L’océan Pacifique, le poète chilien et le passé à digérer

Nous vous souhaitons le bonjour!

Bon dia a todos!
Eso es la historia de nuestro paseo a Valparaiso y Santiago en Chile. Desde Atacama hicimos 24 horas de colectivo para llegar hasta el corazon economico del pais. Nos encanto Valparaiso y sus pasajes lindos, una cuidad llena de arte y sobre todo de imaginacion nos parece increible! Los dibujos sobre las paredes nos lleva fuera del tiempo, y fuimos caminando mucho, solo siguiendo las imagenes que nos gustaba. Visitamos una de las casas del poeta chileno Neruda, la Sebastiana, que tiene una vista maravillosa sobre el mar. Ultima etapa en Chile: Santiago, bella cuidad pero con mucha polucion. Nos surprendio el museo de Bellos Artes, un edificio grande al lado del rio que parece mucho al Petit Palais en Paris! Su barrio Paris-Londres y la Plaza de las Armas igual son muy agradables, y la architectura impressionante de diversidad. Tomamos un poco de aire con los parques de Santa Lucia y el de la Virgen del Cumbre, y ya fue la hora de regresar a Argentina! Nos vemos pronto para otras noticias! Ciao!

Hi! We hope you are all well! After San Pedro de Atacama, we were going to the economic center of Chile: Valparaiso and Santiago. We first have to say that we are very happy to know those cities wich are very different but both worth a visit. Valparaiso, its harbour and old city, all built on hills, is a heaven of colours and art. Walls and streets are painting like a very big master piece, and we had a great time walking in the streets and climbing stairs to follow the inspiration of hundreds of artists. We went to one of the house of Pablo Neruda, la Sebastiana, an impressive building with a beautiful view of the ocean. Santiago is much more polluted, because the city is surrunded by yhe Andes, but still there are several parks very pleasant such as Parque forestal or Santa Lucia. The architecture is singular, taking from Europe (we visited the Paris-London district), its own culture and the colonisation. We had a good time there, but now its time for us to get back to Argentina!

En avant pour de nouvelles aventures !

Nous quittons Atacama pour rejoindre le cœur battant du Chili, Valparaiso et Santiago. D’abord parce que ces villes sont le centre économique et culturel du pays et le centre de son pouvoir, mais aussi et surtout parce près de la moitié de la population chilien réside dans cette région, qui a l’avantage de présenter un climat méditerranéen. En outre la population est grandement composée d’immigrants venus d’Europe, on peut citer par exemple l’Espagne, l’Irlande, ou la France.

Le Chili abrite seulement 17 millions d’habitants, contre 200 millions au Brésil, qui fait figure de monstre démographique de l’Amérique Latine. Évidemment ces territoires n’ont rien à voir, et le Chili fait un peu bande à part en comparaison de ses voisins Américains. On l’a déjà dit c’est un pays qui jouit d’une économie en bonne santé et d’indicateurs sociologiques au vert, grâce notamment à l’exploitation de nombreuses ressources naturelles comme le cuivre.

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Mais nous, le cuivre, c’est pas exactement notre préoccupation principale lorsque nous arrivons à Calama, à 2h de bus de San Pedro. C’est une ville plutôt banale que nous avons déjà traversé à l’aller (vers 6h du matin…) et qui aujourd’hui et notre étape avant Valparaiso.

Nous nous mettons donc en route vers le terminal de bus (ce n’est pas le même que celui dans lequel nous sommes arrivés…). Nous demandons donc notre chemin, comme d’habitude on nous explique que c’est trop loin, il faut prendre un taxi (c’est incroyable de voir à quel point les gens en Amérique du Sud n’aiment pas marcher, ils prennent des taxis pour faire 500 mètres !). Comme à notre habitude à nous, on dit d’accord, et on y va quand même à pied.

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Hommage aux Mapuches

Et pour quelques dollars de plus…

Arrivés à destination, nous posons notre bardas sur un banc à proximité des stands des compagnies de bus, qui se trouve aussi être proche des toilettes du terminal, lesquels sont payant comme dans les 90% des endroits en Amérique du Sud. Jusque-là rien de très inhabituel pour nous. Je vais repérer quelle compagnie nous offre le meilleur prix, puis nous échangeons les places avec Arnaud : je garderai les sacs pendant que lui ira acheter nos billets chez Tur Bus, par chance il part dans moins d’une heure.

C’est alors que se passe (très vite), une scène étrange sur le banc à côté de moi. Deux hommes s’assoient, je les regarde à peine et reprends ma contemplation illuminée de nos affaires… quelques dizaines de secondes plus tard, ces deux-là se lèvent précipitamment, font tomber des billets et pièces, l’un deux part en courant, le second ramasse l’argent, avant de partir laisse un billet de 200 dollars sur le banc.

