurs et vendeuses assis (es) sur une petite chaise à côté de leur présentoir bondé, et le week end, c’est leurs enfants qui prennent le relais, faisant leurs devoirs dans la rue tout en attendant le client.
Ah avant de passer à autre chose, je peux caser cette petite info qui n’a rien à voir avec le reste mais qui interpellera peut être les amateurs de bière : nous avons profité d’être à la Paz pour gouter la potosina ( ?) la bière brassée à Potosi, et supposément celle qui a le lieu de naissance le plus haut du monde. Eh bien ce n’est pas terrible, mais on a gouté ! Soit dit en passant la paceña, brassée à La Paz n’est pas meilleure…

Le fou, le génie, les coccinelles

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Vue depuis la passerelle verte sur la fête foraine géante

Dans les rues de La Paz, on souffle grave pour monter les cotes. L’altitude se fait tout de même sentir, tout comme l’odeur de nos vêtements. Donc, une fois installés confortablement dans une chambre de l’hôtel Torino qui nous a été conseillé par Indira (merci Indira !) nous faisons une sieste (parce que bien que la nuit dans le bus ait été meilleure que la précédente, on est fatigués !), puis on mange (le voyage, ça creuse !) et ensuite nous avons le plaisir de confier notre linge sale à une laverie du coin. Qui d’ailleurs pour la petit histoire m’a paumé ma chaussette nounours ! (pardon Mme Masson c’est pas moi c’est pas ma faute !!!!!) J’imagine que ce sont les vicissitudes du voyage…

Nous avons l’avantage d’être situés à quelques mètres seulement de la Plaza Murillo, place principale de la ville sur laquelle sont présents (outre une très grande colonie de pigeons) le palais présidentiel, la cathédrale, de très beaux bâtiments aux balcons coloniaux et la statue de Pedro Domingo Murillo, chef de file de la rébellion contre la couronne espagnole le 16 juillet 1809.

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Plaza Murillo

Sa maison dans la très charmante rue Jaen est également visitable, mais pour notre premier jour nous préférons le musée des instruments de musique de la ville, qui se trouve être dans la même rue, en même temps que d’autres musées.

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Instruments de musiques endémiques de la Bolivie

Ce musée privé est une vraie découverte pour nous, et pour un prix tout à fait raisonnable nous découvrons une large collections d’instruments, allant d’anciens, endémiques de la région et de Bolivie, jusqu’à des instruments venus du monde entier et jusqu’à des inventions. J’espère avoir piqué votre curiosité ! Plutôt que d’en dire trop long dans un article qui contient déjà beaucoup de mot, voici quelques photos.

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Exemples de charangos et il ya aussi des violons!! spécial Céline M, on a beaucoup pensé à toi!

Ce que nous apprenons après notre visite, c’est que le musée abrite aussi un monstre, une légende de la musique bolivienne qui s’est largement exporté en dehors de ses frontières, Ernesto Cavour. SVP cliquer sur le lien qui suit pour vous donner une idée de ce que c’est avant toute chose https://www.youtube.com/watch?v=SGqPYo35yWw .

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Un joueur de charango à l’origine, qui est aussi l’inventeur de plusieurs bêtes bizarroïdes du musée. Pas de momie cette fois-ci mais un mythe bien vivant, un grand père enthousiaste, passionné de musique qui donne des concerts tous les samedis soir au sein de son antre, dans le bien nommé théâtre du charango. On n’exagère pas quand on vous dit que c’est un virtuose de la musique, et vous êtes tous invités à aller sur son site internet, c’est en espagnol, mais ça vaut le coup http://www.aima1.com/ec/index.php?option=com_content&task=view&id=18&Itemid=36.
Quand nous avions fait le musée le lundi nous ne pensions pouvoir encore être là pour assister à ce concert, la suite nous a montré que non.

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Pour commencer par le début, un charango est un instrument de musique à 5 cordes doubles, accordé selon un sol do mi la mi. Chaque doublon est accordé sur la même note que son binôme, mis à part pour le mi central, accordé à une octave d’écart. L’instrument en lui-même, s’il est de qualité est façonné d’une pièce, de la tête, en passant par le manche jusqu’à la caisse de résonance. Les seuls collages sont celui de la table d’accords et de la table de la caisse de résonance. C’est la garantie d’un son de bonne qualité, à savoir puissant (un des plus puissants pour sa catégorie de taille) et pur. La forme de la caisse de résonance est de face est (relativement) similaire à celle de la guitare, en revanche le fond est bombé. Concernant sa tonalité, il est assez proche du ukulélé, mais il est plus riche et plus étoffé au niveau des sons.

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Grande collection de charangos

C’est toutefois assez particulier au niveau de l’accordage et donc du jeu car il n’est pas réglé du plus grave au plus aigüe comme sur une guitare ou un ukulélé. Dans l’ordre de la corde la plus aigüe à la plus grave cela donne la cinquième, la deuxième, la quatrième et la première. La troisième est particulière vu qu’accordé sur deux note différente à une octave d’écart, ce qui en fait donc la plus aigüe et la plus grave^^.
Vous savez pour la plupart qu’Arnaud est depuis plus d’un an maintenant un jeune guitariste assidu, mais que sa guitare est restée à la maison… Inutile de vous dire de surcroit que le jeune homme m’a rabattu les oreilles pendant 3 mois parce que sa petite chérie était restée à la maison… La guitare lui manque, et je ne serais pas surprise qu’après tant de ferveur qu’il manque aussi à la guitare. Nous nous sommes renseignés sur le prix des instruments, en Argentine, en Bolivie, nous avons discuté de la difficulté de trainer en laisse cet énergumène assez encombrant durant nos voyages… Bref, ce n’est pas vraiment pratique. Puis est arrivée la révélation : le charango. Un nouveau défi pour notre musicien (mon préféré) en herbe, de beaucoup plus petite taille et enfin carrément moins cher, le charango a séduit autant Arnaud que notre porte-monnaie et un nouveau noël s’est produit. Nous sommes du marché des sorcières de La Paz avec un charango tout neuf, artisanal, son étui et un livre pour débuter pour 490 bolivianos, soit 63 euros environ. Bref, bon deal, encore une fois nous avons triomphé !  Et nous connaissons pas mal de magasins de charangos à La Paz. Si jamais vous y faites un tour faites nous signe ! (Tu sais Arnaud, je te charries, mais je t’aime bien quand même !)

