L’Hostel ambulant de Bariloche ou quand les voyageurs nous transportent

Entrez, entrez, chers lecteurs, nous avons des mots pour tout le monde !

Pour la première fois dans l’histoire du blog, nous racontons UN MOIS entier de nos aventures en un seul article, alors vous pouvez prendre votre temps, ce sont plein de petites anecdotes chronologiques ! Bonne lecture.

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Comment ça on mange des glaces? Vous avez dû vous tromper…

Hola companeros bravos, los que quieren acompanarnos sobre nuestra ruta ! Eso es la historia de un mes a Bariloche, a trabajar en el hostel Punto Sur, donde pueden encontrar al maestro asador Martin, y a comer chocolate paseando al lado del lago Nahuel Huapi. No hay mucho que decir sino que fue un gran momento : trabajo si habia, pero mas que todo, vanmos a acordarnos de la buena onda de este lugar, de los paisajes maravillosos del Cerro Cathedral, de los amigos que encontravamos alli, y por fin de los cursos de tango que empezamos en Bariloche !

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De gauche à droite Facundo, Mauro, Guido, Jainen, Jose, copain inconnu, Maryana, John, Adriano, et moi!

Hey you english speaker friends ! this time we reached Bariloche where we worked in the Martin’s hostel : Punto Sur. It was such a great experience and we want to thank him for our time there ! Bariloche is the argentinian swissland and we found there everything to makes us think about europe and precisly swiss : wooden house, mountain and CHOCOLATE !!! yeah you will find there the best chocolate of argentina (not the best of the world you’re not really in swissland ^^). We went biking and hiking in this incredible place, to the top of the cerro catédral, to the cerro campanario, and we saw this wonderful lakes region of the argentinian patagonia ! dear friends this is a place where you can think that god made a good work after all ^^. Thank you once more for reading us and see you for the next article !!

GRACIAS A TODOS LOS AMIGOS/THANKS TO ALL OUR FRIENDS : martin, marina, kémi, maryana, charlotte, adriano, florian, mauro, guido, fernando, sebastian, roman, hainen, jose, facu, guillaume, phillip, john, hadas, stricknadel (ça veut dire aiguille à tricoter en allemand et ça réfère à un couple d’allemand absolument génial, alina et jonas!!), our 4 germans friends (polly and vanessa and sorry girls i miss 2 of your name…), the nices israelies people we met, and all the guys and girls we forget but that we love !

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Retour en Argentine : notre passage à Mendoza

Ami œnophile bonjour! Nous voici à présent dans la ville qui peut faire rêver français et autres copains amateurs de vin! La région viticole de Mendoza nous accueille et avec elle ses crus aux noms parfois chantants à l’oreille francophone! De nombreuses bodegas sont ici présentes et sont tenues par des français ou descendants de français dont le mal du pays a été compensé par l’appellation donnée au produit de leur vigne se référant à de grands châteaux occitans ou de fameuses maisons burgondes ! Cela n’empêche pas de voir également des noms d’origine italienne dont la passion pour le vin est également forte et dont les familles sont venues s’installer en masse sur ce continent de nombreux siècles auparavant.

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Mendoza nous ouvre les bras donc pour une très courte période car nous sommes attendus plus au sud! Nous attendions peu de cette ville argentine car Buenos Aires nous ayant fortement déçus par son mauvais état, nous pensions que toutes les grandes villes allaient se montrer aussi délabrées… Nous avons dû revoir notre jugement car il s’agit d’une ville plutôt propre et bien tenue dans laquelle les conducteurs n’essayent pas de vous tuer à chaque carrefour. Bien plus petite que la capitale et du coup bien plus agréable à vivre. L’architecture est beaucoup plus basse et on se retrouve moins « enfermé ». C’est à ce moment de nos aventures l’une de nos grandes villes préférées d’Argentine!