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Mais qui est le pigeon dans cette histoire?

Donc je vous refais la scène, je suis assise seule, sur un banc dans un terminal de bus avec 200 dollars à côté de moi… Je le regarde, il me regarde, et là, ça va peut-être vous paraitre étrange (ça a été le cas pour Arnaud) mais je décide de ne pas toucher ce truc (un big up à ma maman qui m’a élevée^^).

Quelques instants encore après ça, la dame pipi s’approche de moi à grands éclats de voix et m’agresse à moitié en me demandant où j’ai la tête de rester là toute seule avec tous ces sacs. Je lui réponds un « hola » de courtoisie à quoi elle surenchère : « mais j’ai vu un complice des deux hommes à côté de toi, ils distrayaient ton attention pendant que lui s’approchait pour te voler tes affaires. » Puis, apercevant le billet toujours à ma gauche, elle se rue littéralement dessus et le fourre dans sa poche.

Peu après arrive Arnaud avec nos tickets de bus, et nous voyons ensemble un homme d’âge moyen, asiatique, qui court vers les toilettes, y entre, en ressort… On comprend que c’est la victime du vol, et le pauvre homme fait les cent pas dans le terminal en regardant de droite et de gauche. Malheureusement les deux hommes ont pris la poudre d’escampette, je ne les vois plus nulle part… Leur bus est sur le point de partir quand l’homme rejoint sa famille et apparemment laisse derrière lui pas mal d’argent. Cette histoire nous a donné une leçon et nous sommes encore plus prudents avec nous affaires…

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Notre bus part peu après lui aussi et nous avons juste le temps de nous acheter quelques nems pour le voyage avant de commencer la longue descente du désert vers les terres plus hospitalières de Valparaiso.

« Ode à Valparaiso. Pablo Neruda.

Valparaiso,quelle sottise tu es,

quel fou, port fou,

quelle tête aux coteaux,

échevelée, tu ne finis pas

de te peigner, jamais

tu n’as eu le temps de t’habiller,

toujours t’a surpris, la vie,

la mort t’a réveillée,

dans une chemise,

dans de longs caleçons

avec des franges de couleurs,

nu

avec un nom

tatoué dans le ventre,

et avec un chapeau,

le tremblement de terre t’a attrapé,

tu as couru, affolée,

tu t’es brisée les ongles,

se sont mus

les eaux et les pierres,

les sentiers,la mer,

la nuit,

tu dormais

dans la terre, fatiguée

de tes navigations,

et la terre,

furieuse,

a levé sa houle

plus tempétueuse

que le violent vent marin,

la poussière te couvrait les yeux,

les flammes

brûlaient tes chaussures,

les solides maisons des banquiers

trépidaient

comme des baleines blessées,

en attendant là-haut

les maisons des pauvres

sautaient

dans le vide

comme oiseaux prisonniers

qui en essayant leurs ailes

s’inclinent.

Bientôt, Valparaiso,

marin,tu t’oublies

tes larmes,

tu reviens

peindre tes maisons,

peindre tes portes

en vert,

tes fenêtres

en jaunes,

tout,

tu le transformes,

tu es la proue rafistolée

d’un petit

et valeureux navire « 

« Valpo » : La vallée Paradis

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Après près de 24h de voyage, la ville tant attendue, la « perle du Pacifique » comme elle est appelée au XVIIIème siècle, période d’activité intense de son port, puisque c’est une ville-étape après le passage du détroit de Magellan. Par la suite l’activité du port souffre de l’ouverture du canal de Panama en 1914. C’est en 1906 que Valparaiso est durement ébranlée par un tremblement de terre de magnitude 8 et qui détruira une grande partie de la ville et emmènera avec lui de nombreux habitants.

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Musée des Beaux-arts à Valparaiso

Bien sûr quand nous arrivons chargé de nos gros sacs, du charango et de la fatigue du voyage, on ne sait encore rien de tout ça, et pourtant Valparaiso est la première ville Sud-Américaine qui nous accueille aussi bien. Une branche de l’office du tourisme est présente dans le terminal, et on nous renseigne très bien sur les quartiers où l’on peut se loger, comment y accéder. La carte que l’on nous fournit est magnifique et en couleur.

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Où nous mènent tes marches, Valparaiso?

Nous nous rapprochons du centre et commençons l’ascension de l’une des collines de la ville et tombons tout à fait par hasard sur l’hôtel Polanco. A vrai dire nous avions déjà dépassé plusieurs hôtels sans les voir, nous nous en sommes rendus compte ensuite, car trop concentrés sur la montée… On nous y offre une nuit à 10 000 pesos chiliens et nous acceptons.

