Oh la belle bleue!

Citoyens d’ici et d’ailleurs, merci pour votre visite et bonne lecture! Hello our english speakers friends! We spent some days in the city of Copacabana, wich is mostly a touristic city with a lot of hostel and restaurant. But this little town surprised us as well with a great Sanctuary and numerous very good points of view on the Titicaca lake such as the calvario which is a little mountain but very steep. We enjoyed a day trip to the famous Isla del Sol where had started the Inka civilisation according to legends. Those are still alive thanks to the Aymara descendants who told us the story of their ancestors! P1070244 Baie de Copacabana Hola a todos, amigos de America Latina y los otros. Sus paises son maravillosos, incluido la bella Bolivia de la cual el lago Titicaca es la perla. Fue muy agradable llegar alli, sentir el viento del lago y tener una vista increible. Aqui se puede ver muy lejo, hasta las montanas del otro lado. Copacabana en si misma no es muy linda, la ciudad vive del turismo y es llena de hosteles y restaurantes. Pero la vista desde la montana del calvario es muy bonita. La isla del Sol tambien es una maravilla y teniamos suerte con el tiempo porque habiamos sol. Hicimos la caminata en la isla desde la parte norte hasta la parte del sur. La region del lago nos gustaba mucho pero ahora tenemos que seguir nuestro viaje, !nos vamos a Peru! Entre terre et eaux vers Copacabana P1070171 Arrivée au point de traversée du lac Nous voici donc quittant la pseudo capitale La Paz (petit rappel sucre est la capitale mais la confusion est compréhensible…) dans notre bus nous mène à notre prochaine destination Copacabana! Oui Copacabana en Bolivie pas au Brésil! Nous traversons la campagne bolivienne et les montagnes se font plus lointaines à notre regard. L’explication étant que nous sommes sur l’altiplano et donc comme son nom l’indique une grande plaine en altitude. Les membre de l’éducation national diront un plateau^^. P1070182 Sur le lac Puis d’un seul coup, au détour d’un virage, il apparaît! Qui? Un oiseau? Un avion? Super pachacamac? Non! Le lac Titicaca! Immense et scintillant il apparaît devant nous. Excité, nous? Noooooon! Le simple fait de se trouver là nous enchante, nous avons l’impression d’être deux explorateurs au fait de leur gloire, ravis d’avoir découvert l’eldorado aquatique. Notre bus longe la côte pour nous faire profiter au maximum de la vue entre lac et monts enneigés à l’horizon (ça c’est juste pour la poésie parce qu’en fait y a pas d’autre route…^^). P1070184 Pendant que nous traversons en bateau, notre bus flotte sur sa barge Afin d’arriver à destination, nous traversons les deux petits villages, de San Pedro de Tiquina et San Pablo de Tiquina qui sont deux villes jumelles de part et d’autre d’un détroit qu’il nous faut franchir par bateau (et par barge pour le bus). Rien d’impressionnant en soi mais vue imprenable sur le lac et l’expérience est ludique… Une fois tout ce petit monde ré embarqué dans le bus, nous prenons enfin la direction du terminus: Copacabana. P1070196 Vue magnifique tout au long de la route: 3 heures de voyage qui valent vraiment le coup de faire les yeux ouverts! Bienvenue à Copacabana Une petite heure après nous y voici, ce n’est peut être pas la grande bleue mais une belle bleue malgré tout qui nous ouvre ses bras. Le lac Titicaca est là, magnifique, s’étendant à perte de vue. A notre sens c’est l’un des points culminants de ce voyage bolivien concernant la beauté du paysage… Je vous parle bien du paysage. En effet, car la ville est plutôt quelconque, il s’agit d’un repaire à touristes avec son lot (énorme…) d’hôtels, de restaurants, de tours operators,… Et des touristes qui vont avec bien sûr, dont nous! Nous y entendons parler de très nombreuses langues en plus d’un espagnol parlé avec