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Celle-ci possède par ailleurs un gigantesque parc où se retrouvent les mendocinos le weekend pour faire un asado, courir, se promener et bien d’autres choses car c’est un véritable espace multi sport au milieu duquel trône un point d’eau pas super propre mais ça ira bien pour ce qu’on y fait : non pas de la baignade mais du pédalo. La piscine quant à elle se situe juste en arrière et est apparemment très fréquentée (estimation au bruit :-)) à moins que cela vienne de la salle de zumba juste au-dessus. Un zoo se trouve un peu plus loin, mais pas besoin d’y aller car une petite fille qui est là en vacances dans le même hôtel que nous nous a déjà tout raconté là-dessus avec force de photos 😉

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L’entrée est marquée par des grilles dorées fines et plutôt agréables à l’œil, on y trouve une exposition de vieilles voitures du club automobile du coin.
Nous profitons de cet instant de tranquillité afin de faire une sieste dans l’herbe, la musique d’un carrousel tout proche nous berce, et même les chiens qui viennent nous renifler n’ont pas eu raison de notre sommeil, car les nombreuses heures de bus commencent à entamer notre résistance. C’est après ce petit moment d’insouciance que nous prenons la voie du terminal de bus afin, une fois encore de faire une chevauchée fantastique de 20 heures afin d’atteindre Bariloche, la Chamonix Argentine.

En arrivant nous sommes heureux, il y a des montagnes, des chalets partout, un petit air de joie dans l’atmosphère. Cela fait bien 30 minutes que nous avons vu le panneau Bariloche et nous sommes tout redressés sur nos sièges, prêts et même impatients d’en découdre avec ce nouvel univers. Les paysages que nous avons vus ces dernières heures par la fenêtre du bus ne nous ont pas beaucoup retenus dans notre envie de descendre tout de suite de notre lit roulant.

San Carlos de Bariloche, la « Suisse andine »

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Alors, où est-ce que l’on est tombé d’après vous?

Juste une petite parenthèse pour donner quelques données sur cette ville où nous allons passer le mois d’avril. Fondée officiellement en 1902, le premier habitant est en fait… un suisse du nom de… Carlos Wiederhold ! Et comme ceci explique cela, « Bariloche » serait un mot dérivé de la langue des Mapuches signifiant « l’homme de l’autre côté de la montagne ». Les Mapuches sont le peuple originel de la région dont la culture s’étant dans une grande partie de la Patagonie, aujourd’hui encore, cette influence est répartie entre l’Argentine et le Chili.

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Vue sur Bariloche

Bariloche a pour écrin un coin de nature hors du commun, une Patagonie sauvage et immense : ce n’est pas pour rien que le premier parc national d’Argentine a été créé ici, et a pris le nom du lac, Nahuel Huapi. Dès 1981 le parc fut déclaré Patrimoine mondial de l’Humanité. Ce paysage est dominé par le « Cerro Tronador », le plus haut sommet de la région est un ancien volcan qui culmine à plus de 3 550 mètres d’altitude. Plus accessible, le « Cerro Cathedral » accueille en hiver les skieurs de toute l’Amérique latine et au-delà, et a largement contribué à rendre célèbre la ville de Bariloche.

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Mais San Carlos de Bariloche c’est aussi une culture germanique forte, étant donné que des communautés allemandes y sont installées depuis des générations. Dans un registre plus sombre, ce fut aussi un refuge pour de nombreux nazis à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, sous le régime de Perón en Argentine. Pour plus d’information sur cette page de l’histoire voir l’article en lien.

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Cathédrale de Bariloche, très jolie et assez surprenante

De cette culture européenne est née l’identité de Bariloche : les meilleurs symboles seraient pour nous le « centro civico », le cœur historique et administratif de la ville, dont l’architecture parle d’elle-même, vient ensuite les nombreuses bières artisanales brassées ici, et enfin le chocolat. Et ces deux derniers points sont de très bonnes nouvelles, car l’Argentine jusque-là ne nous a pas convaincu par la qualité de sa chocolaterie ni de ses brasseurs.

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La pierre de la région et le béton sont les principaux matériaux de construction

Bien arrivés à Punto Sur, royaume de l’asador Martin !

Après deux mois presque jour pour jour de pérégrinations en Bolivie, au Pérou, au Chili, l’Argentine est donc de nouveau notre terrain de jeu, ou plutôt notre terrain de travail puisqu’il est temps pour nous de nous remettre à bosser… Mine de crayon ça va nous faire du bien de nous poser un mois ici, et on sent déjà un parfum doux et plein de promesses à l’approche de Bariloche. Bref, on est content d’être là, et c’est dans cet état d’esprit que nous arrivons. Les transports en commun doivent nous conduire depuis le terminal de bus, un peu à l’écart du centre, jusqu’au centre en lui-même, sauf que manque de bol, nous loupons l’arrêt, et nous retrouvons trop loin… dans l’autre sens ! On commence à marcher, mais très vite on se rend compte qu’avec la chaleur qui fait, les gros sacs sur le dos, on ne pourra pas faire les 4 kms perdus… Retour dans le bus, bondé, mais dans l’autre sens, et cette fois-ci pas question de se tromper !

