Un Inca dans la ville

Nous y voici enfin ! Bienvenue à tous!

Where we discover that we can fly, where we saw beautiful landscapes and had numerous adventures in the jungle, on the way to the mystic Machu Picchu! The trek was a great opportunity to meet a lot of people from all over the world and we had good moment with the poeple of our group, thanks to all of them for this! The city of Machu Picchu on her self is amazing, it is really impressive to see this enormeous bulding, a complete city of this incridible civilisation of Incas.

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Ya si!! Fuimos a Machu Picchu! Por el camino de la selva, vimos a cosas muy lindas, encontrabamos a personas de muchos paises ahi, y fue un momento increible. Las diferentes actividades, bici, caminata y tirolinea, nos traeron finalmente a este momunento de la civilisacion Inca, Machu Picchu. Estaba una descubierta impressionante de las bellas ruinas arriba de esta montana que ofrece una vista unica sobre la valle.

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Plan de la ville de Machu Picchu

L’article que vous attendez tous est arrivé !!! (Il n’a jamais qu’un mois et demi de retard^^). Je vais enfin vous parler de notre road trip direction Machu Picchu !!! Avant de vous dire à quel point on en a bavé et c’était génial, je vais vous faire un p’tit topo Machu Picchu au cas où l’Histoire vous intéresse. Ce qu’il faut savoir au sujet de ce grand ensemble de bâtiments Inca, ou le Machu Picchu pour les nuls : Ce n’est pas une ville en tant que telle mais un palais royal, de taille assez impressionnante et dans un lieu plutôt extraordinaire. Son vrai nom Inca (si jamais il en a eu un un jour) a été perdu dans les méandres du temps et il a donc été nommé en fonction de l’une des deux montagnes qui le surplombe : le Machu picchu, ce qui signifie la vielle montagne (oui parce qu’il y a aussi une jeune montagne, le wayna picchu). Sa construction aurait été ordonnée par Pachacutec aux alentours de 1440 afin que cela devienne sa résidence, et celle de sa famille, mais également un sanctuaire très important dans l’empire Inca en parallèle avec Cusco (le centre du monde pour les Incas on vous le rappelle.) Pour plus d’information, je vous laisserai lire ou relire l’article sur Cusco.

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Pas mal les blocs Machu Picchutesques, hein?

Le site a été choisi avec précision, non seulement parce que tous les matériaux nécessaire à une grande construction étaient présents sur le site, mais aussi de par sa position naturelle élevée et unique, invisible depuis la vallée. Ce qui est d’autant plus vrai que les espagnols n’ont jamais découvert cette cité. C’est aussi pour cette raison que l’on ne connait pas son nom d’origine, puisqu’une grande partie de notre connaissance des Incas vient de ce que les conquistadors ont pu écrire dans leurs carnets, recoupés avec les travaux d’archéologie.

Car c’est un archéologue qui va faire la découverte scientifique de l’ancienne cité Inca, mais par hasard : c’est une autre ville qu’il cherche, la cité perdue des Incas, la dernière de cette civilisation. Le 24 juillet 1911, l’explorateur Hiram Bingham, financé pour une grande partie par l’Université de Yale, National Géographic et Tiffany, entre dans la cité de Machu Picchu conduit par un jeune garçon du cru. Il existe de nombreuses discussions autour de la découverte du site, cependant ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que Bingham, s’il est sûr qu’il n’a pas été le premier à y mettre le pied, fut en revanche l’homme qui a fait connaitre au monde entier cette architecture extraordinaire, et plus encore, en a fait un mythe. « Alors que j’examinais les grands blocs de la ligne inférieure et calculais qu’ils devaient peser entre 10 et 15 tonnes chacun, je ne pouvais pas en croire mes yeux. Quelqu’un allait-il croire ce que je venais de découvrir ? Heureusement (…), j’avais un bon appareil photo et le soleil brillait » Issu du carnet de Hiram Bingham. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/07/01/l-invention-du-machu-picchu_1543456_3222.html#1yJW6KeBivAd21me.99

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Hiram Bingham

C’est bien ce qu’est aujourd’hui Machu Picchu, les blocs de pierres de 10 ou 15 tonnes assemblées en fantastiques labyrinthes pour la compréhension moderne ne sont plus vues pour elles-mêmes, mais pour la légende Inca qui a été répandue à travers le monde, et qui inspire respect et rêves de tous. Il n’y a qu’à regarder l’engouement de populations de toutes les couleurs à l’entrée du site. Machu Picchu est donc un objet de convoitise également, et il va sans dire qu’il existe toujours des conflits non seulement entre universités, mais aussi à l’échelle internationale, étant donné que le Pérou et ses scientifiques souhaiteraient récupérer toutes les pièces archéologiques qui sont en possession de l’Université de Yale. Celle-ci c’était vue accorder un droit de détention de ces objets et ossements pendant 5 ans à des fins d’études, aujourd’hui et des dizaines d’année après, toutes n’ont pas rejoindre leur région natale, comme en témoigne le musée du Machu Picchu de Cuzco, dont de nombreuses salles sont quasiment vides… Bref, nous, pauvres humains du (déjà !) XXIème siècle, on brulait de découvrir à notre tour Machu Picchu, voici notre histoire, et notre propre expérience de cet endroit.

Premier jour : Descente en vélo et Santa Maria

La longue route vers Machu Picchu, sur les traces réanimées des Incas. Concernant le voyage en tant que tel, il commence de manière tout à fait originale… nous recevons un appel de la part de notre agence (oui je sais ça commence un peu comme pour la jungle^^) qui nous dit cette fois-ci, non pas que nous sommes en retard, mais que eux seraient un peu en avance ! Le départ sera « légèrement » avancé, de 7h à… 2 h du matin !!! Sur le coup nous obtenons peu d’information et nous nous empressons d’aller au lit : la nuit sera courte^^ ! Quelques heures plus tard, nous nous retrouvons donc dans un mini bus (ouf ce n’était pas une blague !) où l’on nous explique enfin de quoi il retourne : une grève et une manifestation sont prévues aujourd’hui.

A dire comme cela on pourrait penser que ce n’est pas une raison pour faire partir les gens 5 heures plus tôt que prévu, mais notre guide nous détrompe en nous disant qu’ici, quand il y a une manifestation, les gens bloquent TOUTES les routes et de nombreuses violences sont à prendre en compte, jet de pierres, troncs sur les routes, vandalisme dans les magasins… « C’est toujours embêtant d’avoir le parebrise cassé »… mais il tente de nous rassurer : « avant c’était dangereux pour les touristes de sortir mais aujourd’hui les péruviens ce sont calmés, en plus c’est pour ça qu’on part plus tôt on n’aura pas de problèmes ! »… On est assez surpris tout de même et on demande pourquoi la police n’intervient pas. Le guide nous fait alors cette réponse qui apparemment explique tout : « ils sont tous mobilisés pour protéger le terminal de bus et l’aéroport… » Quelques kilomètres plus loin, d’énormes rochers sont posés en plein milieu de la route, nous bloquant le passage. Notre guilde semble extrêmement étonné (et nous aussi^^) et nous lui proposons de déplacer les pierres. « Surtout pas ! Ils nous attendent au prochain virage avec des cailloux !!! » Nous empruntons alors un autre chemin, de terre, où nous tombons cette fois-ci sur un « barrage » en train d’être installé. Notre guide est du coin, et parvient à convaincre les « manifestants » de nous laisser passer. Le bus avance lentement et les visages de ses gens armés de bâtons qui défilent devant la fenêtre ne sont pas spécialement rassurants… Mais nous finissons par passer.