C’est en défaisant nous affaires que les mauvaises surprises nous attendent : comme vous le savez déjà nous avons quitté San Pedro de Atacama juste après notre aventure sans la tempête du désert d’Atacama… Donc nos chaussures comme nos vêtements sont encore trempés, mais ça on le savait, la découverte c’est nos passeports imbibés, de même que l’appareil photo, qui refuse catégoriquement de fonctionner. Et là on dit merci Petit Palais et surtout merci à Françoise, conservatrice préventive qui m’a appris à sauver des ouvrages victimes des dégâts des eaux… Je mets en application ce que l’on m’a appris et bientôt les passeports sont mis à sécher dans les meilleures conditions possibles au vu de la situation.

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Restons dans le « zen »!

Ces nouvelles nous cassent un peu le moral, car nous devons passer la frontière bientôt pour l’Argentine, nous avons en effet rendez-vous à Bariloche dans moins d’une semaine pour du boulot… La peur de devoir rester 3 semaines pour refaire nos passeports dans ce pays qui fait pleurer notre porte-monnaie nous tenaille. On décide donc de se rassurer en envoyant un mail à l’ambassade de France au Chili.

En parcourant la palette chilienne

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En attendant une réponse, nous décidons de sortir un peu et d’aller à la découverte de la ville, la belle qui du haut de ses collines regarde le Pacifique dans les yeux. Car où que l’on soit à Valparaiso, l’océan impose sa présence, des hauteurs de la ville on le voit s’étendre, en fermant les yeux on sent sa douce odeur d’iode, et le port énorme témoigne de la dynamique que celui-ci procure aux gens d’ici, et même de plus loin, de la capitale, Santiago.

La ville est belle (pour une fois !), ses ailes sont grandes et ses plumes colorées, et elle invite à la poésie. La surprise, ce sont de nombreux bâtiments officiels magnifiques, les douanes, la navale, une architecture coloniale mélangée à l’exubérance de couleurs du port et des quartiers plus humbles.

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Je laisse l’UNESCO prendre la parole, puisque depuis 2003 le quartier historique de la ville portuaire de Valparaiso.

« La ville coloniale de Valparaíso offre un exemple de développement urbain et architectural de la fin du XIXe siècle en Amérique latine. Dans son cadre naturel en forme d’amphithéâtre, la ville se caractérise par un tissu urbain vernaculaire adapté aux collines, en contraste avec le dessin géométrique employé en plaine, et présente une unité formelle sur laquelle se détache une grande diversité de clochers d’églises. Valparaíso a bien préservé d’intéressantes infrastructures du début de l’ère industrielle, tels les nombreux « funiculaires » à flanc de colline. »

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Nous avons tout de suite opté pour la visite flânerie, l’idée, on marche dans la ville, et on va tels de petits papillons affamés, de maisons rouges en petits chemins tatoués d’imaginaire, butiner les dessins qui s’offrent à nos regards et se laissant guider par eux.

Ici, une maison rose, et là un parc parcouru de mosaïques, un escalier s’envole vers le sommet d’une colline, ou presque, et entraine avec lui ses marches qui se disputent le droit de porter le vert, l’orangé, le soleil ou un petit oiseau qui tente encore de déployer ses ailes.

De nombreux passages circulent entre les maisons séparées de forces par des pavés en rang d’oignon, repoussant et embellissant par la force de leur fond sombre les demeures qui chantent leur joie sur le grand piano de cet arc en ciel nommé Valparaiso. L’artisanat est partout et on sent que tous cherchent à s’élever, à trouver une beauté, à créer pour dénoncer, émouvoir ou tout simplement s’exposer.

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Nous faisons le circuit des passages recommandés, et tombons sous le charme de ce quartier ou l’on a envie de ressortir les slogans de mai 68, « l’imagination au pouvoir ! », « Je prends mes désirs pour des réalités car je crois en la réalité de mes désirs »  ou « Les murs ont la parole ». Entre des portes décorées, ouvertes sur des grandes grilles ornementées, on voit au loin une grande femme bleue qui occupe sans vergogne toute la hauteur d’un immeuble, un peu plus loin un immense lutin cherche à remettre ses chaussures. Depuis la rue Urriola où nous habitons, vers le quartier conception, nous passons par le paseo Yugoeslavo, paseo Gervasoni, paseo Atkinson, et leurs amis miradors, tous rivalisant les uns avec les autres.