Le chauffeur nous renseigne bien, et tadam ! Nous trouvons l’hôtel en question, notre prochaine maison pour les 4 semaines à venir : l’hostel « Punto Sur ». Une grande blonde à forte poitrine, (je précise juste que c’est Claire qui écris là !) les yeux rieurs, (ce n’est pas l’idée qu’on se faisait de Martin…) nous accueille gentiment en anglais, ponctué d’un accent tricolore à couper à la machette. Vous vous en doutez le reste de la conversation se déroule en français.

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Notre nouvelle maison! On a vu de la lumière, on est entré!

Justine (notre réceptionniste) est surprise d’apprendre que nous sommes des nouveaux helpers… ils sont déjà 6 ! Etonnés, nous posons des questions, et plusieurs points sont tout de suite très clairs : ceux-ci sont majoritairement français : Justine et Séverine, Elie et Erwan, amis voyageurs, Florian, tous les 5 français, et enfin Susie, australienne et il n’y a plus de place dans la chambre des helpers ! ( ?) Martin, le patron, avec qui nous avions été en contact, n’est pas là pour le moment… Nous posons nous affaires dans la salle staff et laissons tout ce petit monde pour aller manger, parce que voilà il est 15h et on a faim !

C’est ainsi que nous faisons connaissance dès le début de notre séjour avec « la 10 » une fabrique d’empanadas qui est très bonne, en plus c’est rigolo car on peut regarder à travers une vitre les empanadas commandées passer au four et progresser lentement vers leur inévitable fin : notre bouche. Nous allons dévorer notre douzaine d’empanadas à 170 pesos (tout de même ! elles ne sont pas données) au bord du lac. Tout cela commence plutôt bien, finalement !

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Nous apprendrons plus tard à faire nous-même ses petits chaussons à la viande, au poulet, au fromage…

Retour dans notre nouvelle maison à Bariloche, que nous explorons un peu mieux : il s’agit réellement d’une maison habilitée en hôtel : au rez-de-chaussée, la réception, une chambre, la salle « staff », réservée au personnel. Puis viennent deux étages, le premier comprend la cuisine et une très agréable salle à manger (que vous aurez l’occasion de voir de nombreuses fois en photo) avec vue sur le lac, et deux chambres. Et enfin au niveau supérieur se trouvent 4 chambres, dont deux dortoirs.

Bref, je vous fais faire un petit tour du propriétaire pour que vous vous rendiez compte du décor des nombreuses aventures à venir ici. Une autre particularité de l’hôtel, assez surprenante, c’est que sont proposés des repas presque tous les jours aux hôtes en saison haute, les soirées pâtes sont même gratuites ! Normalement le vendredi Martin fait un asado auquel tout le monde peut participer pour 100 pesos, il y a également riz-bolognaise, pizza, hamburger… Le pain du petit déjeuner est aussi fait maison par les helpers, qui apprennent à le faire au fur et à mesure qu’ils arrivent. Le comble, c’est que Martin, le propriétaire, n’a lui aucune idée de comment ça peut se fabriquer ! Bon bien sûr, il sait qu’il doit acheter de la farine et de la levure… Nous faisons mieux connaissance du « dueño de la casa » et nous sommes à même de vous le présenter :

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« Nom : Gonzales

Prénom : Martin

Age : 40 ans à quelques années près

Nationalité : Argentin pur souche de Bariloche

Profession : vous le savez déjà

Famille : Un fils Ezequiel

En couple avec Marina, espagnole en voyage depuis 3 ans en Argentine avec un visa touristique presque pas périmé

Deux passions : le foot (supporter du club River Plate) et l’asado, donc il aime manger, et pratique le football avec ses copains le lundi et le mercredi soir

Autre loisir : regarder les matchs de football et boire de la bière du coin

Mot d’ordre (bon enfant) : « Y pas de problème, on va surement trouver une solution » ou en castillan : « todo biiiiennn ! »

Signes distinctifs : un peu roublard (mais bon argentin finalement), et une calvitie naissante, mais ça arrive même aux meilleurs !