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Arrivée au petit matin à Abra Malaga, 4 300 mètres

Nous sommes presque arrivés au bout de nos peines ; nous prenons une raccourcis et tombons sur un train au milieu du chemin, nous faisons donc demi-tour, et empruntant une autre route nous passons sur un pont peu recommandable… qui finit tout de même par nous conduire sur la bonne route. Cette aventure aura tout de même eu un avantage non négligeable : la grève a découragé pas mal de touristes, et en a arrêté d’autres plus téméraires, ce qui fait que seuls peu de groupes feront le trek en même temps que nous, un luxe étant donné la renommée de la région. Nous nous arrêtons donc vers 4h du matin pour une pause, afin de ne pas arriver trop tôt au sommet de la montagne (la température au sommet est glaciale à cette heure-là) qui sera le vrai commencement de notre périple vers le trésor Inca.

Sexy lama, à vos vélos !

Car l’idée, c’est de descendre en vélo, de tout en haut (Abra Malaga, 4300 mètres) à tout en bas ou presque (Santa Maria, 1250 mètres), le tout sur 76 km, que l’on fera en un peu moins de 4 heures, avec des pauses. On devine une fois là-haut que les paysages sont sublimes, mais le brouillard nous les cache un peu. Nous nous équipons en protections (dorsale, gants, casques, et gilets fluos) et en bicyclettes, pas toujours facile de trouver chaussure à son pied, celles-ci ont clairement déjà vécu plusieurs vies… Mais on finit par s’engager dans la descente, non sans avoir au préalable reçu les recommandations de notre guide, qui porte, pour l’occasion, un magnifique bonnet péruvien en laine de toutes les couleurs. « Je vous préviens, il y a régulièrement des chutes, des coudes et des dents cassées, alors on ne va pas vite, on me suit, et surtout on tient sa droite, parce que les camions ici aiment les cyclistes sur leur parebrise… », il répète le tout en anglais et ajoute « je suis là pour vous emmener au Machu Picchu, et mon boulot, c’est que tout le monde le voit dans cette vie, pas dans l’autre monde alors si vous avez un problème, vous vous mettez sur le bas-côté, et vous faites signe à la voiture-balais ». Sur-ce il nous lance un joyeux « Let’s go sexy lamas ! » et on s’élance à sa suite.

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Ya plus qu’à descendre!

Les bords de route sont verts et des vaches y paissent mollement. Arnaud est trop heureux sur son vélo, et moi je serre les fesses sans me soucier le moins du monde des courbatures qui pourraient m’assaillir par la suite. La descente et plutôt raide, je n’ai que moyennement confiance en mes freins, on ne voit pas à 100 mètres, et surtout, aucun souvenir de la dernière fois que je montée sur un vélo… Arnaud me crie de ne pas laisser mes doigts constamment sur le frein, je me laisse donc aller à intervalles réguliers avant de remettre un coup de frein. Certains nous dépassent, j’en double d’autres. Contents d’avoir des gants, la falaise à notre droite est grise comme le coton qui nous entoure, et la route nous réserve parfois au détour d’un virage des pans de roche de petite à moyenne taille sur la route. C’est grâce à cette occasion, cependant, que nous avons appris le mot « derrumbe » en espagnol, qui signifie chute de pierre. Au fur et à mesure de la descente, la pluie se montre ce qui ajoute un peu à la difficulté.

Aaron, l’un des copains de notre groupe, qui a refusé de mettre son casque et descendait à toute vitesse, se prend un vol mémorable à la sortie d’un pont sur une portion de route beaucoup plus défoncée que la normale. Heureusement malgré une réalisation parfaite du soleil il ne se fait pas grand mal. Mais c’est à la fin d’une pente raide que nous traversons le premier cours d’eau d’une longue série par la suite. Arnaud hurle un truc du genre fonce sinon tu vas tomber dedans!, alors j’accélère, et je parviens avec une grande joie à passer la rivière sans encombre.

Nous faisons une pause dans un renfoncement de la route pour observer la vallée en contrebas, que l’on aperçoit par intermittence, le cours se dessine bien, et la végétation alentour est très touffue. La descente se poursuit encore et toujours, et nous perdons quelques membres du groupe à mesure que nous nous rapprochons du but. Plus bas la température est plus clémente, je me détends davantage mais sens Arnaud dans mes roues qui brule d’aller plus vite. Incapable de me défaire du semblant de rythme que je me suis trouvée, nous arrivons tranquillement à la prochaine étape où nous attend le guide. Nous sommes déjà beaucoup plus bas, et plus avancés dans la matinée, ce qui fait que le soleil montre le bout de son nez, et que nous y voyons beaucoup plus clair. L’appréhension de cette heure et demi s’estompe petit à petit. Nous traversons plein de cours d’eau, ce qui finit de me détremper jusqu’aux sous-vêtements. Des centaines de papillons titubent dans la chaleur naissante du jour, et rendent la rando plus agréable.

Nous choisissons à ce point de la course de continuer à pédaler, alors que la majorité de nos compagnons remontent à bord du bus. C’est que la dernière heure comporte plusieurs montées, qui découragent souvent les touristes. Mais pas nous ! Et finalement ce fut la partie la plus agréable de la matinée, le beau temps ayant pris le dessus, nous traversons de petits villages, et avons un environnement agréable de jungle luxuriante. Nous arrivons alors à la ville étape Santa Maria avec le sourire et une faim de loup ! Celle-ci ne sera d’ailleurs que peu comblée par les portions lilliputiennes qui nous seront servies…

Santa Maria : fille de l’Inka Jungle

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Voici tout les copains de gauche à droite: Arnaud et Claire, normalement vous les connaissez ces deux-là, puis vient Carlos, le guide (Pérou), et Aaron (Canada), Laurianne (France), Matthew (RU), Jack (US), Joséphine (Suède), James (US), Rebecca (US), Tic et Tac, le couple qui vient ensuite dont on ne se souvient plus du nom mais lui est israélien et elle coréenne, puis Javier et Jacintha (Chili), et enfin Dana et Gal (Israël). Bref une joyeuse bande de joyeux lurons!