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On monte, on monte, on dépasse un funiculaire qui gravit à grand bruit les coteaux, et de petits restaurants se découvrent, accoudés aux balustrades. Les petits hôtels leur font les yeux doux, et entre eux des étudiants en art tentent de mettre sur le papier leurs ébats.

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Et pourtant cet urbanisme qui mêle colonisation, héritage latino-américain et expression moderne, a su rester sauvage, des fleurs et arbres y poussent, parmi eux les figuiers de barbarie. Nous voyons leurs fruits dans les marchés depuis la Bolivie, et cette fois-ci Arnaud ne résiste pas à la tentation d’un cueillir un… Et bien c’était une idée… piquante ! La figue de barbarie a la particularité d’avoir de très fines et petites aiguilles (vraiment minuscules) qui aiment se planter par groupe de 10 dans votre peau et y rester… Une expérience intéressante et très initiatique… 😉

Fatigués et en ayant pris plein les yeux, nous rejoignons le bord de mer que nous longeons, à côté du métro tout neuf, le quartier du marché et plein de bruit et de fruits de tout genre, mais nous n’aurions pas voulu des poissons le ventre à l’air libre en train de cuire sur des bancs de papis édentés. L’océan n’est pas loin, rappelez-vous, et les mouettes surveillent le port tout proche.

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Nous finissons la journée par une nouvelle spécialité chilienne, très légère, dans une grande cantine répondant au fin nom de MASTODONTE, ou nous dégustions la chorillana, un plat pour deux, donc, composé de frites à sa base, puis de saucisses, de viande de porc, et enfin de fromage… Pas gras, bien sûr, et très digeste ! Cela dit cela passe très bien dans le menu avec une bonne bière du port, la bien nommée « Cerveza del puerto ».

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La Sebastiana

Le lendemain, nous souhaitons rendre hommage à un grand poète et homme politique chilien : Pablo Neruda, en allant visiter sa maison de Valparaiso. Son originalité et virtuosité s’illustre aussi dans cette maison qui est située haut dans la ville, sur le cerro Bellavista, et qui présente 5 étages. La maison, Neruda la voulait ainsi :
“Siento el cansancio de Santiago. Quiero hallar en Valparaíso una casita para vivir y escribir tranquilo. Tiene que poseer algunas condiciones. No puede estar ni muy arriba ni muy abajo. Debe ser solitaria, pero no en exceso. Vecinos, ojala invisibles. No deben verse ni escucharse. Original, pero no incómoda. Muy alada, pero firme. Ni muy grande ni muy chica. Lejos de todo pero cerca de la movilización. Independiente, pero con comercio cerca. Además tiene que ser muy barata ¿Crees que podré encontrar una casa así en Valparaíso?”, extrait de la lettre que Pablo Neruda envoya a ses amies Sara Vial et Marie Martner.

Un défi compliqué, donc, de satisfaire aux exigences du poète… et pourtant elles y parviennent, et lui présentent la maison qui deviendra après 3 ans de travaux la Sebastiana, l’une des quatre demeures de Neruda, nommée ainsi en l’honneur de son précédent propriétaire. Elle fut inaugurée le 18 septembre 1961, lors d’une fête impressionnante réunissant un grand nombre d’amis de Neruda.

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Ceux-ci purent apprécier l’architecture peu commune de la villa, sa vue sur l’océan et les maisons alentours, et ses décoration : au premier étage une immense mosaïque réalisée par une artiste amie du poète, représentant la Patagonie. L’étage suivant est une seconde entrée ornée de vieux dessins français où des pâtisseries sont nommées, des pâtés et des plats bien de chez nous ! Une pièce incroyable nous attend par la suite : le comedor, salle à manger, où Neruda a étalé ses verres en cristal multicolores, un séjour rond qui rappelle un manège de petits chevaux dont l’un de ses représentants trône au milieu, et sourit à une vache-soupière. Une grande baie vitrée s’ouvre sur la ville et son grand frère le Pacifique, et le fameux « nube » (=nuage), le fauteuil de Pablo est encore prêt à recevoir son maitre, le cuir est usé et on y voit encore la trace de l’encre verte du poète.

Un petit bar se cache à l’arrière, une pièce étrange, rose, un mélange de style où Neruda faisait son cocktail spécial à ses amis, déguisé et leur racontant des quolibets. Un toilette se trouve tout au fond, sa porte coquine a trous et miroirs nous révèle un coté joueur chez son propriétaire.

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A l’étage supérieur, la chambre à coucher est magnifique, et la vue imprenable, les objets se font plus personnels : des marines, des livres et des cartes anciennes et des boites à musique. Enfin, le bureau de l’artiste, une grande fenêtre sur l’extérieur, et une immense carte de l’Amérique Latine et un accès sur la terrasse.