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Logo de l’établissement

La Fontaine, poète universel, ou rencontre avec des helpers français à Bariloche

On espère n’avoir rien oublié… Dès le premier soir nous nous parlons bien avec le patron, et c’est soirée hamburgers maison qui nous permet de mieux faire connaissance avec nos collègues helpers : Elie reste à l’hôtel car il attend en réalité sa carte bleue qu’il a oublié dans un distributeur quelque part en Patagonie, Erwan qui l’accompagne, a passé sa soirée à se battre avec Justine sur le balcon (y’a de l’amour dans l’air, bien que ce soit une technique de drague plutôt risquée des deux côtés… Mamie canna aurait dit : « ça va mal finir ! »). Sauf que Justine et sa petite sœur s’en vont le surlendemain trouver du boulot sur Buenos Aires. Elles devaient partir plus tôt mais n’ont pas pu car en le jour de 1er avril les conducteurs de bus ont décidé de faire la grève dans tout le pays (bisous à Bénédicte : celui-ci c’est ton jour !). Enfin Florian ne dit pas grand-chose et Susie elle est submergée par tant de français, qu’elle ne parle pas, en fait ci mais elle ne connait qu’une expression qui n’est pas très recommandable et passerait ici pour très vulgaire !

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Il est mignon!

Nous passons notre première nuit dans les canapés de la salle staff, étant donné que le reste de l’hôtel est complètement plein, et à ma grande surprise la fatigue nous gagne et malgré la précarité du couchage (merci les sacs !) nous dormons comme des bébés jusqu’à 10h le lendemain ! Le 1er avril sera donc consacré à l’apprentissage de nos tâches dans l’hôtel, parce que nous allons prendre, sans le vouloir, très rapidement du grade.

Avant de vous raconter la suite, il faut vous préciser une règle de l’hôtel : après minuit la salle commune doit être fermée afin de mettre en place le petit déjeuner et de laisser les clients dormir. Or, pour leur dernière soirée à Bariloche, les deux sœurs fêtèrent leur départ en compagnie d’Erwan, d’Elie et de Susie, faisant une nuit blanche, folle et bien arrosée dans le salon défendu !

PS : et nous pendant ce temps-là nous… dormions à poings fermés, toujours dans la salle staff !

Les Helpers et le chef

Les festoyeurs, toute la nuit ayant beuglé

Et picolé

Se trouvèrent fort dépourvus

Quand le matin fut venu.

Pas une seule petite cachette

Ou ranger son mal de tête !

Ils allèrent crier leur mine

Chez leur grand chef Martin,

Le priant de les garder

Au moins jusqu’à l’arrivée

De leur carte bancaire toute nouvelle :

«Je ne ferai plus chose comme telle ! 

Et avant tout, foi de français,

Je travaillerai ! ».

Mais le proprio n’est pas indulgent,

Sa confiance s’en est allée,

« Vous dites que vous allez travailler,

Mais que faisiez-vous avant ?

– Nuit et jour à tout venant

Nous chantions, ne vous déplaise.

– Vous chantiez ? J’en suis fort aise,

Et bien, partez maintenant ! »

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Centro civico, cœur de la ville de nuit

Donc vous avez compris l’histoire, nous voici donc à 3 helpers au lieu de 6 : il reste Florian, Arnaud et moi. Etant donné que l’hôtel ne tourne qu’avec les helpers, Martin a donc mis en place un planning d’urgence : Arnaud fait les nuits (de minuit à 8h le lendemain matin), je fais les « matinées » de 8h à 16h, et Florian fait les après-midi, de 16h à 00h… Martin nous a bien aidés pendant cette période, et réciproquement. Il nous a dit que de nouveaux helpers arriveraient bientôt. Autant vous dire que quand on a enchainé 5 jours comme ça, on n’était pas bien frais ! Et même pas bien frais du tout le poisson ! Déjà Arnaud et moi ne nous voyons plus trop, décalage oblige, et ensuite difficile de visiter les alentours.

Bariloche rime avec… Chocolat !

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Dédicace à ma maman, surement dans le top 10 des gourmands de la planète… et en y réfléchissant je crois que nous connaissons pas mal de monde dans cette catégorie!

Bon, même si, il faut l’avouer, nous n’avons pas pu résister et sommes partis à la découverte des nombreuses chocolateries qui composent la ville. La dénommée Rapa Nui s’est vite avérée être une des moins chère et plus attrayante de la rue « Mitre » où se trouvent la majorité de ses concurrents : « Turista » (nom à la noix, et une usine à gaz), « Torre », « Abuela Goye », et bien sur « Mamuschka », une institution. Ce qu’il faut savoir, c’est que Bariloche est LA ville d’Argentine qui a des chocolatiers, dans le reste du pays Milka et autres grandes chaines de chocolat tout à fait immondes sont rois. Pour ceux qui commenceraient à s’insurger pour la défense de la vache violette, sachez qu’il y a un monde (ou plutôt un océan) entre le goût Milka que vous connaissez en Europe et celui d’Amérique du Sud. En fait pour exagérer un tout petit peu et être claire on peut dire qu’il n’y a pas de cacao dans leurs chocolats ici.