plus ou moins de justesse et d’accent… Le but du jeu étant de trouver nos compatriotes au sein de la foule (jeu d’une facilité extrême…). Nous trouvons donc un hôtel avec vue (et quelle vue mes enfants!!!) sur le lac pour passer les nuits qui nous attendent car quelques projets sont prévus (ou imprévus vous allez voir). P1070230 Nous commençons donc nos explorations par la ville en elle même. Comme je vous l’ai dit plus tôt, la ville est surtout touristique (très) mais recèle que quelques petites surprises entre ses rues pleines de boutiques, celles ci remplies de bonnets, de chaussettes, de bijoux, de souvenirs, de tous les trucs possiblement imaginables et vendables. La première est une basilique très surprenante car bâtie dans un style très différent du reste de la ville… Il s’agit d’un immense bâtiment composé d’une muraille sans vocation militaire, d’une très grande cour, d’un atrium et de la basilique en tant que telle. Cela donne une impression de grandeur à cet ensemble tout de blanc peint. Nous retrouvons à l’intérieur de la basilique le style caractéristique des poupées ultra réalistes et perturbantes mais le tout très fleuri et également dans une petite salle à part un micro musée présentant les différentes vierges, patronnes d’un état d’une ville ou d’une communauté… Un lieu très intéressant car elles portent toutes un habit différent et certaines ont même été patriotisé (je suis sur que le mot existe!) aux couleurs de la nation concernée et prenant les armes…Ce bâtiment colonial nous a surtout surpris par ses finitions, son entretien (chose rare en Bolivie…) et sa taille. Mis à part cela c’est surtout le fait qu’il se détache d’une ville manquant de « fini » qui le rend tellement incroyable. P1070220P1070245 Le sanctuaire La deuxième surprise de cette ville est une colline appelé El calvario soit le calvaire (si si je vous jure ^^). Et bah vous allez rire, mais il porte sacrément bien son nom! Nous décidons de nous y attaquer et le défi est malgré tout de taille parce que ça grimpe raide (bon pas aussi raide qu’au Chakaltaya mais quand même…). Il s’agit d’un chemin tout au Long duquel ont été posé de nombreuses croix ainsi qu’en son sommet. P1070280 Ultime montée du Calvaire Ce chemin tire son nom de l’histoire de l’homme ayant créé la vierge de Copacabana, et l’ayant monté seul sur son dos en haut. Bah franchement nous après l’avoir juste avec un p’tit sac à dos on peut vous dire que le gars c’était Hulk^^! P1070263 Vue depuis le Calvaire Blague à part, une fois arrivés en haut avec le sentiment du devoir accompli, on se retrouve avec une vue encore plus impressionnante de la ville et du lac, si c’est encore possible… La baie de Copacabana se dessine en un impeccable arc de cercle d’où ne monte que le bruit de l’eau, laissant au loin le crincrin de la foule et le tourment des rues et du quotidien. La haut souffle un vent de liberté et nous nous attardons un peu au porte du paradis. (ou du pays imaginaire!) P1070274 Tu t’envoles, tu t’envoles, tu t’envoooooooles!!!!! Vicissitudes Bien que le temps semble s’arrêter, un événement importun vient se mêler au bonheur. En effet c’est à ce moment qu’un virus intestinal décide de nous pourrir la vie (enfin surtout celle de Claire…) et nous fait redescendre au cœur du commun des mortels et finalement chez médecin… Résultat deux piqûres dans les fesses, médicaments à abrutir un cheval, riz à volonté, lit obligatoire, et par dessus tout la facture médicale la plus salée du monde (pas mal autour d’un lac d’eau douce^^!): 160$! P1070434 Bateaux typiques du lac Oui je vous parle bien en dollars américains… L’avantage c’est qu’on a coupé court à une angine qui pointait le bout de son pif… Et la Claire me sort cette phrase magnifique à faire pâlir une infirmière: « Arnaud tu sais quoi, j’ai mal à mon injection… ». Pas