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Je viens de vous mentionner le marché aux sorcières « mercado de las brujas », et cela a dû vous faire friser les oreilles. Ce sont en fait deux rues très commerçantes, dont le noyau dur sont quelques échoppes de femmes qui vendent tout le nécessaires pour faire des offrandes à la Pachamama. Y compris du palo sancto (bois sacré), des papiers de couleur, des faux billets, tout ça à bruler pour apporter la chance. On y voit aussi des amulettes, de la coca et autres plantes magiques, et surtout des fœtus de lama, qui sont des porte-bonheurs très importants une fois offerts à la Terre-mère, l’idée est d’un enterré un en dessous de sa maison pour s’attirer prospérité et protection. Bien sûr nous n’y avons pas touché et pas question d’en acheter, l’exportation en est interdite !

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Fœtus de lamas et autres porte-bonheur sur le marché des sorcières

Nous y croisons des diseurs de bonne aventure, qui lisent dans l’avenir à travers les feuilles de coca et des pièces de monnaie, mais on vous avoue qu’on n’a pas trop cherché à en savoir davantage… Une balade des plus sympathiques au-dessus de l’église de San Francisco, dans un quartier commerçant, avec de nombreux restaurants et vendeurs d’industrie péruvienne ou d’artisanat de communautés indigènes : bonnets, gant, bijoux, vêtements, crèches en céramique, dérivés de coca… il y en a tant que s’en est à se demander comment tous peuvent vivre. On constate de pair une présence policière nombreuse dans ces quartiers, qui va bien sûr avec des problèmes de vols à l’arrachée réguliers.

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Petite vendeuse dans une rue du centre de la Paz

On sait que vous lisez déjà depuis un petit moment, alors on va vous raconter une histoire ; dans notre hôtel un soir on rencontre un jeune homme de 40 ans, typé asiatique, mais qui en fait est savoyard ! S’ensuit une très agréable conversation, parce que notre homme, parti à l’origine pour 6 mois, est finalement en road trip depuis 9 ans ! Fervent lecteur de philosophie et observateur politique, il nous demande avec avidité : « qu’est ce qui se passe en France ? ». Que dire du pays à un mec qui veut prendre la température de sa terre natale alors qu’il l’a quitté depuis presque une décade ??? Pour cela ça a été très enrichissant de comparer nos 9 dernières années, lui voyageant entre l’Argentine, le Mexique, des fermes en Bolivie et autres boulot au Québec, nous avec nos petits contes de français pris dans les soubresauts romantiques d’une politique déboussolée ses derniers temps, et narrant le fameux épisode de Nabila qu’il ne connaissait pas. On lui a pourtant assuré que les deux petits mots « allo quoi ! » breveté, a ébranlé la société française à tous ces étages. Une soirée bien sympathique, bonne continuation !

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Calle Jaen

Les jours suivants nous nous promenons dans la ville, découvrant une passerelle suspendue au-dessus de son artère principale, et qui est une bonne fenêtre pour apercevoir la structure de la ville. En haut, l’Alto, toujours plus haut et étendu, l’Alto pauvre et qui nonobstant le réceptacle d’un des plus grand marché, où l’on trouve théoriquement tout ce qui existe sous le soleil. Le centre vient ensuite, avec ses pierres anciennes renfermant le pouvoir politique officiels, puis la ville se déverse en même temps que le torrent qui la traverse vers les quartiers résidentiels plus agréables à vivre, en passant par les hauts buildings du centre économique. Depuis cette passerelle, et tout autour de nous, nous avons une vue plongeante sur une feria immense, qui s’anime davantage à la tombée de la nuit, et qui est un rassemblement de plusieurs centaines de tentes éphémères réparties en différents pavillons. Mini resto, billards (je vous laisse imaginer la précision qu’il y a à jouer, étant donné la pente difficilement compensée de la Paz, p’tit clin d’œil au billard man de Haute-Savoie alias mon canard ^^), jeux d’arcade, tir à la carabine, c’est énorme ! Un peu plus loin ce sont les fleuristes qui pullulent, mais dans des proportions beaucoup plus modestes que la marée de bâches précédemment rencontrée.

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Téléphérique ligne rouge vers El Alto

Puis c’est la découverte de l’Alto, nous prenons pour nous y rendre l’une des lignes téléphériques, la rouge. Le prix du ticket est de 3 bolivianos par personne pour un aller (0,38 euros). Arrivés en haut, nous sommes surpris par le paysage de maisons à l’aspect délabré qui jure avec le téléphérique moderne et rutilant à quelques pas de là. Celui-ci comprend une salle de cinéma 3D, une galerie d’art, une salle arcade et un restaurant alors qu’en face ce sont des cabanes. Nous cherchons sans le trouver le moyen d’avoir une vue dégagé sur la ville, qui, on le sait, s’étend à nos pieds. Ce qu’il y a à profusion, ce sont des terrains de foot, et deux équipes s’affrontent d’ailleurs sur l’un d’eux à grand cris. Donnez-leur du pain et des jeux ! 😉 Finalement c’était de la cabine qu’on avait la meilleure vue, alors on redescend !

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Rue de l’Alto juste devant la vue sur la ville, cabanes devant lesquels brulent de petits feux.