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Le monstre de Bariloche!

Heureusement nous avons rallié Bariloche et son chocolat artisanal fait avec des vraies fèves de cacao ! Le seul hic c’est que les argentins adorent les desserts, chocolats inclus, très sucrés. Ce qui fait le bonheur d’Arnaud qui nage dans un grand panel de chocolats au lait, mais moi je reste plutôt frustrée de ne pas avoir de vrai goût de chocolat, un peu amer. C’est ainsi que Rapa Nui nous a conquis : ils avaient du 80% et même du 90% de cacao en vente, mais aussi la glace Dulce de Leche triple tentation. Quoi qu’est-ce que ça ? Il s’agit de dulce de leche (confiture de lait), mousse au chocolat sous un léger toit de meringue italienne… C’est juste à tomber par terre !

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Mais on ne peut pas manger des glaces et des chocolats tous les jours, nous a dit notre maman, et donc durant nos escapades gourmandes nous variions les plaisirs avec un chocolat au lait délicieux au coin de la rue en bas, accompagné d’une part de tarte à la mure (on est en montagne tout de même !)… Un régal ! Cependant pas de sortie à l’air libre sans un petit coucou au lac qu’on ne se lasse pas de regarder. C’est impressionnant de voir comme certains jours il peut être agité de vents violents, les nuages charriés par le souffle furieux colorent alors de nuances sombres les eaux. Et d’autres fois, son calme trompeur vous fait sourire, quand il pousse votre regard vers le ciel, on dirait que le soleil le rend joyeux, et qu’il est prêt à s’effacer pour sublimer les montagnes alentours, prises dans une prison de bleus.

Aux rênes de l’hôtel

Puis dès début avril a semaine sainte est là, ce qui fait que d’une part les prix montent, et l’hôtel reste complétement plein, nous fournissant plein de boulot, son lot de confusion et de nouveaux copains : trois amis argentins de Buenos Aires en vacances dans le coin. Très sympas nous avons pas mal discuté et ce fut des soirées agréables, même si c’est toujours assez incroyable de Fernando, Sebastian et Roman, voir s’enfiler une bouteille de Fernet en quelques heures ! D’autant plus que la préparation du Fernet-coca a été faite dans une petite casserole, ils n’avaient pas de « verre » assez grand !

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Pour rappel le Fernet est un alcool très apprécié en Argentine à base de plantes, entre autres de gentiane, rhubarbe, camomille, rendant le mélange un peu amer. Originaire d‘Italie (Milano !), c’est aujourd’hui un grand classique argentin que le Fernet-cola, la marque la plus appréciée est Fernet-Branca. Connu à l’origine pour ses vertues curatives notamment en cas d’ivresse (mal de tête, estomac en vrac), il est principalement consommé en Argentine et Uruguay (pour se donner le mal de tête…). Vous ne le saviez peut-être pas, nous venons de le découvrir en ce qui nous concerne mais il paraitrait que Thérèse dans Le Père Noël est une ordure demande un verre de Fernet-Branca à Josette suite à la mort du technicien ascenseur… Revoyez le film si vous en avez l’occasion et dites-nous ce qu’il en est !

Dans la même branche italienne nous avons eu aussi l’occasion de tester notre doigté de pizzaioli. En effet comme nous faisons déjà le pain, nous avons eu l’idée avec Martin de faire des pizzas maison à « la parilla », soit au barbecue. Nous avons donc fait 8 pizzas, avec Arnaud à la pâte, Claire à la garniture et les copains argentins à la cuisson. Il en est sorti un plat vraiment chouette, et les pizzas au thon et 4 fromages ont particulièrement conquis la tablée. En plus des helpers et des quelques élus argentins, nous avions la charmante compagnie d’Hadas, une jeune israélienne en voyage en Amérique du sud.