Une maison étonnante et révélatrice de la personnalité de Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto. Il publie son premier livre à 19 ans, Crépuscule. Il entre dans la vie politique en devenant consul dans divers pays. Il est élu sénateur en 1945 et dirigera la campagne du candidat du parti communiste au Chili, Gonzalez Videla. Il s’avéra très bon rassembleur de foule mais lorsque celui-ci fut élu en 1946, il apparut qu’il était anti-communiste et antirépublicain. En réaction Pablo Neruda fit un discours dénonciateur nommé « J’accuse » d’après celui de Zola. Il échappe de justesse à son arrestation à la suite et part en exil. Cela le mène à visiter de nombreux autres pays, et notamment à Paris, puisqu’il entretient une relation particulière avec la France où il est ambassadeur du Chili en 1969.

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Neruda s’habitue à écrire chaque jour pour s’entrainer et à une bibliographie riche, parmi lesquels le fameux recueil de poèmes « cent sonnets d’amour ». Il obtient en 1971 le Prix Nobel de la Paix, et retourne dans son pays en 1972 en triomphe, où il soutient la candidature de Salvador Allende. Neruda meurt le 23 septembre 1973, officiellement de son cancer de la prostate qui a été décelé depuis plusieurs années, officieusement il aurait été assassiné par la « dictature » tout juste mise en place 12 jours avant, afin qu’il ne puisse pas témoigner des crimes commis par la junte de Pinochet lors du coup d’État. Nous verrons tout cela un peu plus tard plus en détails.

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Je crois détecter une inflammation de la cornée…

Neruda nous a fait voyager très loin, mais je vous rappelle qu’en sortant de la Sebastiana nous revenons à Valparaiso. Nous regardons de l’extérieur cette maison étrange, et surprenons une conversation juste à côté, un guide explique qu’un danger guette constamment les habitants de la ville : le feu. Déjà en 2014, un immense incendie a ravagé des centaines d’habitations et les pompiers ont mis près de 10 jours à venir à bout du feu. Généralement il se déclare dans les quartiers les plus hauts, et les plus pauvres.

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Nous redescendons vers le monde des mortels, (attention, c’est brutal) avec une réponse de l’ambassade de France : pour résumer, ils nous disent qu’ils n’ont pas de moyen de vérifier que nos passeports sont en état de marche, et que donc pour le savoir il faut aller à la frontière… JAJAJA (c’est la façon de rire en espagnol…).

Bref notre prochaine étape approche, Santiago, et nous partons le lendemain. Pour fêter ça, nous nous faisons des pâtes bolognaise à l’hôtel, et en dessert une de ces mangues délicieuses. Nous avons en outre la très bonne compagnie de Jules, français, 4 ans, qui fait beaucoup de blagues et aime beaucoup la mangue lui aussi !

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Santiaaaaaaaago !!!!!

Et une capitale de plus! Nous voici enfin dans la belle Santiago du Chili qui nous impressionne sur de nombreux points de vue. Imposante mais aérée et fonctionnelle, une belle architecture, un réseau de métro et de bus efficace… Certes c’est une grande ville mais c’est l’une des premières (avec Valparaiso) ou nous nous disons qu’il ferait bon s’installer ici ;-). Mais laissez-moi vous la présenter afin que vous compreniez nos sentiments!

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Sur les marches de l’histoire!

Nous arrivons après 2 heures de bus depuis Valparaiso (et oui quasiment rien pour une fois!) en bordure de la ville. Après avoir essuyé les foudres d’une employée du service touristique (qui n’en avait clairement rien à f…aire…) nous nous embarquons dans le métro ou les homologues de nos services des transports en commun se montreront plus efficaces et sympathiques en prenant le temps de nous donner le nom de notre sortie et la démarche à suivre. Malheureusement nous feront une erreur, et seront redirigés à nouveau par le service du métro! (Un merci à eux pour leur temps et leurs explications!) S’en suit une petite marche, jusqu’à notre hôtel chargé comme des dromadaires car nous possédons une excellente adresse offerte par notre pote Guillaume d’Atacama! Malheureusement, celui-ci sera complet et nous obtenons de la part du réceptionniste portugais (super sympa et parlant un très bon français!) l’adresse d’un autre hôtel à quelques pas du premier et assez sympa. Ainsi commence notre aventure dans cette grande ville!

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Presque pas polluée en plus!