Et du coup avant de finir cette sous partie, vous vous êtes surement demandés pourquoi il y a avait coccinelle dans le titre ? Parce qu’on continue à en voir plein dans les rues ! Pas les petites bêtes à bon dieu hein, celles avec 4 roues ! Du coup on vous propose une pause automobile dans votre lecture ! http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18390617&cfilm=57736.html

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Entre modernité et tradition

Ce pays est en transition, même si en l’observant d’un œil superficiel on pourrait se croire au moins 50 ans en arrière en Europe. Vous connaissez surement, sinon de nom mais de vue les « cholitas », les femmes vêtues des habits traditionnels, et il y en a beaucoup, avec la longue jupe de couleur, le petit haut souvent orné de dentelle, un chapeau melon, la couverture tenue par les épaules qui sert parfois de porte-bébé, parfois de porte n’importe quoi allant du simple cartons à tout ce que vous pouvez imaginer mettre dans votre sac à dos.

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Una cholita dans la rue Sucre à la Paz

Le problème du machisme en Bolivie est une réalité sociale, à tel point que les autorités ont instaurés en novembre une journée de lutte contre la violence contre les femmes, de même il existe de nombreuses initiatives privées, telles que des clubs de femmes, des comités de libération des femmes et de réguliers tags sur les murs qui exhortent au respect de la femme.

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Vente de Mocochinchi dans la rue

Pourquoi je vous parle de ça juste après les cholitas, c’est que l’un de ces clubs a pour vocation de montrer que les femmes sont les égales des hommes, et pour cela elles sont passées à l’action (rien à voir avec les femen), et ont mis en place des combats de catch mais version cholitas. Cela donne ça : http://ngm.nationalgeographic.com/2008/09/wrestlers/guillermoprieto-text impressionnant non? Elles ont tellement bien réussi que maintenant c’est une fierté pour un homme d’avoir une femme combattante, puisqu’il existe une compétition nationale, et des combats tous les dimanches.
Autre exemple de cette modernité qui tente de se mêler le plus harmonieusement possible avec son héritage est le musée d’art de La Paz, actuellement en rénovation, et qui présente d’un côté le travail d’un mélange d’artistes contemporains, avec de belles pièces notamment de portraits et de symbolisation de la vie bolivienne, et d’autre part des miniatures de tableaux issus de la colonisation espagnole.

Le carnaval

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Premier jour de Carnaval sur la place Murillo

Le carnaval est le parangon de cette situation conflictuelle entre modernité et tradition : c’est en effet un moment très important de l’année pour les boliviens et leurs voisins d’ailleurs parce que c’est l’un des deux seuls moments dans l’année où il est possible de demander des faveurs à la Pachamama, de bénir son commerce ou sa maison, de faire la fête…
C’est pas vraiment compliqué de savoir quand commence le carnaval, parce que dans la plupart des villes de Bolivie, les festivités commencent bien à mois avant, histoire de préparer le terrain et les esprits. Le carnaval et ses danses sont devenus tellement importantes dans la culture bolivienne qu’en 2008 le carnaval d’Oruro, ville minière bolivienne par laquelle nous ne sommes pas passés, a été reconnu patrimoine oral et immatériel de L’UNESCO. Plus d’info ici : http://www.voyage-bolivie.com/infos/carnaval-d-oruro-bolivie.htm.

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Musique, danse et bonne humeur!

J’imagine que vous avez une bonne idée d’un défilé de carnaval, plusieurs groupes de joyeux lurons déguisés tous pareils par 20 ou 30, tous plus ou moins éméchés (moi j’aurai dit plus ou encore plus bourré). Et des pétards, dans les rues, dans les galeries commerciales il y a partout des bruits de pétarades, avec une préférence pour la mitraillette ! Des cotillons, des boulettes de couleurs et des bonbons sont jetés autour du petit kiosque à bénir, au milieu des pétales de fleurs sont assis les propriétaires, les fesses callées sur bacs à bière, un verre dans la main, et les verres s’enchainent, toujours précédés par une petite partie versée sur le sol pour la Pachamama. (Bon à vrai dire le breuvage aura bien du mal à atteindre la terre mais bon c’est le geste qui compte j’imagine !). C’est donc ambiance de fête dans toute la ville, musique, défilés, et pour l’ouverture du carnaval nous sommes tombés par chance en plein dans un convoi de pépinos et autres énergumènes qui chantaient « ! vamos a la plaza, con alegria ! » (Nous allons à la place dans la joie !). Et en effet ce n’est pas triste ! Leurs costumes sont drôles et très colorés, les tissus brillants et les sourires sur toutes les lèvres. Le carnaval c’est pour eux le festival du bonheur et un moment pour faire la fête.

Pour les plus jeunes et les moins jeunes aussi, c’est également une période d’entrainement militaire (pratiquement !) car c’est une marée parée pour la bataille qui descend chaque jour dans les rues, armée jusqu’aux dents.
Pour y participer (et y survivre 😉 il vous faut :
– Un poncho, de préférence assez long,
– Des petites lunettes de protection en plastique,
– Une casquette (optionnelle, mais la visière peut se révéler bien utile)
– Une bombe à mousse
– Un fusil à pompe à eau avec grosse réserve
– Un sac de bombes à eau….
– Et ensuite c’est l’imagination qui parle ! (le mec qui contrôle la pluie a gagné !!!)

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J’imagine que vous n’avez pas besoin de commentaires là dessus! 😉

Il existe différentes stratégies plus ou moins fairplay : avoir des parents cool et leur demander de faire le tour de la ville en voiture pour pouvoir tirer sur les passants, ou alors avoir la chance d’avoir une maison en ville et bombarder les promeneurs depuis sa fenêtre de chambre, ou alors d’avoir un bon groupe d’amis (fiables, parce qu’ils peuvent aussi se retourner sur toi) et descendre dans la rue afin de trouver un autre groupe de potes eux aussi en mode arsenal sur pattes. Et là autant vous dire que le taux d’humidité dans l’air augmente, à proportion des cris des filles et des rires des garçons et inversement.