d’inquiétude les remboursements sont en cours avec l’assurance… (Merci le PVT et les assurances obligatoires.) P1070278 Mais ça va, je suis remise! Sur ce, nous réparons Claire à grand coup de médocs (médicaments, pas du vin…) et nous profitons de la gastronomie locale, à savoir truites à toutes les sauces et vous pouvez me croire elles sont super bonnes. Pour les déguster, outre les divers restaurants qui encombrent la ville, il existe en bord de lac une succession de hangars où se tiennent salles improvisées et cuisines éphémères (enfin pas tant que ça…). C’était excellent et très bon marche vu que la truite entière vous revient à 25 bolivianos soit 3,2 euros… P1070320 Truite à la diable et truite à la parilla Concernant les petites ballades aux alentours de la villes, trois sont à noter. La première nous a amener à longer la baie de Copacabana en espérant trouver un hypothétique chemin qu’il nous avait semblé voir du haut du calvaire… P1070336P1070345 Le chemin au bord du lac Ce fut un échec critique car ce chemin n’existait pas le moins du monde… Nous avons donc improvisé un chemin à travers brousse (certains amis de ballade en massif central me comprendront…) accompagnés de 2 amis canins qui nous ont suivis d’un bout à l’autre de l’expédition et ce même quand des cordes (made in la corderie royale de Rochefort) ce sont mise à s’abattre sur nous… (Il s’agit de pluie bien sur!) Mais c’était quand même vachement marrant (oui on a vu des vaches!). P1070352 La seconde nous a embarqué sur un kayak sur le lac. Peu de chose à en dire si ce n’est que comme sur un tandem on se rend vite compte quand il y en a un qui rame pas (comment ça on rame pas sur un tandem!)^^. Ce fut une chouette ballade et cela nous a permis de découvrir la ville d’un autre angle et pas des moins intéressants je vous laisse juger. P1070365 Kayak time! Enfin, et celle qui restera dans les annales à mon avis, nous avons décidé suite à l’insistance sans faille de l’un de nous deux (un indice elle a des cheveux longs…) nous avons ré embarqué sur le lac mais cette fois ci à bord du plus puissant bâtiment de la flotte copacabanienne: le pédalo canard! Épique sera le mot juste… P1070696 Le fameux et magnifique bâtiment: pédalo canard! Pensez vous pouvoir faire rentrer un être humain dans une boîte de conserve? Nous oui, car je pense qu’Arnaud fait le double de la taille d’un bolivien moyen et que, par conséquence, avec un volant entre les jambes pour manœuvrer la bête on était proche de l’idée de la boîte… Enfin au moins on a bien rigolé parce que là on a été le parangon du touriste (pensée spéciale pour tout les pédalos du lac d’Annecy…) P1070697P1070704 On est pas trop bien là? Au bout d’un moment, il faut bien nous jeter à l’eau, et voguer sur ce lac à plus de quelques encablures des petits pontons à l’équilibre précaire faisant office de port. l’objectif Isla del Sol se dresse devant nous! Au soleil, sur l’île du même nom Une petite précision avant de commencer, nous avons pris le parti ici d’écrire inka avec un K, la version la plus courante sur place, mais en français c’est avec un c! P1070709 Vue depuis le lac sur le Calvaire Encore une fois nous nous sommes beaucoup amusés des voix concurrentes se faisant chaque fois plus fortes pour annoncer leur destination : « A las Islas Flotannnnnnntes !!! » ou « Isla del Sol, a la isla del Sooooooooool ! ». Mais au bout d’un moment il faut bien se jeter dans la bataille pour avoir son ticket… Entre deux séances d’éclaboussures (c’est toujours carnaval et les pistolets à eau ne désemplissent pas….), nous comparons les prix et les offres des agences… qui en réalité sont toutes les mêmes. P1070321 Cholita devant le lac Nous optons finalement pour ceux qui ont été les plus sympas à nous accueillir, et pour 70 bolivianos nous avons deux billets aller-retour