De là, nous organisons dans un premier temps la suite du voyage car il nous faut déjà nous hâter, l’Argentine nous tend les bras! Nous partons alors pour une bonne petite trotte car on a besoin de se dégourdir les pattes et la station de bus est plus loin que prévu! Cela nous permet de découvrir de nombreux bâtiments dont le style rappel vraiment les grandes villes européennes.

Une grande place, la plaza de Armas, (et oui, encore une !) nous accueille le temps que nous prenions les renseignements nécessaires à notre balade. Celle-ci est vraiment impressionnante, implantée de nombreux arbres et bordée de beaux édifices dont l’illustre « municipalidad de Santiago » et la cathédrale de Santiago!

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Mairie de Santiago sur la Plaza de las Armas

Nous croiserons sur notre route la casa de la moneda où était frappé la monnaie et qui est maintenant le siège du gouvernement. Vous pouvez me croire, ce bâtiment est tellement moche qu’on a même hésité à le prendre en photo… Par contre, un très bel hommage est fait à monsieur Salvador Allende avec une grande statue à son effigie, reprenant son cri d’espoir: J’ai foi en le Chili et en sa destinée », prononcé le jour de son suicide le 11 septembre 1973, pour échapper à son assassinat par les forces de la junte d’Augusto Pinochet.

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Je profite de la statue pour laisser le professeur C. Acloque, historienne spécialiste en Chili, (^^) vous faire un petit point dictature… (N’importe quoi Arnaud, tu t’emballe mon petit !)

 Dictature ou pas dictature? Telle est la question de la grande…

Allende, toujours représenté avec ses lunettes qui seraient très à la mode aujourd’hui, fut renversé lors d’un coup d’Etat organisé par une junte militaire. A l’inverse de ce qui est couramment dit, Pinochet a rejoint qu’au dernier moment les conspirateurs : l’amiral du Chili entre autres. Peu de temps auparavant il est nommé commandant en chef de l’Armée chilienne par Allende lui-même, suite à la démission de son prédécesseur, Prats. Parce que les choses vont mal dans le pays : Allende a pris de mesures fortes socialement, augmente les salaires, cependant il doit faire face à de gros problèmes économiques, la production industrielle ne parvient pas à combler les dépenses, une balance commerciale qui devient vite déficitaire, la production alimentaire chute et l’inflation est donc au rendez-vous… La population alors manifeste. A cela il faut ajouter l’hostilité des Etats Unis, très récalcitrants à l’idée de voir le Chili devenir communiste, et qui œuvre à faire changer le gouvernement.

Le jour dit, l’armée de terre assiège le Palais de la Moneda, le président à l‘intérieur. Il refuse de se rendre, disant que le chef de l’Etat élu par le peuple ne se rend pas. Il se suicidera à la suite au bombardement du bâtiment par l’armée de l’air.

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Casa de la moneda

Si le renversement d’Allende est favorablement accueilli dans les premiers jours, on apprend vite que le Congrès a été dissout et que des répressions en court : tous ceux qui sont suspectés de s’opposer au régime nouvellement créé sont arrêtés, certains torturés. Les prisons sont rapidement pleines et on utilise le stade de Santiago comme immense camp de prisonniers. La tristement célèbre « caravane de la mort » organisée par Pinochet, parcourt le pays pour éliminer les opposants au régime.

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Pour égailler ce discours pas très drôle, voici quelques fleurs d’un parc de Santiago

Pinochet s’impose face à la junte comme le nouveau président du Chili et met en place une économie libérale : la croissance revient, et l’économie se renforce malgré un pouvoir fort et qui est aujourd’hui dit une dictature.

Le cas de Pinochet est assez étrange car c’est encore aujourd’hui une figure très contestée au sein de la société chilienne. Certains lui rendent hommage pour avoir fondé une économie dynamique dans le pays et l’avoir « sauvé » du communisme, les autres le considèrent comme un dictateur ignoble qui a été à l’origine de beaucoup de souffrance humaine et de crimes atroces.

Pinochet est élu en 1980 comme président de la République, mais en 1989 les électeurs votent pour un autre candidat : Patricio Alwyn. Pinochet reste au pouvoir via le biais de l’armée, puis comme sénateur jusqu’à sa mort en 2006.

Son immunité sera levée a de nombreuses reprises pour les crimes commis durant ses mandats
cependant il échappera à chaque fois à une condamnation, et c’est finalement sur la découverte de comptes cachés et de millions de dollars détournés qu’il va être salit aux yeux de ses soutiens.

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Lorsqu’il meurt en 2006, l’opposition des détracteurs de Pinochet « Basta de crimenes, a fuera Pinochet ! » et celles des pro-Pinochet est évidente : des milliers de chiliens viennent lui rendre hommage à Santiago alors que les autres défilent, se réjouissant de la fin de cette figure sombre de l’histoire du Chili.