Aller directement dans la rue est à notre sens bien plus drôle que la planque, mais ça pose tout de même le problème de l’alimentation en eau, et c’est là que le commerce de la bombe à eau est florissante, ces ballons remplis se vendent comme des petits pains !

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C’est la gueeeeeeeerrrrreeeee!!!!

Bref, à côté du carnaval « in » de défilé et de costumes, le « off » a lieu lui aussi mais envahi toute la ville et il n’est pas rare de voir une grosse mère de famille avec un canon à eau sous le bras, ou un chauffeur de bus mort de rire en train de renverser un seau d’eau sur son collègue ! Les taxis et bus sont bien bénis également, à grand coup d’alcool sur les roues et de cotillons, et ressemblent à des sapins de noël avec les ballons de couleurs et les fleurs qui y sont scotchés. Précaution indispensable, les housses plastiques sur chaque siège car le transport de personnes humides est monnaie courante (et oui le travail continu). Pendant cette période il n’est d’ailleurs pas rare de voir des mecs affalés entre deux caisses de bière, couchés par terre, mis à pied par la boisson.

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Défilé de Carnaval: la rue est en fête!

Malgré les accidents et incidents qui se sont produits pendant le carnaval, qui laisse des morts derrière lui, il faut dire que c’est un événement extrêmement joyeux et qui bouleverse l’ordre de la ville et les visages des gens. Et enfin on était plutôt contents d’avoir apporté des boules quies parce que notre hôtel passe parfois en mode salle de concert, et on vous avoue qu’entendre deux soirées de suite le même groupe qui traduit les chansons de l’anglais à l’espagnol c’est marrant que la première nuit (et encore pas sur la version gimme ! gimme ! par Bonanza)! Cependant le premier des 3 concerts de nuit de l’hôtel était vraiment sympa, juste un petit souci dans le réglage des basses, mais chacun ses gouts. Du coup ce soir-là ce n’était pas crac-crac mais boum-boum.

Charanguito !!

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Ernesto Cavour aux prises avec l’une de ses inventions

Mais nous, notre soirée préférée, c’est quand même le soir du concert de charango ! Je vous en fais le récit à la fin de cette première partie sur La Paz parce que c’est notre dernière vraie soirée et qu’on s’est vraiment beaucoup amusés. On a chanté, écoutés des artistes incroyables et le fameux Ernesto Cavour, qui a un bagou aussi grand que son talent pour le charango. Il nous montre ses inventions en riant, il blaguent mais joue avec sérieux, tout en gardant un large sourire aux lèvres. Nous sommes transportés par cette musique bolivienne sautillante et pleine de vie. Un bon gros bravo à ses collègues de scène, Franz Valverde et sa guitare Muyu-muyu (je vous laisse la surprise en tapant son nom sur la toile) et Rolando Encinas alias Pepino (carnaval oblige) pour son incroyable maitrise de la quena.
Arnaud a l’occasion de montrer ses talents de danseurs sur la scène, et nous essayons tous à notre médiocre niveau comparés aux musiciens, on tape dans nos mains et on chante la chanson du lama ! Bref c’était un des moments magiques du voyage, et je le raconte avec douceur de peur qu’il ne s’enfuie.

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Théâtre du charango

Pour finir cet article on peut vous dire que le dernier jour à La Paz fut un échec, vu que nous ne le savions pas mais c’était un jour férié, et aussi le jour où nous voulions faire le musée del oro et le musée de la coca … Tout deux fermés bien sûr ! Pour compenser on est allé rendre visite aux pigeons sur la place et on a trouvé un café ouvert, on a commandé un double expresso, sous les yeux consternés de la serveuse qui « ne comprends pas comment vous pouvez boire un truc aussi fort… » Eux mélangent de l’extrait de café avec de l’eau chaude. Ce n’est pas loin d’être le meilleur café depuis des semaines, alors on est contents !

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Quel déhanché 😉 Tu es dans le rythme Arnaud vas-y!!!

Toujours prêts!
Tiwanaku

C’est dans cet état d’esprit que nous avons entamé les différentes excursions qui nous ont amenés à découvrir les alentour de La Paz. Nous avons effectivement découvert lors de visites (organisées) les différentes merveilles que renferment les alentours de cette immense cité. Certes nous avons bien conscience que ce genre de visite nous font ressembler à un bon gros troupeau de moutons (en réalité de chacha pumas, vous allez comprendre…) mais il faut bien avouer que cela permet d’obtenir bien plus d’informations dans des sites où l’absence de panneau informatif ou d’audio-guide se fait cruellement sentir… Et de faire des micro études sociologiques auprès des nombreuses nationalités représentées ! Nous avons une heure et demi de bus le matin au réveil pour atteindre le site. Et une fois sur place, il pleut. Or Arnaud est en T shirt. D’abord il reste muet, puis lorsque quelques dizaines de minutes plus tard le mauvais temps laisse place à un joli soleil qui chauffe bien à cette altitude, monsieur s’empresse de dire « ah, tu vois, ils ont tous pris des gros pulls, mais finalement c’est moi qu’a raison, il fait chaud! »

Nous rencontrons donc notre premier guide, Léo, qui est un gars du cru puisqu’aymara. Pour rappel les Aymaras sont une communauté qui va chercher ses origines loin dans le passé car ils sont prédécesseurs des Incas. Cela a son importance pour lui car il traite de ces (grands) ancêtres Tiwanaku. Nous nous rendons donc sur le site portant le nom de ce peuple et qui revêt une place toute particulière dans l’histoire de la région et qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils s’agit de trois temples, en grande partie reconstruits à notre époque car les pierres d’origine ont été utilisées par les colons espagnols afin de construire des églises (BEAUCOUP d’églises, y avait beaucoup de pierres!!!). Il en résulte malgré tout une impression de grandeur car le site s’étend sur environ une dizaine d’hectares pour seulement trois bâtiments d’une importance capitale pour ce peuple.