Après un repas bien mérité dans le restaurant voisin de notre hôtel, nous faisons un tour en ville, ce qui ne nous apporte pas grand-chose : Santa Maria est une ville très jeune, qui n’a qu’une cinquantaine d’années et qui s’est développée presque uniquement à cause de Machu Picchu et des personnes qui se sont installées autour pour pourvoir à la demande touristique grandissante. Normalement l’après-midi de ce jour 1 est consacré au rafting sur le fleuve Vilcanota, mais étant donné que nous sommes en saison des pluies, il est trop dangereux à cette période pour être pratiqué. Nous faisons donc plus ample connaissance avec les membres de notre groupe, et lançons une partie de carte comprenant un canadien, un américain, et trois français, au président d’abord, puis à un jeu américain assez marrant, et on a eu ainsi l’occasion de réveiller tous ceux qui tentaient de faire la sieste. Pendant ce temps, nos affaires elles étaient étendues dans une tentative pour les faire sécher… Le repas du soir est servi, et nous commençons, comme toujours autant au Pérou qu’en Bolivie, par une soupe. Une des plus courantes est la criolla, un bouillon avec des œufs et des légumes coupés fins. Suit un plat de viande et les explications du guide concernant la journée du lendemain : de la marche.

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Lui a une vue imprenable

Tous au lit, donc, et nous dans notre chambre avec des amis : moustiques, ça, vous vous en doutiez, mais on a dû convaincre un cafard de ne pas rentrer dans la chambre, pas en plus des termites, quoi ! Deuxième jour, en avant, marche ! Nous partons de bonne heure pour une journée de marche, sous une pluie fine qui est la bienvenue car elle nous évite une chaleur étouffante. Nous traversons les cultures de café, de cacao, de fruits, de coca et autres plantes inconnues. Carlos, notre guide, nous en explique les fonctions de certains d’entre eux, comme par exemple un petit fruit dont l’intérieur très rouge sert de colorant. Nous avons aussi bien sûr des commentaires sur la feuille de coca, qui est très répandue ici car l’environnement est propice à son développement. Il s’agit de la plus grande source de revenu des paysans du cru, qui ramassent feuilles. Trois à quatre récoltes par an sont possibles, et c’est un travail minutieux : il s’agit de récupérer uniquement les feuilles, sans casser les bourgeons, pour ensuite les faire sécher, les trier, pour pouvoir les revendre ensuite : 20 soles le kilos pour les narcotrafiquants, moins de la moitié de ce prix pour l’industrie nationale de la coca au Pérou, qui produit des bonbons, des gâteaux, et toute sorte de produits dérivés à base de cette plante mystique.

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Le guide nous explique les caractéristiques de la coca devant un champs de cette plante

La coca, comment ça marche ?

« La pharmacologie a déterminé que la coca est riche d’un alcaloïde – la cocaïne – qui se rencontre dans une proportion de 0,2 % dans les feuilles fraîches ; la plante comporte aussi 14 alcaloïdes dont une partie a un effet salutaire sur l’organisme notamment en zones de hautes altitudes, avec la papaïne, la higrine, la benzoïne, la pectine, la pyridine ou la globuline entre autres. Lorsqu’elle est mâchée, la coca agit comme un stimulant, un coupe-faim et soif et combat la fatigue. » Éric Mollard, Annie Walter, Éditeurs scientifiques, Agricultures singulières, IRD Éditions Institut de recherche pour le développement, (Paris, 2008).

Il faut environ 20kg de feuilles de coca pour produire 1 gr de cocaïne, selon globalement le procédé suivant : hacher menu les feuilles (on se rappellera que pour une bonne cocaïne il faut de la bonne feuille de coca), ajouter du ciment pour le « liant », puis de l’ammoniac, et de l’essence pour accélérer le processus. Enfin deux touches finales avant de voir apparaitre sous forme solide la cocaine : l’acide hydrochlorique et pour équilibrer le tout du bicarbonate de sodium (comme dans les œufs en neige !) Pour ceux que ça intéresse, voici la formule chimique de la cocaïne : C17H21NO4. Céline, dis-nous si on se trompe !

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Sinon on peut aussi vivre d’amour et d’eau fraîche!

Eh oui, une vraie recette de cuisine, et comme le note rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), publié en 2010, ce qui est compliqué dans la lutte contre le trafic de drogue, c’est que sa production requiert peu de compétences techniques, et peu d’investissements financiers, puisque les solvants sont disponibles très facilement. Évidemment, cette plante est avant tout un élément culturel, complétement partie prenante des rituels des populations andines. Les indiens chiquent les feuilles de coca pour ses vertus, et utilisent du charbon médicinal comme catalyseur de ses principes actifs. Cette plante, dont seulement les feuilles contiennent de la cocaïne, est considérée comme une drogue en France. La drogue c’est mauvais, ça a de graves risques sur votre santé et développe de la dépendance, faut pas en prendre ! Payez-vous un bon resto, vous serez dépendants aussi, mais ça vaut moins cher au kilo, et c’est meilleur. Vous aurez peut-être un gros bide, mais vous n’aurez pas le problème de la narine sanguinolente. Sinon, autre option, et certains le reconnaitront : « Pif ammoniacal, déglingue, sans rayer le nez ! » https://www.youtube.com/watch?v=6oeSrlFXG-c

Retour dans la jungle après cette parenthèse

Donc retour dans la jungle là où on vous a laissé. Après avoir observé les pieds de coca, et dépités certains sur la teneur en cocaïne de chaque feuille, nous reprenons notre route, et ça monte raide. Heureusement nous avons plusieurs pauses aménagés : des fermiers qui ont prévu un toit et des rafraichissements à vendre aux touristes. Ils ont aussi des animaux, en particuliers des singes et même un apprivoisé. Nous en profitons pour boire un jus de maracuya super frais (fruit de la passion) et faire le plein de café et pâte de cacao.

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Arnaud avec un nouveau copain rencontré sur chez des hôtes de l’Inca Jungle, qui savent bien qu’on a jamais vu de ce gros castor plutôt sympa et rapide pour sa taille!

Nous rions beaucoup avec nos nouveaux copains de route, en particulier James, qui a pour l’occasion du trek revêtu ses plus beaux atours : un poncho de pluie immense et des crocs, pas idéales pour marcher… On se moque gentiment de lui, tout en l’admirant de la performance, pas facile de marcher dans la jungle avec ça ! L’ascension reprend au milieu des arbres et des fleurs de tous genres, et nous croisons un groupe de femmes occupées à débroussailler le chemin sur lequel nous passons. Il est clair que cette route est un sacré gagne-pain pour les familles qui vivent si loin de la civilisation. Nous finissons (et Claire à bout de souffle) par déboucher sur le chemin de l’Inca, reste de chemin en pierre utilisé par les Inca pour envoyer des messages par coursiers d’un point à un autre. Nous avons de là un spectaculaire point de vue sur la vallée et le fleuve en contre-bas… très en contre bas car le chemin est à pic, et ce qui est sûr, c’est que les Incas ne devaient pas chausser plus grand que du 31! Leurs marches sont minuscules. Nous arrivons ainsi sur un point de vue magnifique et profitons de ce répit pour admirer le paysage.