…A la plus petite histoire

Pendant ce temps là, de l’autre côté de la casa de la moneda, tout aussi moche, nous croisons un monsieur bien costumé, avec un énorme sac de viande, en train de nourrir les chiens errants de la cité! Cette image nous fait rire et nous émeut, du coup on en parle :-)!

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Chapelle Cerro Lucia

Après avoir fait tout ça, vous comprendrez aisément qu’on a faim! C’est alors qu’un miracle apparaît et qu’une splendide pizzeria s’offre à nous! Si j’en parle vous vous en douter c’est parce qu’on l’a trouvé exceptionnellement bonne! Le Verace, c’est son nom, nous a offert un vrai petit bout d’Italie à l’autre bout du monde! Une pizza n’a pas suffi, on a été obligé (vous vous en doutez!) d’en reprendre une! Même conclusion! C’est donc sur cette très bonne note que nous terminons cette première journée dans la capitale chilienne.

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Le lendemain, nous savons qu’une grosse marche nous attend! Nous commençons par une visite du musée des beaux-arts où claire criera au scandale! L’architecture de celui-ci reprend en de nombreux points celle du Petit Palais à Paris où elle a travaillé! Pire encore, ils y ont intégré une verrière rappelant le grand palais!

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Le « Moyen Palais »!

Ce « Moyen Palais » aura donc de quoi surprendre n’importe quel travailleur du Petit Palais^^. A l’intérieur par contre, nous rencontrons des collections assez peu entretenues, éclectiques et pas très bien organisées, en tout cas de mon humble point de vue. De plus le musée des beaux-arts partage son espace avec les musée d’art contemporain et nous avons donc vu des choses assez incroyable et difficilement interprétable (pour moi en tout cas…).

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Avec une verrière!

Nous décidons donc dallez prendre l’air et nous nous rapprochons d’un endroit que nous n’avions pas pu voir la veille, le cerro santa Lucia. Il s’agit d’une petite colline en plein centre-ville, sur laquelle une abondante verdure est présente et au sommet de laquelle a été construit un fort. L’ensemble est très bien fait et cela donne une très bonne vue sur la ville!

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Fort du cerro Lucia

Et d’un coup d’un seul PAN!!!! Une énorme explosion se fait entendre! Après nous être remis de notre attaque cardiaque, on cherche d’où cela provient mais l’explication ne viendra pas… On se couvre la tête au cas où puis histoire d’être sûr que rien ne va nous arriver, on rentre dans l’église San Francisco pour adresser une petite prière au patron des choses qui tombent du ciel.

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Un garde devant la porte de Santa Lucia

On en profite pour découvrir la plus vieille église de Santiago qui a un style tout à fait particulier. En effet, elle possède deux nefs côte à côte, la principale avec des murs pavés et un plafond en bois d’inspiration mudéjar (le mot signifie arabe d’Espagne). La seconde est bien plus simple et conventionnelle. Ce duo de nefs se trouve au cœur d’un quartier.

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Église San Francisco

Nommé Paris-Londres du fait des noms des deux rues qui le compose d’une part mais également des bâtiments de type haussmannien que l’on peut voir ici!

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Quartier Paris-Londres

Nous retournons sur l’axe centrale de cette ville et nous assistons sur la Plaza de armas a un petit concert de musique cubaine (ou équivalent ^^). On a vraiment cette impression de ville vivante!
Nous passerons quelques instants dans la cathédrale de Santiago. Elle nous fera grande impression car très lumineuse et extrêmement bien entretenue! Toute plaquée de marbre, des statues finement ciselées, de nombreuses reliques toutes argentées et dorées et un chœur absolument magnifique! Nous sommes dans un vrai chef d’œuvre architectural.

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Cathédrale de Santiago

Nous nous rendons par la suite sur le mercado central afin de manger un morceau avec des produits frais… Erreur! Le marché a été phagocyté depuis longtemps par de nombreux restaurants dont d’impressionnants restaurants de fruits de mer! Si certains d’entre vous connaissent les halles de Lyon ils comprendront de quoi je parle^^. Nous ne mangerons rien ici car le budget est légèrement trop élevé pour nos pauvres porte-monnaie de mochilleros!