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Notre guide Léo, à l’entrée du site de Tiwanaku

Le premier est une gigantesque pyramide de 7 étages de haut couvrant une surface de 2ha. Elle répond au doux nom d’Ankapana. Chaque « marche » mesurait plus de deux mètres de haut à l’origine de la construction. Sur le dernier étage, plusieurs constructions se tenaient: une gigantesque piscine en forme de croix andine et un temple dédié à on ne sait quelle divinité car la culture Tiwanaku est encore aujourd’hui très opaque. Ce que l’on sait en revanche à son propos c’est que la piscine servait par réfection à l’observation astronomique. Cela a été déduit de plusieurs choses, à savoir l’orientation du temple qui chaque 21 décembre au solstice d’été (rappelez vous nous sommes dans l’hémisphère Sud) marque le début de la nouvelle année pour ce peuple au moment de l’alignement de la pyramide et de la constellation de la croix du sud. Il y avait donc ce poste d’observation stellaire qui représentait le lien avec le monde supérieur: Hanan pacha. D’où l’importance de la piscine en forme de croix andine, la chakana.

On espère que vous retenez les noms parce qu’on vous fait un test en rentrant! Alors prenez des notes parce que c’est pas évident, l’avantage que vous aurez par rapport à nous, c’est qu’on ne sera pas pointilleux sur la prononciation!

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Emplacement des solstices et équinoxes sur le site, en rouge à l’époque Tiwanaku et en jaune de nos jours.

Chaque marche de la croix représente l’un des trois mondes auxquels croyaient les Tiwanaku. A savoir:
Monde/ Messager:     Hanan Pacha       Kay Pacha        Uku Pacha
Le monde supérieur   Condor
Le monde terrestre                               Titi = Puma
Le monde souterrain                                                          Serpent

Nous sommes tous nous autres, êtres humains, des chacha titi,homme puma et femme puma. Le monde souterrain, représenté par le serpent, Uku pacha. Le quatrième animal sacré est le lama représentant le chaman, lien entre les puma et le condor. De plus la chakana représente par sa symétrie la dualité de toute chose selon ces mêmes croyances: homme/femme, vie/mort, jour/nuit,…

Nous n’avons pas pu escalader cette pyramide car elle est inaccessible en saison des pluies pour raison de sécurité. Malgré tout on se rend facilement compte de la taille de ce bâtiment gigantesque et de l’impression qu’il devait provoquer sur le commun des mortels. Certainement en tout cas avons nous évité bon nombre de glissades, cela aurait été très divertissant comme diversion au bourrage de crâne que nous avons reçu. C’est a dire la quantité énorme d’informations que nous avons reçues en quelques heures sur la culture de ses très vieux gens là! On a malgré tout bien rigolé en voyant des chinoises et argentines patauger dans la boue au pied de la pyramide. Un plaisir un peu mesquin, c’est vrai mais nous étions heureux d’avoir de bonnes chaussures.

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Monolithe principal du temple souterrain

Nous avons ensuite poursuivi notre chemin jusqu’à un petit temple semi enterré, celui représentant le monde souterrain. Il est dans un très bon état étant donné qu’il était complètement recouvert de terre et donc n’a pas été profané par les colons espagnols ou les touristes des années 70, férus de souvenirs archéologiques. Le temple est un carré quasi-parfait d’une profondeur de 2,5m à peu près, composé de 48 piliers de grès rouge formant les murs extérieurs. En incrustation, une cinquantaine de visages de pierre semblent regarder le centre du temple. C’est là que se trouve le premier monolithe que nous croiserons au cours de la visite.

Une grande représentation anthropomorphique, une main sur le cœur l’autre sur le ventre, symbolisant l’équilibre du corps et de l’esprit. Sur le côté on retrouve le serpent du monde inférieur. De nombreuses théories ont été émises notamment concernant les visages, qui représenteraient les différentes ethnies du monde à ce moment là, ou les têtes prises en trophée lors des batailles, mais personne ne le sait à l’heure actuelle. Le temple aurait une vocation mortuaire dans la culture Tiwanaku.

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Échantillon des têtes qui ornent les parois du monde souterrain

Enfin, troisième bâtiment d’importance, le temple de Kalasasaya. Aujourd’hui une grande motte de terre dont les fondations en pierres ont été dégagées et les murs en partie reconstruits, mais qui accueille les merveilles qui ont survécues au passage du temps, à savoir les plus gros cailloux. Ils n’en sont pas moins très beaux très grands et impressionnants! Commençons par la configuration du site, rectangulaire, dont les coins indiquent d’une part les points cardinaux, et d’autre part montrent le passage des saisons. En effet, l’alignement des angles est et ouest du bâtiment, de la porte d’entrée au temple, avec la porte du soleil et le soleil lui même indique les solstices et les équinoxes au cours de l’année. Il s’agit d’un calendrier géant. Et c’est là qu’on s’est accordé un moment de détente, court mais nécessaire quand même, la fameuse pause banane (non arrêtez les paparazzi !)

Cela pose d’ailleurs un grand problème aux archéologues. Le site serait daté officiellement à 2000 av JC. Le problème, c’est que les alignements calculés par les Tiwanaku correspondrait à une période ou l’alignement de la terre et du soleil daterai de 12000 av JC. Alors? Grosse erreur de calcul de la part d’un peuple officiellement expert en astronomie ou peuple doté d’une technologie des centaines d’années en avance sur les théories des chronologies actuelles, tant d’un point de vu connaissances agronomique, ingéniérique, astronomique. Cela reste un mystère, et même notre guide Aymara nous dit que 90% de la culture Tiwanaku reste énigmatique…

Une petite parenthèse à ce propos des bizarreries tiwankuesques… Leur agronomie justement. Ils étaient maîtres en la manière et le prouvent de manière incroyable. Savez vous ce qui pousse sur l’altiplano de comestible pour l’homme? Absolument rien! (Bon d’accord à part les lamas). Ils ont réussi par la création de jeu d’irrigation, de canaux et d’enrichissement des sol, a créé au sein de l’altiplano un site disposant d’un micro climat rendant possible la culture. A l’heure actuelle ces installations passeraient pour modernes, et sont par ailleurs en étude pour être copiées dans certaines zones réputées stériles… Il y a définitivement de nombreuses choses que nous ignorons à leur propos.