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Vu sur le fleuve… On était là-bas ce matin!

Il commence à faire faim et nous pressons Carlos de rejoindre le point de restauration, nous avons le droit là-bas à un beau soleil revenu, et un plat de pâtes à peine suffisant à caler nos estomac. On nous sert dans une maison où une mégère manage tout d’une main de maitre, réclamant 10 soles à tout va. Requinqués tout de même par cette nourriture, nous voilà tout joyeux de reprendre notre route au milieu des bananiers et des mille pattes (qu’ils appellent eux les cent pattes). Nous traversons un pont pas spécialement sécurisé, auquel manque des planches, au-dessus du fleuve furieux.

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Ne regarde pas en bas! Comment ça le pont bouge?

Les fruits abondent et nous goutons in vivo les fruits à portée de main. Malheureusement notre collègue française et nouvelle copine Laurianne aura la malchance de rester stationnée trop longtemps au-dessus d’une fourmilière, ce qui nous vaudra le record du monde de vitesse d’enlevage de chaussures !

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Hoooooo hisssse!!! (la saucisse!)

Vient le moment où nous découvrons le moyen par lequel nous allons une dernière fois passer le fleuve. C’est un système plutôt simple, mais assez difficile à décrire, alors le mieux, c’est encore que vous voyez les photos… Nous passons tous deux par deux, et James et Josephina, une suédoise du groupe (tous deux sujet au vertige sinon ce n’est pas drôle), partent ainsi ensemble dans un grand cri au-dessus du vide. La première partie de la traversée est rapide, car la caisse est emportée dans son élan, mais la deuxième moins, car ce sont les muscles du passeur qui font office de force mécanique. Nous attendons notre tour qui viendra en dernier puisqu’Arnaud c’est cordialement proposé pour aider notre guide à tracter la caisse. Ce qui me laisse tout le loisir d’observer les monts alentours, dont certains immenses et couverts de neiges éternelles. Magnifique.

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Finalement notre tour arrive, sauf qu’une surprise nous attend : nous ne montons pas seulement à deux, mais bien à trois, puisque notre guide se perche sur l’un des côtés de la boite ! La traversée est assez impressionnante, et carrément rustique, c’est trop cool, et en même temps ça fait quand même un peu peur. Mais chuuuut ! Faut pas le dire !

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Promenade au dessus du vide… qui se marre?

On reprend la marche, tous nous commençons à fatiguer, et pourtant nous avons une carotte : les bains d’eau thermale. Nous y arrivons enfin, et depuis le surplomb d’où nous arrivons nous avons une vue plongeante sur ce petit coin de paradis. On se change en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et nous voilà tous dans l’eau chaude, claire et transparente, sentant nos muscles se détendre et notre esprit s’évaporer en même temps que les fumées qui s’échappent des grandes cuves creusées à même le rocher. Nous partageons le complexe avec les différents groupes ayant effectués la randonnée du jour, ainsi que bon nombre de locaux, et c’est là que l’on remercie les grévistes car les bains ne sont pas bondés comme à la foire de Lyon (oui je suis chauvin^^). Arnaud, plein de ressources, fait une course avec Aaron et Jack, un américain de Boston, qui arrivera le premier juste avant Arnaud. En même temps il faut préciser que celui-ci est sportif professionnel en Baseball.

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Torrent dans la jungle

Moins d’une heure après il faut quitter ce lieu enchanteur car il est temps de reprendre la route afin d’atteindre notre logis pour la nuit. Ce sera un des moments les moins drôles du voyage car nous marcherons sur une route en terre détrempée et sans aucune lumière. Nous finirons par arriver sur place, dans la ville de Santa Terresa. Elle a un peu les mêmes caractéristiques que Santa Maria et ne recèle aucune spécificité qui mérite d’être nommée. Après un repas (frugal également… oui on a perdu du ventre sur ce voyage jusqu’au Machu Picchu), un nouvel intervenant prend la parole afin de nous proposer si nous le souhaitons une session de tyroliennes géantes ! Il nous annonce avec un accent génial : « You will do superman or superwoman ! » Nous prenons donc rendez-vous le lendemain afin de voir ce qu’il en est, l’expérience ayant l’air plutôt attractive.

Troisième journée : drôle d’oiseaux

Après un réveil plutôt matinal ; nous embarquons dans un minibus nous emmenant à quelques kilomètres de la ville. Nous enfilons un baudrier intégral, un casque, un gant et un accessoire de cuir dont nous apprendrons par la suite qu’il s’agit en fait du frein… Ainsi équipés nous partons pour une centaine de mètres de dénivelé, pour rejoindre le premier des 6 câbles composant le parcours. Le responsable nous explique les règles de sécurité et la manière d’utiliser le frein et quand le faire… Des explications qui rassureront tout le monde bien évidement… nous entendant parler entre nous ils nous demandent d’où nous venons et nous dit après savoir que nous sommes français que tout le matériel provient de France… Ce à quoi nous pensons pour nous même oui mais les normes de sécurité sont argentines ^^.

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Tous ensemble avec bob le bricoleur! (Laurianne! tu as mis ton casque de travers!)

Je ne sais pas ce que ressent un oiseau quand il se lance en vol, mais je peux vous dire que ce passage d’une montagne à l’autre sur plus de 500 m vous donne vraiment l’impression de voler ! La vallée en dessus est immense, et le vent est grisant… Enfin pour ceux qui n’ont pas eu peur de se lancer, et qui sont donc restés coincés au milieu de la ligne… En attendant que tout le monde passe, nous occupons le temps en discutant et rigolant avec nos nouveaux copains, n’est ce pas Laurianne ? « Je poulie, tu poulies, il poulit, nous poulions… ». Jack (surnommé Jack Jack) s’élance avec courage dans les premiers en nous criant « Tell my mum I love her ! »

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Vraiment un drôle d’oiseau… merci de grossir la photo pour un effet boeuf!

Pour tous ceux qui trouvent que l’accrobranche en France est trop bridé je vous recommande ce site où l’on vous proposera de vous mettre tête en bas, de tourner dans tous les sens et enfin, sur la dernière tyrolienne, où deux câbles sont montés en parallèle enfin de faire une descente en tandem, de retourner votre baudrier afin de vous attacher par le dos, pour que l’espace d’un instant vous vous preniez pour superman ! Un grand moment de bonheur surtout quand le « responsable » vous dit « alors là vous monter sur la barrière je vous attache vous vous mettez dans le vide et je vous pousse …» Claire a apprécié ce trait d’humour^^ ! On a franchement bien ri et eu quelques sueurs froides au moment de se lancer.