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Le marché couvert

L’ambiance est ici électrique et on essaye d’aguicher le client autant que possible! Le marché, tout fait de métal, est une immense basse cours ou piaille une quantité de gens incroyablement entassé! Mais la qualité des produits semble être là du coup il faudra revenir en tant que critique culinaire afin de tester tout ça :-). En attendant nous nous risquons à tremper les lèvres dans un « mote con huesillo », une boisson à base de thé ou sirop de pêche, complétée avec des morceaux de blé. C’est bon, c’est vrai, mais c’est sucré! Les abeilles nous tournent autour tant qu’on ne se débarrasse pas de nos verres…

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mote con huesillo

Il est temps de vous parler d’une autre curiosité de Santiago! De nombreuses villes de par le monde ont sur leur hauteur un Christ gigantesque… Rio de Janeiro, Cochabamba et bien d’autre… Par contre, peu (ou pas) possède une vierge… Ainsi nous décidons de l’ascension du cerro San Cristóbal au sommet duquel se trouve la Virgen Cumbre. Bon, quand on parle d’ascension je me suis peut-être un peu emballé… Il culmine à l’incroyable altitude de 880 m :-)!

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Virgen de la cumbre

Mais c’est une ballade super sympa qui donne l’impression de sortir complètement de la ville et qui une fois arrivé nous donne une splendide vue sur celle-ci. Le chemin monte régulièrement jusqu’à atteindre ce qui n’est pas qu’une vierge mais bien une église en plein air! Le lieu est plutôt connu de la communauté religieuse car le pape Jean Paul II y a célébré une messe en 1987. Le lieu est toutefois propice à la petite délinquance et sur le chemin du retour un cycliste nous conseille de faire attention car il a vu des voleurs un peu plus bas… Rien ne nous arrivera mais il faut savoir que certains coins de ce pays restent très « latino-américains » et qu’il faut faire malgré tout attention à sa sécurité. Nous récupérons nos affaires sans encombre à l’hôtel, prêts pour retourner dans le métro de Santiago, mais cette fois ci en sachant où l’on va.

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Au revoir Santiago!

Nous prenons notre bus le soir même, une grosse boule au ventre : passerons-nous la frontière chilienne après notre aventure atacamienne ? Autant dire que même si on a pris très tard le bus, impossible de dormir jusqu’à l’arrivée à la frontière, à plus d’1h du matin, à plus de 4000 mètres d’altitude, à la queue leuleu par ordre de numéro de siège…

Claire passe la première, moi ensuite et… ça passe ! YOUPI !!! En route vers Mendoza, nous sommes de retour Argentina !

9 réflexions sur “L’océan Pacifique, le poète chilien et le passé à digérer

  1. Les couleurs de ce reportage sont chaudes et invitent au voyage. Merci , ce sont 2 villes vraiment lumineuses et surprenantes par leurs copies architecturales ( Petit Palais…)
    On a envie de se fondre dans les photos pour s’y balader.
    Le gardien de la porte Santa Lucia m’ a beaucoup impressionnée.
    Youpi ça continue: dans la suite des aventures de nos explorateurs préférés.
    Gros BISOUS

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  2. Eh arnaud tu vas te souvenir à quoi ça ressemble une infection de la cornée ?
    Tu sais depuis que tu es parti l’oeil bionic c’est banal !
    ^^
    Bisous les enfants profitez bien et revenez-nous vite ( avec toutes vos affaires et vos passeports si possible !!)

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    • Je te signale que je lis tous les jours le Borish…^^ donc ton infection cornéenne je te dis quand tu veux à quelle micro organisme elle est due!!! 🙂 les passeport sont déjà mourru dans le desert d atacama (trop de pluie. ..) et les fringues se desquament les unes après les autres… on est bon pour se refaire une garde robe en rentrant… bisou a vous deux plus une p’tite pour Richard et fait en sorte que l’optometrie soit légale quand je reviens!

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      • coucou!!non non je ne vous ai pas oublié!!!mais depuis que Céline avait le bras droit immobilisé pour le coup j ‘étais mobilisée!!
        en tout cas bravo pour le poème ,les couleurs et le récit de Valparaiso m ont encore une fois
        séduite le reste du pays n’est pas en reste. profitez en car si maintenant je peux moins faire votre blog me permet de m’évader et c’est vraiment à votre âge qu’il faut faire.
        nous passons une période de chaleur qui varie de 40° à 32 normal c’est l’été.Pas mal la sébastiana!!!!!!! gros bisous à vous deux

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  3. coucou de cabariot

    je suis régulièrement de vos nouvelles par maman , je vois que vous profiter bien beaucoup de souvenir.
    continuer a vous porter bien , toujours avec des découvertes.
    nous vous embrassons tous la famille bernard marie jean-luc et moi

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    • Je passe le bonjour à Cabariot!
      J’espère que vous allez bien et merci pour ton message! Nous sommes encore sur la route pour quelques mois et on en profite au max!
      Merci de lire le blog 😉
      A bientôt!
      Claire

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