pour la journée du lendemain. Le départ se fait à 8h30, (sans compter bien sur le retard bolivien…), et nous nous installons sur le haut du bateau en compagnie d’une cohorte de touristes venus du Brésil, d’Argentine, d’Europe, dont la France évidemment puisque nous rencontrons un couple qui comme nous vogue de volontariat en volontariat en Amérique Latine. Le vent du matin est un peu frais mais la vue de Copacabana depuis le lac nous réchauffe le cœur. La brésilienne à côté de moi a le mal de mer, et se recroqueville sur le toit du bateau que nous partageons tous. P1070417 Passage étroit juste avant l’arrivée à l’Isla del Sol Après deux heures de navigation sous un magnifique soleil et le bon augure de paysages merveilleux, nous débarquons finalement sur l’Isla del Sol, connue pour être un lieu respectueux de son environnement et de son héritage historique. On parle Aymara sur l’île et les coutumes de ce peuples sont toujours d’actualité : on sacrifie le lama par exemple. P1070424 On vous a trouvé l’île de Robinson! Pas étonnant quand on découvre que d’après la légende l’empire Inca serait né sur ce bout de terre ! Le lac lui-même tire son nom de cette île. C’est notre guide, un autochtone en sandales et la peau très sombre et burinée qui nous accueille et nous raconte les histoires : la bienvenue à l’Isla del Sol, terre de légende. Nous sommes d’abord guidés pour un court stop dans un minuscule musée qui regroupe quelques pièces fabriquées sur l’île au fil des âges. P1070438 Le puma Ces objets, souvent des céramiques, ont été découverts sous l’eau par des archéologues bolivien et américain en quête de réponse sur les origines des populations du lac, dont le niveau a monté et a ainsi recouvert de supposément nombreux sites de foyers de population. Nous partons ensuite à l’assaut de l’île, qui se mérite car son corps s’étire en de nombreuses courbes et sommets. Mais peu importe vu à quel point la nature a doté cet endroit de charmes fou, la balade est sublime, les criques se succèdent et nous dépassons deux plages, dont la plage de la sirena. P1070444 Merveilleuse Isla del Sol Au fur et à mesure que nous nous élevons sur la dorsale de l’île, ses contours nous apparaissent plus clairement et il est évident que ce petit coin de paradis rayonne autant par l’harmonie de son ensemble que la sensualité de ses beautés individuelles. Notre guide salue sur son passage voisins et amis, le tout en langue Aymara. Curieux, nous tentons d’apprendre à dire bonjour, mais impossible ! ce mot parait être composé de 20 syllabes complétement imprononçables ! P1070458 L’île et ses communautés vivent en bons termes avec la nature et la spiritualité du lieu, cultivant les légendes et leur culture pour subsister et faire perdurer leur mode de vie. Deux communautés y résident au milieu de paysages fantastiques : les Challas plutôt au nord, et les Yumani installés au sud de l’île. Leurs maisons entourées de vergers, potagers, prés pour le bétail. P1070452 La terre est préservée sur l’île pourtant aride et pentue par les constructions en terrasse qui empêchent les glissements de terrains. 45% de ces installations datent du temps Inca, tout comme les quelques chemins et escaliers de pierres qui parcourent l’île, qui ont un âge fort avancé et encore une bonne espérance de vie étant donné qu’ils sont choyées et maintenus en permanence en bon état par les populations locales. P1070460 Plage de la sirène Ce qui est bien utile pour notre ascension vers le site archéologique Inca, et le berceau de cette civilisation. Au détour du chemin le site archéologique de l’île se laisse approcher et nous découvrons alors le fameux rocher en forme de puma, « Titi Khar’ka » en Aymara. Celui-ci est très important puisque non seulement il a donné son nom au lac Titicaca (déformation de Titi Khar’ka, mais également