Après le grand frisson un petit passage aux toilettes s’impose ! Pourquoi est-ce que je vous parle de ça me direz-vous ? Et bien parce que nous avons trouvé les toilettes les plus chouettes de monde, jugez plutôt !!!

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Où comment rester très longtemps sur le trône…

Après ce bon moment, nous reprenons la route depuis une gigantesque centrale hydroélectrique pour laquelle l’homme a foré la montagne et détourné le courant de plusieurs cours d’eau. Saison des pluies aidant, le torrent a une puissance phénoménale et a même entrainé une partie de la route et un pont provisoire a été aménagé pour les randonneurs ! Et là, nous le voyons enfin ! Le Machu Picchu est enfin visible !!! Je vous parle de la montagne bien entendu, bien qu’en regardant au bon endroit, certains bouts de bâtiments composant le complexe sont d’ores et déjà visibles. Le but visé se rapproche mais de nombreux mètres (à la verticale comme à l’horizontale ^^) sont encore à parcourir!!!

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Impressionnante et forte jungle

Pour l’heure c’est un chemin le long de la voie ferrée qui nous attend avec au menu, passage de train à moins de deux mètres de nous et passage sur les ponts ferroviaires ! Ceux de nos amis proche de la SNCF apprécierons (la photo est pour toi Christophe^^). Nous longeons le torrent durant quelques heures, dont une partie sous la pluie, mais cela n’enlève rien à la beauté de la jungle qui nous environne et nous nous approchons enfin du pont d’accès au Machu Picchu. Notre guide nous fait donc un topo sur tout ce que nous aurons à faire le lendemain, à savoir lever 4h30 afin d’être à 5h devant le portail d’accès pour l’ouverture et ainsi profiter de notre guide dès les 6h du matin et faire une journée complète sur le site. Lui-même ne sera pas là le lendemain car il laisse sa place à un guide spécialisé dans la cité de l’Inca.

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Fait coucou au train… mais pas de trop près quand même!

L’arrivée à Aguas Calientes est surtout marquée par une ruée d’une grande partie du groupe sur deux pizzas taille gigantesque, on avait tellement faim ! Tout cela accompagné d’un pisco sour de l’amitié, cocktail typique du Pérou. Nous prenons tout de même notre dernier repas en en sa compagnie au cours duquel nous aurons de nouveau affaire a la compétence de notre agence…

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Mouhahahahahahahaha!!!!

Tout le monde reçoit son billet d’accès au Machu Picchu ainsi que son billet de train pour le retour… Sauf nous, ainsi que nos deux amis Aaron et Laurianne ayant pris leur trek dans la même agence que nous. La raison en est toute simple : le chef de votre agence est en vacances et il n’a pas acheté vos billets… Nous partons donc pour acheter notre billet avec l’argent du guide pendant qu’il négocie avec un ami pour prendre notre billet de train (n’étant pas au courant de nos exigences convenues avec l’agence il faudra recommencer l’opération afin de changer les horaires). Au moins, nous nous un avons un billet à notre nom, alors que tous les autres ont des billets avec des âges inventés, des nationalités ou des noms différents des leurs ! Heureusement on est au Pérou, et ça n’a pas vraiment d’importance. En tout cas le « malentendu » entant réglé nous nous reposons en attendant le réveil aux aurores…

A l’abordage !!!  »

« And so I climbed the Earth ladder, through the awful labyrinth of lost jungles, up to you, Machu Picchu. » Pablo Neruda, Heights of Machu Picchu, 1950

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Vertigineuse est l’arrivée!

Dès 4h30 nous prenons le chemin jusqu’aux portes de la montagne tant désirée vues la veille et attendons leur ouverture. Nous en profitons pour parler un peu avec nos compagnons de voyage qui eux aussi commencent à accumuler un peu de fatigue mais le jeu en vaut la chandelle ! 5h pétante ! (bon 5h15 on est en Amérique du sud quand même^^) Les portes s’ouvrent et les apprentis Incas se mettent doucement en marche dans la nuit, frontale allumée, prêt à entamer l’ascension du Machu Picchu. Les premières marches apparaissent et là on comprend que ça va être dur !!! En effet, elles sont d’une irrégularité à toute épreuve et on en vient à se demander comment étaient foutues les jambes des incas… monter dix marches, ça va. 100 ça va… surtout quand elles sont régulières ! Mais là on est parti pour en monter plus de 2000, et il n’y en a pas deux de même taille ou de même forme… et croyez moi c’est dur… deux techniques sont rapidement mise en place par vos deux aventuriers préférés : la première est de monter tout doucement mais surement (la tortue réalisée par Claire) et la seconde d’avancer à un rythme normal et d’attendre les retardataires à chaque virage (le lièvre choisit par Arnaud). On a établi ce moyen parce qu’il est impossible pour un humain normalement constitué de suivre le rythme de Claire, moi en tout cas ça me flingue les cuisses^^ !!!

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Plus tard, depuis la porte du soleil nous aurons l’occasion de voir la route empruntée pour monter jusqu’au Machu Picchu!

Petit à petit l’obscurité laisse place à une aube de grisaille mais suffisamment fraiche pour éviter de nous asphyxier. Le climat étant très humide, la moindre fraicheur est la bienvenue pour nous permettre de survivre dans cet environnement. On retrouve une fois de plus nos copains moustiques qui en profiteront cette fois-ci pour massacrer mes jambes après celle de Claire dans la Jungle… globalement sur huit jours de trek, on aura collectionné plus de 200 piqures à nous deux et bah croyez moi, ça gratte !!! Quand à Claire, je pense que pour le coup elle aura bien mérité son signe chinois de chèvre au vu le nombre de milliard de fois où elle a dû répéter, avec une ferveur amoureuse pour ces pauvres mollets labourés : « Arrête de gratter ! »

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Regarde plutôt la montagne comme elle est belle! Laquelle?

Après une heure de marche, nous atteignons enfin l’entrée de la Cité de l’Inca ! Fierté et épuisement se mêlent tandis que nous changeons de T-shirt (C’était une des recommandations les plus utiles du guide de prendre de quoi se changer, on constatera qu’il a eu raison^^). WAHHHHOUUUUUUU !!!! Ca y est, après une heure de marche, et à 7h06 le 7 mars 2015, nous sommes aux portes de MACHU PICCHU ! Le rêve est à portée de main et l’excitation est à son comble ! C’est trop cooooooooool on a un sourire bête et surtout heureux sur le visage et Claire a envie de sauter partout malgré la récente ascension… Ça c’est un signe ! On y est, on y est, on y essssssssst !!!!! Arnaud, Arnaud, Arnauuuuuud, on est à Machu Picchuuuuuuuuuuu !!!!!!!! Trop trop bien ! Nous ne sommes pas les seuls à rayonner, le couple de chiliens du groupe arrive juste après nous, ils sont supers contents aussi : ils ont travaillé tout l’été pour ce payer ce trek jusqu’à la grande cité Inca, et en arrivant au sommet, bien que ne parvenant pas à retrouver leur souffle ils poussent en cœur un grand cri de joie !