Donc, vous l’avez compris il y a une grande porte du soleil qui pèse un bon paquet d’ânes morts et le plus surprenant c’est que la pierre dont elle est faite ne peut être trouvée qu’à plus de 65km de la! Les paris sont donc ouverts concernant le transport de cette pierre par des gens qui, rappelons le, n’avaient pas inventé la roue! Celle ci est aujourd’hui brisée du fait des tentatives, vaines, faut il le préciser, de la part des colons espagnols de déplacer ce monument en guise de trophée. Elle n’en est pas moins impressionnante. Elle représente en tout premier lieu Pachacamac. (On vous laisse un peu de temps pour le prononcer, c’est important^^).

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Sacrée porte du soleil

Dieu du temps, créateur des peuples, fils du soleil et de la lune. Sacré CV non?;)! Il est représenté au milieu de ces créations, condor, chachapumas et serpent dansant autour de lui. Il tient entre ses mains les deux bâtons du pouvoir: le spirituel et le politique, donc militaire. Deux symboles repris par les castes dirigeantes, les chamans. Étant une pierre extrêmement dure et pesante la précision du travail ne colle encore une fois pas à l’époque supposé d’existence des tiwanaku ni à leur potentielle maîtrise technologique! C’est en soit un peuple tout a fait anachronique et les théories d’assistance divine et extraterrestre pullulent parmi la communauté internet (je vous laisse taper tiwanaku sur Google vous ne serez pas deçus!!!!)

D’un point de vu pratique, ce temple dédié au monde terrestre était, au delà de sa volonté spirituelle un lieu de pouvoir et de prise de décision politique et commerciale. Cela se constate par la présence dans cette salle immense de l’ancêtre du mégaphone! Réalisé en pierre, il n’en reste pas moins extrêmement efficace car on entend parfaitement le guide en train de faire les démonstrations à l’autre bout du lieu. Accompagné malgré lui par une touriste asiatique à l’anglais bruyant qui de toute évidence n’avait pas besoin de mégaphone ou n’en a pas compris le principe vu qu’elle a parlait dans le mauvais bout du cailloux, forcément elle va marcher beaucoup moins bien!

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La pause s’impose!!

En son centre (du temple pour rappel) un second monolithe est présent. Il représente la caste dirigeante, avec la présence des deux bâtons. (Attention subtilité!) Le premier, en main gauche, est celui du pouvoir politique et militaire. Petite particularité concernant l’autre main et bâton. Il s’agit de la représentation d’une autre main gauche tenant le bâton de pouvoir spirituel. La photo sera plus parlante à ce niveau la soyez attentif au sens des doigts de la, théoriquement, main droite. Vous remarquerez qu’en fait, c’est comme s’il s’agissait de la main gauche d’une autre personne. La signification étant que le pouvoir spirituel est simplement confié, un don du ciel. Cela montre encore une fois la dualité entre le pouvoir politique qui se PREND et le pouvoir spirituel qui se DONNE.

Pour terminer ce temple, un dernier monolithe, de même forme que le précédent, mais d’un matériau particulier. Il a été fabriqué dans UNE pierre noire et blanche. Renforçant ainsi la notion de dualité et particulièrement de bien et de mal. A vrai dire plusieurs principes qui nous sont exposés ne sont pas sans rappelé d’autres mythologies lointaines comme la grecque et même la genèse catholique.

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Monolithe mi-choco^^ du temple dédié à Kay Pacha (fait dans un grand caillou présentant naturellement les deux couleurs)

La visite du premier site se termine par un lieu bien particulier nommé Putuni. Il s’agit d’un mausolée avec des résidents tout a fait particuliers. Il s’agit des caveaux des chamans qui ont été retrouvés momifiés en position fœtale comme le voulait la tradition. Il a été facile d’identifier les occupants à cause de la forme de leur crâne singulière. Les enfants destinés à la vie de chaman étaient choisis à la naissance soit parce qu’ils sortaient par le siège, soit qu’ils naissaient avec six doigts. Si l’un de ces signes apparaissait, l’enfant était soumis à un traitement crânien spécial. On lui bandait le crâne très fortement afin de l’allonger et de lui donner une forme ovoïde. La partie haute crâne était ensuite ouvert (oui oui l’os…) afin de le remplacer par une petite pièce en or. Vous avez envie d’être chaman?

La visite s’est ensuite poursuivie dans les deux musées du site, l’un concernant les minéraux, mais qui est à l’heure actuelle totalement vide à l’exception d’un immense monolithe selon le même modèle que les deux autres. Il a la particularité d’être dans un état déplorable car le gouvernement bolivien de l’époque a choisi au moment de sa découverte de l’exposer en centre ville de La Paz (qui est une ville totalement dépourvue de voiture et de pollution atmosphérique…) la résultante est que les bas-relief de la statue se sont par endroit quasi totalement effacés. Il a été sauvé et rendu à son emplacement d’origine dans une salle isolée du soleil par souci de conservation. Le reste de la collection devrait suivre normalement.

Le second musée est un rassemblement des objets du quotidien ou de culte retrouvés sur le site. C’est à cet endroit que nous retrouvons un squelette en position fœtale dans un « placenta » d’osier. Léo nous explique que pour les tiwanaku, le temps, et donc la vie, n’est pas une ligne droite mais une boucle qui commence en position fœtale dans le ventre de la mère et doit la terminer de la même manière. C’est a dire dans le ventre de la pacha mama, la terre mère. C’est une conception très importante dans ce que nous savons de leur culture. L’entrée des musées est un peu chère 80 bolivianos par personne, mais on les paye de bonne grâce devant l’ampleur du site. Par contre pas question d’acheter les amulettes qui représente le dieu pachacamac aux vendeurs ambulants qui tiennent une embuscade devant la porte de notre bus!