parce que c’est en son sein que le Premier Inka a passé plusieurs jours et nuits. Pour rétablir complétement la vérité il faut dire qu’originellement, l’isla del sol s’appelait Titi Khar’ka, car le roc sacré repose sur son sol, et le lac avait pour nom Mamacocha (ce qui signifie la mère des eaux). P1070478 Titi Khar’ka, que l’on peut toucher en tenant un caillou dans sa main pour puiser l’énergie du rocher Pourquoi ces changements d’appellation ? Tout simplement parce que ces noms existaient avant l’arrivée de la civilisation Inka, qui a ensuite bouleversé l’ordre des choses dans la région en en prenant le contrôle. D’après les histoires, Manco Capac, le premier Inka, et sa femme et sœur Mama Ocllo, fils du soleil et fille de la lune, enfantés par l’écume du lac Titicaca ou par la montagne aux fenêtres selon les versions, et de l’isla del sol ces deux personnages mythiques sont partis vers l’actuel Pérou et la vallée du fleuve de Huataney où ils ont fondé Qosqo (aujourd’hui Cuzco). P1070487 Site archéologique de l’isla del Sol La légende dit que Manco Capac s’était vu confié par le soleil lui-même un bâton d’or, qui se planterait de lui-même à l’endroit ou devrait s’ériger la capitale du futur empire Inka, destiné à dominer les peuples. Ainsi la ville de Cuzco a été fondée à l’endroit qui était considéré comme le « nombril du monde ». En effet, les Incas, qui très probablement étaient un peuple semi-nomade qui a fini par s’installer dans la vallée de l’actuelle Cuzco, ont réussi par la suite a étendre en à peine 100 ans leur domination sur un territoire qui s’étendait sur près de 4 000 km de long, de Quito à peu près jusqu’au Chili. Il est également très probable de l’avis des historiens que Manca Capac ne soit qu’une légende, personnage inventé, story telling imaginés par les drigeants Inka pour embellir leurs origines. On savait déjà que le marketing ne datait pas d’hier ! Pour info l’émergence de la culture Inka est datée à l’an 1 200 environ. historia-de-sud-america Mais bref, pour en revenir à notre Isla del Sol, elle a pris ce nom du fait des Inkas s’y étant installés et vénérant le soleil, Inti. Ainsi, autour du rocher du Puma, se dressent une pierre cérémonielle dédiée aux sacrifices et le temple du soleil, qui est aussi appelé le palais de l’Inka. Dans cette culture effectivement le souverain du peuple est considéré de nature divine, étant le descendant du dieu soleil, lui-même engendré par une sorte de « père des dieux » : Viracocha. Le « temple » se divise en deux parties : l’une dédiée à la religion, l’autre étant une zone résidentielle. D’après notre guide, les Inka faisaient des offrandes aux dieux en jetant par les fenêtres du temple des objets en or. P1070489 Coucou, je suis caché dans le palais de l’Inka! A vrai dire on c’est tout de même interrogés Arnaud et moi sur la véracité de cette histoire, ou si notre guide était un plongeur professionnel. Toujours est-il que celui-ci réclame à cor et à cri son pourboire à la fin de la visite tout en poursuivant presque les touristes dans le dédale des ruines du temple Inka. De toute façon se sont les haut savoyards qui ont tout compris : eux jettent l’argent par les fenêtres, mais de l’extérieur vers l’intérieur. Rien à voir avec les Inka, donc . P1070505 Mais avant de nous quitter, le guide nous fait part d’une autre histoire concernant la pierre ce sacrifice. Une autre petite île est visible depuis l’isla del Sol, il s’agit de l’isla de la Luna. Soleil, lune, on reste donc bien dans la mythologie andine et la dualité. Cette île servait de « refuge » aux filles choisies pour leur beauté et leur talent notamment pour le tissage, héritage de Mama Ocllo. Cantonnées seules sur cette île, elles portaient le nom de « virgenes verdes » et avaient pour responsabilité de réaliser les tenues de l’Inka. Chaque année