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Découverte fantasmatique d’un légende dans la brume!

La tension et l’impatience devant l’entrée est palpable, rendue physique par une conscience à la fois individuelle et collective de vivre un moment exceptionnel, d’être sur le point de découvrir une merveille mondiale, un fragment de magie né des mains de l’homme. Ainsi tout notre petit groupe se rassemble à l’entrée en attendant certains de nos nouveaux copains qui se sont fait surprendre par une tourista carabinée le jour même du Machu Picchu et qui ont donc pris le bus faisant l’ascension. Ce sera dur pour eux mais au moins ils y sont^^.

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Courage Aaron!

Aaron a un ton vert ce qui fait qu’on le voit à peine sur le fond verdoyant des cultures en terrasse, et nous apprendrons un peu plus tard que James, en proie à une crise aigüe de son estomac révolté a laissé sur le Machu Picchu un trace organique de son passage… Notre journée Machu Picchienne commence donc par… la montée de nouvelles marches bien sûr !!!

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Maison reconstruite à l’entrée du site, qui a été habitée à l’époque de la découverte scientifique du Machu Picchu

Le site n’est qu’un immense escalier et nous passerons notre journée à nous promener dans ce dédale magnifique. Magnifique nous ne le saurons qu’après car au moment de notre arrivé règne une atmosphère spectrale due à la brume qui entoure de coton les monts environnant et le palais, le plongeant dans le mystère que seul le brouillard sait donner aux vieux bâtiments. Nous retrouvons notre nouveau guide qui ne nous fera une bien piètre impression lors de ces explications en répétant sans cesse les mêmes informations tel un écolier ayant appris une petite partie de sa leçon et tente par tous les moyens de tenir son heure de présentation orale… il nous expliquera tout de même les différentes parties composant la cité mais nous connaissons la plupart des choses qu’il nous dit ayant été au préalable au musée de l’inca à Cusco. Nous en profitons pour prendre des photos tant qu’il n’y a pas trop de monde, et faire par nous-même la découverte du lieu. La citadelle est aux dimensions d’un géant, et alors que les trainées de paresseux nuages quittent comme à regret le site, on distingue mieux la configuration de l’endroit.

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Au pied de la terrasse de l’Inca

Le petit tour d’Arnaud dans les nuages

Une fois la visite guidée terminé, nous nous séparons car nous avons pris l’accès à la montagne (Machu Picchu) mais Claire ne se sent pas pour faire une seconde ascension aujourd’hui… du coup je monte seul tandis qu’elle en profite pour faire un tour plus complet du palais et approfondir le peu que nous a dit le premier guide… je vais commencer par vous parler de la monté. Une fois délesté de mon sac à dos, j’ai pu monter de manière plus confortable et ainsi profiter de la vue sans être complètement mort à chaque fois que je voulais prendre une photo… ce chemin commence dans la jungle dans une atmosphère étouffante pour finir au creux du nid d’aigle, au sommet dégarni de la vielle montagne. Tout du long, on perçoit une vue de plus en plus incroyable sur la cité et la nature environnante. A cette altitude, elle parait bien petite et bien que la main de l’homme ait fait un travail remarquable les montagnes qui l’entoure la font passer pour une simple anecdote…

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En montant vers le sommet de la montagne du Machu Picchu

Je croise de nombreux groupes, certains en train de monter faisant une pause et tentant de récupérer les poumons et le cœur qu’ils ont perdus en cours de route, les autres en descente, un sourire radieux sur les lèvres (d’avoir fini cette montée infernale), donnant totalement au hasard au premier groupe de personne une estimation du temps de montée qu’il leur reste à parcourir. Sur la fin du parcours, l’escalier devient de plus en plus à pic (et dangereux…) en même temps que la vue se transforme. Petit à petit on se rapproche plus de la carte Michelin que de la carte postale. D’un coup le sol s’aplanit enfin et le sommet est atteint. Je suis arrivé aux 3082m d’altitude qui compose le Machu Picchu. Je m’allonge donc pour prendre une petite pause car malgré tout la montée est éreintante. De là, la vue est incroyable et on se prendrait facilement pour un oiseau. Une fois que j’ai bien compris que je n’aurai pas d’’aile de sitôt, je demande à un copain grimpeur de me faire une petite photo avec le Machu Picchu vu d’en haut et une autre avec le panneau prouvant que j’étais bien arrivé en haut !

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Bonjour, c’est bien par là l’escalier pour les nuages? (stairway to heaven!)

Sur ce j’entame la descente et croyez moi c’est pas de la tarte… Parce que si les petites marches irrégulières à la montée c’est embêtant, à la descente avec le regard perdu dans le vide, pas de barrière et le vent qui commence à se lever, c’est vraiment pas drôle. Je ne suis pas vraiment sujet au vertige mais là ce n’est pas rassurant donc je prends tout mon temps au début là où la chute est la plus à craindre. Le panorama est incroyable mais je ne m’arrête pas trop pour prendre des photos car l’appel du vide est fort et j’aimerai encore visiter le monde^^ ! Une fois arrivé en bas (j’ai pu accélérer un peu en arrivant dans les arbres : ça faisait moins peur^^) je retrouve Claire qui est assise à côté de la cabane du gardien Inca mais elle va vous expliquer tout ça !!

Marche entre les ruines

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Au dessus de la cité se dessine le profil de l’Inca: un peu au dessus de ma tête on devine l’œil, puis le nez (le Huayna), puis la bouche (le baby Picchu), et enfin le menton sont parfaitement dessinés.

Pendant ce temps-là, quelque part dans la citadelle de Machu Picchu, une petit stroumpfette parcours la cité à la recherche des indices (nombreux) oubliés par le guide à propos de Machu Picchu… Je me laisse déambuler au gré des chemins et des escaliers, dans le flot des touristes aussi qui deviennent plus nombreux vers le milieu du jour. En contrebas de la montagne qui accueille Machu Picchu city, on aperçoit le train que nous avons croisé hier, le torrent, toujours aussi fougueux, et même la centrale hydroélectrique. La vue est fantastique où que les yeux se posent. Machu Picchu est divisée en deux parties : « zone urbaine », et « zone de culture », la première est une série de bâtiments qui ont été identifiés comme étant une série d’habitation pour l’Inca, sa famille et ses amis, ainsi que des lieux de cultes organisés autour d’une large zone vide qui servait de lieu de rassemblement. Aujourd’hui se sont des lamas qui habitent cette plaine verte.