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Restes de la pyramide de Puma Pumku

Nous avons enfin terminé par la visite du dernier site se nommant Puma Pumku. La commence la légende… Le site est actuellement en ruine mais aucun projet de reconstruction n’est en marche car ils ne savent pas par où commencer… La main de l’homme ne serait pour rien dans la création de ce site. La légende dit que les dieux auraient créé ce temple… En un jour!!! Les ésotéristes diront que c’est la version la plus probable étant donné la perfection de l’ajustement de pierre de plus de 130 tonnes, la qualité de finitions des jointures (arrêtés des pierres taillées à 90° rapporteur en main, notion de géométrie 3 dimensions pour la réalisation de clés de maintien entre les pierres au vu de l’absence d’utilisation de mortier et maîtrise de la fusion et de l’alliage des métaux pour la réalisation de ces clés,…). On s’abstiendra de tout commentaire car après tout, on y était pas!;-)

Pour résumer (et y en a b’soin parce que c’était vraiment un article imbuvable…^^) les tiwanaku sont une civilisation qui dérange beaucoup la communauté scientifique, enchante les spéculateurs, et trouble les visiteurs. On constate de nos yeux les exploits de ce peuple dont on ne sait quasiment rien et dont la disparition subite dans les annales de l’histoire ne cesse de questionner. En effet ils ont disparu de la surface de la terre sans laisser autre chose que les traces déjà présentes à savoir les grands temples, et leur héritage culturel très important sur tout les hauts plateaux andine nous citerons notamment les Aymara. Leur disparition est d’autant plus troublante que ils possédaient des technologies et des connaissances qui leur permettaient une survie dans cet environnement hostile, donc par quoi ont ils été chassés? Les paris sont encore une fois ouverts…

Autour de La Paz

Maintenant que je vous ai bien fait réfléchir et assommé de connaissance, je vais vous parler d’un truc vachement plus simple ;-). Notre expédition suivante nécessite simplement d’avoir les yeux grand ouverts, une bonne paire de chaussures et un pull en alpaga! (Oui vous pouvez mettre un slip et un pantalon…). Nous sommes allez explorer deux sites incroyables autour de La Paz, que sont la vallée de la lune et le Chakaltaya.

La vallée de la luna

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La vallée de la lune, vue d’en haut!

La vallée de la lune est un lieu formé par les écoulements des eaux, et la terre a pris la forme de stalagmites de terre et de roche. C’est un univers aride et stérile très perturbant et il porte très bien son nom. Cette surface représente très bien ce que l’on pourrait s’imaginer en arrivant sur la lune, à quelques exceptions près… A la différence de la lune il y a quelques autochtones qui tentent de survivre dans cet environnement hostile, les vizcacha et les cactus. Je sais pas si ça compte mais y a aussi les touristes qui tentent tant bien que mal de ne pas se casser la margoulette sur une flaque de boue ni de ce perdre dans ce dédale digne d’un Minotaure. Finalement on a pas trouvé de Minotaure mais on a quand même vu des vizcacha^^. Il n’y a que peu de chose à dire mais énormément à voir ainsi je vous laisserai en compagnie des photos. Une petite particularité tout de même, le chapeau de la dame. Un roche de bonne taille ma foi s’est retrouvé bloquée au sommet d’un de ces piliers, le protégeant des ruissèlements, et se retrouvant donc perchée à une bonne altitude, dominant le site.

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Les timides résidents des formations lunaires

Chakaltaya

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Vue sur le mont Potosi

Nous nous sommes ensuite dit que 3600m d’altitude c’était pour les gros nazes et avons décidé d’embarquer pour les sommets entourant la cité bolivienne. Le Chakaltaya nous ouvre donc ses portes qui domine La Paz du haut de ses 5400m d’altitude! Impressionnant pas vrai.

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La montée vers le sommet

Si vous avez déjà entendu parler des différentes routes les plus dangereuses du monde, je pense que vous avez pu entendre parler de celle ci, car nous voici à présent à bord d’un magnifique van tout ce qu’il y a de plus urbain, en train de gravir la montagne (ils remon-tent la monta-gne en minibuuuuuuuuuuus, ils remontent la montagne en minibus, ils remontent la montagne ils remontent la montagne ils remontent la montagne en minibus!!!). A vous!

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Voici la route! Et le poste d’arrivée

Et je vous raconte pas à quel point la corniche est proche et raide… Enfin bref une fois qu’on s’y habitue on se prend à regarder le paysage (et à faire confiance à chauffeur). Et comme dirait Claire: « et bah la mon gars t’en prends plein les mirettes! » On savait depuis l’hornocal que les montagnes pouvaient avoir plein de couleurs différentes mais c’est encore autre chose d’être dedans… Des rouges, des verts, des gris, le tout environné de petits lacs qui apparaissent et disparaissent au gré des méandres de la route. Une beauté multicolore s’étend à nos pied tandis que nous dominent encore les plus hauts sommets des Andes notamment le cerro blanco (tiens un cousin du mont blanc) et le wayna potosi qui se targue d’atteindre les 6088m d’altitude! Ça en jette hein?

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C’est haut, mais on a le remède parfait! la chique de feuilles de coca, le sachet est à 2 bolivianos!

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Avec vue sur La Paz!

Arrivés au quasi sommet, notre guide nous dit « vamos! » Ce qu’elle veut dire par là c’est que la c’est le moment de mettre nos petites jambes en action. En effet il reste 120m de dénivelé à grimper sur approximativement 250m de marche. Pour faire simple ça grimpe raide, et y a pas d’oxygène (bref calcul pour les nazes en math, on est actuellement à 5400-120=5280m d’altitude, le mont blanc 4810m en ce moment vu qu’il grandit sans arrêt l’animal…) concernant la température pas d’inquiétude on est super bien équipé: polaire, t-shirt, jean, pas de gants…

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Coucou! Je monte!