pour le solstice d’été (le 21 décembre donc, nous sommes encore une fois dans l’hémisphère sud) l’une d’elle était désignée pour être offerte au soleil et se mettre dans les bonnes grâces du dieu. La chanceuse devait avoir exactement 17 ans, et être vierge. Pas de gorge tranchée cependant, on ouvrait le ventre la jeune femme de manière à, selon notre guide toujours, la tuer rapidement et sans douleur, car elle était droguée avant la cérémonie. P1070501 Pierre sacrificielle Suite au récit de ces festivités, nous profitons encore un moment de ces paysages impressionnants du nord de l’île, et des petits cochons qui se promènent au milieu des vestiges Inka, puis il est déjà temps d’entreprendre la caminata qui nous mènera en 3h de marche de l’autre côté de l’île, la partie sud, où le bateau de retour nous attend pour 16heures précises. P1070479 Notre guide et les petits cochons presque sauvages en second plan! Et cette fois ci pas moyen d’être en retard, il s’agit du dernier bateau de la journée, et une nuit dans un hôtel sur l’isla est hors de prix pour notre budget. P1070509 Qui est plat??? L’ascension du chemin de l’Inka est plaisante, même si Claire maudit bruyamment le guide qui nous a ouvertement menti en affirmant que c’était « tout plat ». On voit qu’il ne connait pas les Pays Bas! (Bon d’accord, nous non plus, mais tout de même il y a un monde entre du plat et le chemin de l’Inka !) Nous nous élevons encore de plusieurs centaines de mètres pour finalement atteindre, enchantés, le point culminant de l’île, le cerro Chequesan, à 4 075 mètres d’altitude, sous un soleil de plomb. La vue est toujours aussi enchanteresse. P1070553 Au fil de la balade nous passons différents points de contrôle des deux communautés locales qui appliquent un droit de passage sur leur territoire. Un petit garçon de 6 ans environ, avec des habits traditionnels poussiéreux et un pantalon de jogging fait un bout de chemin avec nous entre deux postes de ces gens : «Vous avez de l’argent ? » – « Oui » – « Vous allez m’en donner ? » – « Non » – … – « Où est ce que tu habites ? » Il nous indique le petit groupe de maisons de la communauté Challa en bas : « là ». – « Tu ne vas pas à l’école ? » – « Euh, pas aujourd’hui. Vous avez des bonbons ? » – « Non » – « Tu vas me donner de l’argent ?» – « Non » – « Pourquoi ? » – « Parce qu’on en a besoin pour voyager » – … « Moi aussi je voudrais voyager quand je serai grand » Et sur ces mots il fait semblant de tomber et se roule par terre. Nous lui souhaitons une bonne journée en le saluant et continuons notre route. P1070532 Nous entamons la descente et la végétation change un peu à l’approche de la partie sud : quelques arbres nous apportent une ombre fraiche bienvenue, et nous approchons du port. Il nous reste un village à traverser, le plus grand de l’île, parcouru par des mules porteuses et leur propriétaires, des touristes essoufflés, et des enfants armés de bombes à eau. La promenade se termine au pas de courses par l’escalier de l’Inka, parce qu’on est juste pour attraper le bateau. P1070586 Finalement nous retrouvons parmi la myriade d’embarcation la compagnie Andes Amazonia. Nous sommes encore une fois un peu en retard sur les horaires, et une famille de passagers se disputent avec les bateliers en criant qu’ils ont un bus à prendre pour rejoindre l’aéroport de Cuzco. Un débat s’installe et c’est assez rigolo, d’un point de vue extérieur bien sûr. P1070609 L’escalier de l’Inka Nous rejoignons lentement Copacabana, l’odeur du carburant omniprésente dans le bateau, ce qui n’empêche une Claire crevée de faire une sieste réparatrice (les 8 km à 4000 mètres ça décape !) pendant qu’Arnaud tente de capturer l’âme d’une mouette, se servant du toit de l’embarcation comme mirador. Nous sommes tous deux ravis de cette virée et dormons très bien cette