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Le temple des trois fenêtres vu depuis la place principale

La partie dédiée à la culture est située sur les flancs plus escarpés de la montagne, en forme de terrasses bien connues de nous à présent. La cité était entourée de hauts remparts, afin, a priori, de la protégé des animaux sauvages qui vivent dans les parages, comme par exemple le trop mimi ours à lunettes. (C’est le préféré d’Arnaud !)

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Porte principale de la ville

Je vais vous faire une petite visite guidée dans la citadelle, alors coiffez-vous de vos plus belles plumes, mettez-vous dans la peau d’un Inca plutôt de bonne famille, habillé de rouge pour montrer son haut rang, et vous entrez dans la cité. De là, vous avez une vue directe sur le Huayna Picchu, montagne qui abrite le temple de la lune dans lequel ne pouvaient s’y rendre que l’Inca et sa femme.

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Huayna Picchu joue à cache-cache

Cette vue est belle, et en vous engageant dans la rue qui mène plus profondément dans la cité, vous dépassez les bâtiments publiques dont les blocs de pierres s’épousent parfaitement à la forme de la roche sur la gauche, à tel point qu’on croirait que la montagne est partie prenante de la cité. En descendant un escalier, nous voilà sur une première place qui ouvre plusieurs possibilités : à droite, la maison de l’Inca, palais du Premier des siens, dont la série de pièces débouche sur une grande terrasse qui laisse une vue dégagée sur le fleuve en contrebas, et l’une des quatre montagnes protectrices du site, celle de l’est. En face de l’entrée de la maison, le temple du soleil, une construction primordiale : il est bien sûr sacré et l’accès en est limité, puisqu’il recèle dans sa construction même la science de l’observation du soleil qui rythme la vie Inca. Sa forme semi-circulaire inclue différentes fenêtres permettant de déterminer le solstice d’hiver avec exactitude grâce à un système d’ombre de reflétant sur la pierre de base du temple. Les fenêtres étaient décorées d’objets en or. (Mais pas le droit d’y toucher hein 😉 c’est pour papa soleil).

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Le temple du soleil

Ce qui frappe votre regard, reste la qualité de la taille de la pierre, qui est polie et la surface à l’œil parait avoir presque la douceur de la soie. Toujours de notre promontoire, sur la petite place, on a en face la vue de la place principale, qui bénéficie d’une acoustique impressionnante, et derrière celle-ci, le quartier des « trois portes », purement utilitaire et pourtant une construction orthogonale et parfaitement symétrique, organisée autour de trois patios auxquels on accède par trois portes.

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Dans le quartier des trois portes… deux lamas se promènent 🙂

A gauche, on se dirige vers la place sacrée, impressionnante, et qui charrie encore aujourd’hui une ombre menaçante. Trois temples y sont présents, et vous encerclent : le temple principale, la chambre ornementale et le temple aux trois fenêtres qui donne sur la place principale. Derrière vous, pas d’échappatoire que la vallée à des centaines de mètres en contrebas.

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Salle des sacrifices

Les blocs disloqués du temple principal ne font que nous rappeler plus encore la taille et la précision incroyable de cette architecture aux angles droits. Les trois fenêtres sont de formes trapézoïdales, figure rassurante pour vous, personnage Inca. Des doigts divins semblent avoir percé le ciel pour déposer en douceur mais avec assurance la perfection du lego.

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Porte des trois fenêtres

Pour accéder à la petite colline qui domine la cité, on emprunte un couloir, lequel donne sur la droite un espace complètement fermé qui comporte des niches dans ces murs, au cœur de la pierre, là où étaient pratiqués les sacrifices d’animaux, particulièrement de lamas. Les rainures dans la pierre trouvent vite à vos yeux leur utilité, puisque tout un réseau d’évacuation a été conçu pour le sang. En poursuivant, on monte un minuscule escalier qui mène à une pièce maitresse du site, l’Intihuatana, dominant la ville et surtout les hommes et femmes assemblés sur la place principale, buvant la chicha (bière de maïs violet alcoolisée et sacrée).

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l’Intihuatana

Étant Inca, vous savez pertinemment que cette pierre énorme est façonnée comme l’autel du soleil, qui part sa composition et sa situation unique sur le site en fait un endroit très important, chargé de sens, et d’énergie, dit-on. Aujourd’hui il est interdit d’y toucher. On redescend avec peine vers le monde de chair et d’os, et le chemin sinueux vous ramène au bout de la place principale, et le Huyana Picchu impose sur vous son ombre gigantesque vous rappelant tranquillement votre condition mortelle. La roche sacrée n’aide pas non plus. Et pourtant en portant le regard plus loin, vers les montagnes et la forêt le cœur accélère devant la beauté du paysage et on ne peut que se sentir vivant devant ce spectacle, parce que véritablement c’est magnifique et incroyable, d’être dans cet ancien nid de l’humanité, réellement entre soleil et terre, peut-être un peu en dehors du temps !

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En continuant au bord du gouffre qui marque brutalement la fin de la ville de Machu Picchu, on remarque les constructions secondaires de l’endroit et on emprunte ce dédale pour rejoindre le quartier des trois portes, habité par… des lamas bien sûr ! Ils font partie de votre vie de tous les jours, vous, Inca, et depuis plusieurs années on les a fait prospérer sur le site et sont extrêmement utiles à la fois comme tondeuses, poubelles et, on s’en doute, attrait à touristes. Des trois portes vous pouvez parfaitement voir se détacher les trois fenêtres du temple plus en hauteur juste en face. En continuant la découverte autour de la place principale, on arrive à l’entrée d’une partie plus basse, en face de la terrasse de l’Inca. Il s’agit du quartier industriel où de nombreux artisans travaillaient les métaux par exemple, puisque de nombreux morceaux d’alliages ont été retrouvés sur le site, ainsi que les tombes des ouvriers. Un peu plus loin, le temple du condor est érigé sur un rocher qui semble défier le vide en dessous.

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Rocher du condor

Une tête de condor semble y être représentée, et autour de celui-ci se trouvent diverses niches et cellules sans issues, c’est pourquoi on l’appelle aussi le groupe des prisons. En le contournant on peut voir le fond de la vallée à pic, et la voie s’ouvre jusqu’à la limite de la zone urbaine avec les cultures car nous sortons là du même coup de la ville après en avoir fait le tour, prenant pour centre la place principale.

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Réseau d’eau

C’est un double carrefour qui s’offre à nous, celui des escaliers qui mènent d’une seule traite à la porte principale, et l’autre est le nœud d’un réseau d’eau sophistiqué qui vous permets d’avoir l’eau courante à votre porte, tout prêt de la maison de votre grand-oncle l’Inca, mais aussi d’évacuer les eaux d’égouts. En levant la tête, vous rencontrerez peut être le regard acéré du gardien, au seuil de sa cabane, sur un point de vue idéal au milieu des cultures. Prenez votre courage à deux mains et remontez moi tout ça, on se retrouve en haut pour observer juste à côté de cette construction un autre caillou intéressant : la roche funéraire, servant d’autel, un escalier étant taillé dans la pierre, et surplombe l’ancien cimetière. C’est en contemplant la ville tout entière que j’attends sous le soleil le retour de mon Inca préféré.