Pas d’inquiétude effectivement car sous ces latitudes, il fait a peu près une dizaine de degrés à cette altitude… Par contre ça souffle et le vent, quand il se lève est un brin frisquet… Là vos deux aventuriers se séparent en deux équipes: ceux qui se la pète d’un côté et les intelligents de l’autre… Je vous laisse faire la répartition… Bref Arnaud monte en premier, pour tenter (en vain) de rattraper la coréenne partie en tête qui nous l’apprendront plus tard revenait d’une traversée de l’Himalaya…

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La vue en vaut la peine!

Claire ayant pris son temps pour la monter arrive quelques minutes plus tard car, elle, elle avait compris qu’après le sommet y’a rien a monter… Nous profitons alors d’une vision que partage avec nous les apus et les quelques courageux ayant abordé la montée (en soit elle n’a rien de dur elle est juste un peu raide mais le manque d’oxygène et le mal de l’altitude peuvent rendre la chose complexe…).

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Quoi que…

Après avoir profité du spectacle, lié connaissance avec nos compagnons de galère, écouté les récits de notre guide sur ces sommets et sa patrie, nous entamons tranquillement la descente en chantant elle descend de la montagne à cheval, ai ce tu pego, et la bamba (oui le manque d’oxygène ça fait du mal même au meilleur).

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Uno, dos, tres, sonrie!

On embarque à nouveau dans le van de la mort pour une descente dans ce magnifique paysage que nous offre ces montagnes. Et nous arrivons exténués à la Paz, au cœur d’une population en liesse en plein carnaval, ayant bouché l’artère principale de la ville, aux prises dans une bataille d’eau aux proportions épiques vu que tout les habitants participent… Mais vous le savez déjà…

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La redescente nous comble de paysages magnifiques!

De toute façon après un adieu du regard à cette ville incroyable, nous partons vers de nouvelles aventures, direction Copacabana (oui toujours en Bolivie !), lac Titicaca, nous voilà !!!!
Je vous rends l’antenne, à vous cognacq-jay,(ou cognac geay pour les charentais^^), à vous les studios.

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Claire et Arnaud

10 réflexions sur “La Paz et j’en passe

  1. ici les studios de Cognac-Geay,
    j’ai bien tout lu de vos commentaires. je n’ai pas tout compris quand aux accords du nouvel instrument de musique d’Arnaud, j’attends donc de l’entendre!!! la description de carnaval m’a donné le tournis, et les explications sur l’étendue de La Paz me laisse une pieuvre dans la tête. Donc j’ai au moins retenu cela; pour le reste l’architecture des ancêtres des andins, je me ferai porter « pâle » le jour de l’interro.
    La montée vertigineuse vers les sommets à plus de 5000 mètres, moi ça me coupe le souffle… Il m’en reste un peu pour vous faire de gros bisous.

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  2. Ici Rochefort ,
    C’est avec le vertige que je termine cette très longue lecture et je pense avoir zéro à l’interro vu la longueur de l’histoire , une vraie encyclopédie !
    Je vous remercie de nous faire partager tous ces beaux moments .
    Profitez en bien . Quelle richesse et quelle culture vous êtes en train d’acquérir ! Vous en aurez des choses et des histoires à raconter à votre retour .
    Gros bisous de tante Christine

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    • Merci Tante pour ton commentaire, ne t’inquiète pas l’interro c’est une blague pour faire passer la pilule des plus de 7 000 mots que tu as lus!
      J’ai bien l’intention de partager une raclette avec toi en rentrant en effet 🙂
      Gros bisous prends soin de toi!
      Claire

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    • Aujourd’hui , nous sommes le 7 mars et c’est ….. l’anniversaire de ma petite nièce !
      Bon et heureux anniversaire Claire !!! Tu vois , à la première heure française , mes tendres pensées vont vers toi . Même à des milliers de kilométres , tu es toujours dans mes pensées et surtout dans mon vieux coeur . Je ne sais pas si tu auras un beau gâteau , mais tu as de moi de beaux gros bisous sur tes deux belles joues . Ma petite nièce chérie , je te remercie encore de tous les bons moments que vous (toi et Arnaud) que vous nous faites partagés . C’est magnifique ! Proftitez en bien !
      Je t’aime ma petite Claire .
      Tante Christine

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      • Merci beaucoup Tante c’est super cool d’avoir envoyé ce petit message 🙂 On peut dire en effet que c’est un anniversaire pas comme les autres et j’en ai vraiment profité à fond!
        Je te fais de gros bisous prends soin de toi!
        Claire

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  3. Ouf!! C’est comme les livres d’histoire c’est plus facile avec les images….
    je ne suis pas sure de tout retenir mais je vous fais confiance pour me rappeler les grandes lignes,
    Bisous

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    • Ca y est on a pu mettre les images! On se dit qu’heureusement qu’on a écrit tout ça, parce que dans 9 mois pas sur non plus qu’on se souvienne de tout!!
      Gros bisous ;)) Claire et Arnaud

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  4. Gros j ai eu le temps d avaler deux boites d aspirine et lire la Horde du Contrevent ! Et ben j ai toujours mal au crane ! Un billard en pente ? Maintenant je commence a comprendre ton style de jeu … 😉
    … Claire on devrais ériger un monument a ta gloire pour supporter ton copain Enarque qui fait des Bonhommes de neige ! Gros ne change pas ! Des gars comme toi y en a plein le Plateau d Assy !

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    • Tu m’étonne mais j’avais prévenu que c’était un cours magistrale celui la…^^ ouais on a fait ce qu’on a pu avec le billard mais on progresse tout les jours un peu plus! T’en connais beaucoup toi des mecs qui monte à 5400m en t shirt? Nan je pense que je suis le seul et unique! Bisou à toi mon canard et bisou au montagne de la haute et à la famille arvi

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