nuit-là, non sans profiter d’un coucher de soleil magnifique sur le lac. P1070646P1070649 Au revoir Bolivie ! Notre dernier jour en Bolivie se passe de la meilleur façon qui soit, en terrasse, une truite dans notre assiette, juste en face du lac Titicaca, que nous avons été si heureux de rencontrer ! Quel plaisir de voir l’horizon, de loger dans une ville encerclée par la nature et de sentir l’air frais du plus haut lac navigable du monde. Surtout après avoir inhalé les gaz d’échappements de La Paz. P1070688 C’est en plus jour de fête dans la ville puisque le Carnaval bat son plein et que les groupes de danseurs se succèdent et s’étirent pour former un long défilé qui s’étend de la place principale jusqu’aux rives bondées du lac. P1070656P1070658 Les participants ont de 0 à un âge fort avancé, et tous arborent les couleurs criardes de la joie et les festivités se prolongent toute la journée au rythme des animations, des concerts et des repas partagés entre voisins, amis et inconnus. P1070680 Mais il est temps de se dire au revoir, et avec tout ce remue-ménage notre bus a été chassé de la station habituelle dans une rue un peu plus loin. Nous préparons sous les ordres du conducteur nos papiers et bagages en vue du voyage et surtout du passage frontière. Nous remplissons donc un court formulaire dont l’objectif est de s’assurer que nous ne souhaitons pas faire de trafic, et finissons pas partir. Mais en fait un faux départ puisque nous sommes arrêtés quelques mètres plus loin par des villageois en liesse qui bloquent la route. P1070684P1070787 Mais le chauffeur bolivien n’est jamais à court d’idée, et après avoir refait le chemin parcouru en marche arrière, nous empruntons une route de terre qui nous mène sans trop d’encombre à la frontière. Nous montrons passeport et d’officieusement dénommé « papel de mierda » que nous avons eu à l’entrée dans le pays puis remplissons les formalités d’entrée de l’autre côté du pont. Le poste frontière péruvien est constellé de papiers d’information, dont un énorme : « EL SERVICIO DE IMMIGRACION ES GRATUITO » qui se passe de commentaire. Et après une demi-heure environ, une pause pipi et deux Twix achetés pour le voyage pour liquider nos derniers bolivianos, nous nous enfonçons davantage en terre péruvienne, de nouveau sur la route. P1070783 L’heure change d’une heure encore et nous tentons somme nos compagnons de voyage de dormir. Pas évident quand le chauffeur s’arrête plusieurs fois au cours de la nuit pour prendre des passagers en plus, qu’il allume une fois la lumière par mégarde, et une autre la musique, une superbe « cumbia chicha » aux paroles d’amour grasses. Mais peu importe, parce que Cuzco nous voilà ! P1070750P1070729 Merci Bolivia!

5 réflexions sur “Oh la belle bleue!

  1. Coucou,
    quelles belles photos, le coucher de soleil, l’île du soleil…
    Les costumes de carnaval sont incroyables, beaux et colorés.
    Vraiment la cerise sur le gâteau serait d’éviter la tourista. Elle se pointe souvent celle-là.
    Mais je vois que cela ne vous décourage pas quant à la dégustation de toutes sortes de plats.
    Bon appétit, et gros bisous

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    • Et non nius sommes des gourmands finis!
      cela finira peut être par nous perdre mais en attendant qu’est ce que c’est bon! Gros bisous merci encore pour vos retours sur le blog! Bisous

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  2. coucou à vous 2
    cela a du vous faire du bien de voir un peu de bleu, belles plages et beaux couchers de soleil. Je vois que l’aventure est toujours au rendez-vous. Les costumes boliviens sublimes !
    Je vais m’empresser de lire votre récit qui débute pour mars qui doit être tout aussi captivant….
    merci à vous et gros bisous

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