Entre pont et portes

Une fois retrouvés, et après une petite pause pique-nique en cachette (interdiction de manger sur le site, exception faite des lamas), nous partons à la découverte des abords du site : situé à 15 minutes de marche du site principal, le pont de l’Inca nous prouve l’habilité de leurs coureurs comme de leurs ingénieurs, car la construction défi la gravité, étant collé au mur de la falaise. Le chemin pour y parvenir est magnifique et nous avons la chance d’observer au bord du gouffre de sublimes papillons qui n’ont pas du tout le vertige. Puis nous revenons en arrière pour emprunter les pierres qui nous mènent jusqu’à la porte du soleil, autre voie pour ceux qui étaient chargés de transmettre les messages. Le paysage est magnifique, et en nous éloignant un peu du centre des activités nous profitons d’une vue panoramique sur Machu Picchu village et la route d’accès.

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Pont de l’Inca

A flanc de montagne nous nous promenons une heure sous un beau soleil qui fait briller d’autant plus cette journée incroyable. Nous rejoignons là-bas un grand groupe de touristes massés autour de la porte du soleil, mais le regard rivé sur un Machu Picchu de carte postale. Nous croisons aussi des gardiens du lieu à quatre pattes et aux pieds géniaux, qui montent en mâchouillant vers la porte que nous venons de quitter à regrets. Le site archéologique ferme à 16h, et nous nous dépêchons de refaire un troisième tour de la ville avant de la voir se refermer derrière nous, et ce malgré les protestations de nos voutes plantaires… On aurait encore eu des surprises en faisant 20 tours de plus !

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En arrivant au pont de l’Inca

Finalement nous sommes dans les derniers à partir, et nous retrouvons Laurianne à la sortie, qui est elle aussi, complètement épuisée par cette journée… nous y sommes depuis 7h, et elle a pu faire une partie où nous ne sommes pas allés : l’ascension du Huayna Picchu dans les nuages. Elle nous raconte que la montée est assez raide, et qu’un passage nécessite de ramper dans un tunnel, et là-haut se trouve le temple de la lune, duquel on voit la cité. Par la suite elle a suivi un panneau « grotte », et en est venue à se retrouver seule dans la montagne, à faire une balade de 4h. Mais c’était génial ! Cependant nous craquons pour le retour en bus, trop fatigués ! Le retour sera tranquille, dans ce train « Pérou rail » qui est réputé comme étant le plus cher du monde. Il est carrément confortable et le service est au top. On change de moyen de transport en cours de route et on monte dans un bus pour 2h en pleine nuit. Nous sommes complètement crevés, les pieds en feu, comme le nez et les joues de Claire qui ont pris en pleine poire le soleil Inca, mais heureux!

Jusqu’au bout de la nuit

Pour finir les quelques heures de ce 7 mars, nous finissons par prendre un Pisco d’anniversaire dans un bar tout indiqué: Pisco Museo! Je ne sais pas si vous avez déjà goûté le Pisco sour, mais c’est super bon! C’est alcool est donc originaire du Pérou, d’une ville portuaire du même nom sur la côte pacifique, il s’agit d’une eau de vie de raisin. Pour les amateurs rdv sur http://www.1001cocktails.com/cocktails/2241/recette-cocktail-pisco-sour.html

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Nous finissons cette journée incroyable en tête à tête, éreintés mais savourant notre joie et notre Pisco, quel chance que notre hôtel soit en face! Nous nous couchons le 8 mars, avec un grand plaisir mêlé à un immense regret. Ça y est, c’est fait…

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Enfin, terminé… Pas tout à fait! Parce que les amis, Lauriane et Jack Jack et nous, on n’a pas dit notre dernier mot, et dès le lendemain nous retrouvons nos copains qui sont encore en ville.Nous passons faire un tour chez Carmen, puis faisons un tour, visitons le marché de San Pedro, où nous goutons des beignets de patates douces d’une petite mamie ravie de nous avoir à son banc et qui exhibe fièrement c’est deux dernières dents complètement limés!

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A trois dites fruuuuuiiiiits!!!

Nous nous retrouvons le soir au MUTU pour un diner d’au revoir, puisque chacun reprend son voyage de son côté…

En tout cas merci pour ce trek incroyable, à bientôt Lolo, à bientôt Machu Picchu!

7 réflexions sur “Un Inca dans la ville

  1. Cette lecture est captivante les jeunes.
    Il faut du souffle pour vous lire car on se lève très tôt, on croise des » pas contents »…mais on retrouve vite le sourire entre les recommandations du bien manger et des pseudo superman et woman en herbe.
    Il y a le luxe avec bain d’eau chaude en pleine montagne…de la grande aventure quoi…Ensuite l’arrivée au Machu Picchu , avec beaucoup de bonheur et de vertige aussi; C’est complet, vous êtes comblés , et moi ravie de réaliser tout ce que vous avez vu.
    Gros bisous

    J'aime

    • Merci beaucoup pour cette lecture assidue! Nous sommes très contents que ça vous ait plu!
      Franchement l’épisode Machu Picchu avec le recul a été une pure merveille, même si j’en ai bavé parfois pour monter, même si il y a eu de la fatigue pour tout le monde, Cet endroit est magique!

      On vous fait de très gros bisous à bientôt 😉
      Claire et Arnaud

      J'aime

  2. Coucou!!!même en étant assise confortablement devant l’ordi je viens de vivre cette magique ascension ,j’ai les jambes qui tremblent et le coeur palpitant ,le souffle court,mes yeux ne sont pas assez grands pour tout voir et l ‘esprit appelle à la méditatio.
    Bravoooooooooo pour cette performance et au souvenir indélébile inscrits dans vos coeurs.
    les photos sont superbes comme vous deux et je comprends que l’on quitte ce lieu sacré avec nostagie.
    gros bisous à vous deux.

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    • Merci pour tes compliments, ça fait plaisir de savoir qu’on a réussi à faire passer dans le texte l’émotion de cette journée à Machu Picchu. Franchement c’était magique!
      Bisous bisous
      Claire

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  3. grandiose ce Machu Picchu ! « oh majestuoso condor de los Andes » oiseau sacré du lieu !
    toujours aussi agréable de vous lire et contents que votre voyage se passe comme vous le souhaitez même si quelques imprévus…il faut bien aussi un peu d’adrénaline. Votre petite sortie en vélo a du être bien physique aussi. En attendant vos prochaines aventures on vous fait de gros bisous à tous les 2 .
    Brigitte et Michel

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