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Hum… Elles ont disparu bien vite ses pizzas! Merci les copains pour cette bonne soirée 😉 De gauche à droite Arnaud et moi, Sebastian, Fernando, Marina et Martin, Florian, Ronan, et Hadas

Heureusement que nous avions tout cela, les connaissances, ce cadre de vie très agréable, lors de notre installation à Bariloche, car les tâches sont multiples à l’hostel : le matin il faut faire les check-out (sorties) et servir le petit dej’, puis faire la vaisselle, nettoyer les chambres et les espaces communs, faire les lits bien sûr, tout en accueillant les nouveaux arrivant (check in). Un système d’Excel nous permettait de suivre l’état de remplissage de l’établissement, mais aussi de savoir qui avait réglé ou non, une information importante à avoir le matin avant que les voyageurs reprennent la route. L’après-midi c’est préparation du pain et de petits flans individuels pour le lendemain matin, ménage et vaisselle au besoin, et aussi la préparation du diner si diner il y a. Dans les faits tous les helpers sont impliqués dans la cuisine du repas du soir. Et enfin le shift (tour) de nuit consiste, outre à ouvrir la porte aux clients après minuit, à nettoyer les espaces communs après la journée passée, préparer la table du petit déjeuner le soir, et tôt le matin préparer le café, le thé et le lait chaud.

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Autant vous dire que le poste du matin n’est pas de tout repos, de 8h à 13h c’est la course en saison haute, même si la plupart du temps j’ai eu le temps de boire mon café sur la terrasse de 8h à 8h30, en regardant le soleil se lever, ce qui la plupart du temps s’est avéré être un spectacle qui aide à se lever le matin. Un autre point positif c’est qu’après trois nuits précaires dans la staff room, nous avions maintenant un lit dans le grenier des helpers, que nous avions nettoyé de fond en comble, aéré et réaménagé pour l’occasion. D’ailleurs ça n’a pas été du luxe car nous n’avons toujours pas d’idée précise du nombre de mois où la pièce de 15m² max a accueilli 6 personnes… (Le sol n’était qu’un grand matelas dégoutant !) Nous étions donc plutôt bien installés, à 3 en haut de notre échelle, au presque 3ème étage… L’avantage : plus facile d’y dormir car moins bruyant que la réception (si on fait abstraction du tuyau d’eau alimentant le tank sur le toit, juste au-dessus de nos têtes), l’inconvénient : pas de toilettes à proximité, il faut descendre l’échelle et un étage pour se laver les dents… Pas vraiment pratique, mais on s’y fait, comme on se fait à beaucoup de choses. Outre ces désagréments l’ambiance était bonne et même si nous étions à bien plus de 35h cette semaine-là pour des mecs pas payés, nous avions les 800 pesos que Martin nous donne chaque semaine pour manger pour 3, ce qui fait que nous n’avons pas du taper dans nos sous pour manger à ce moment-là.

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Et voila ce qui se passe quand on cuisine pour 20… 4 casseroles de pâtes, 3 de sauce… qui dit mieux? Le tout c’est de s’organiser!

Cependant l’argent a été parfois l’objet d’un peu d’inquiétude, quand parfois Martin s’absentait la weekend pour passer du temps avec son fils, nous récoltions le paiement des chambres, ce qui pouvait faire une certaine somme. Or, il n’y avait pas de caisse, par mesure de sécurité chacun devait garder sa récolte du jour sur lui pour pas qu’il y ait trop à voler… Sauf que cela poser deux problèmes : pas toujours de monnaie à rendre, et donc on devait taper dans notre portefeuille et ne pas oublier à chaque fois de réclamer notre monnaie à Martin quand on ne pouvait pas s’en faire, et ensuite de se retrouvé quelques fois avec des sommes astronomiques dans la poche ou sous la pile de chaussettes… C’est une organisation qui rendait fou Florian.

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Pain du petit dej fait main!

Autre chose : le ravitaillement, parfois, de part un oubli côté helper ou proprio, nous nous retrouvions sans confiture le matin, sans beurre, sans levure ou sans farine dans le pain… Alors on passe au plan B : courir jusqu’au kiosco et avancer le prix d’un pot de confiture, ou taper dans la caisse et aller vite fait au supermarché, plan C : désolé, ce matin, c’est pain tout seul ! ou plan D : piquer dans la réserve de dulce de Maryana (helper que vous allez rencontrer bientôt), pratiquement la base de son alimentation en Argentine.

Enfin voilà une certaine routine commençait à s’installer quand un jour…

On a retrouvé Kémi ! (ou plutôt lui nous a rejoint…)

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Arnaud en rêve encore…

Un matin je descends l’escalier en quête d’une paire de drap où je ne sais plus trop quoi, et là, à la réception, sur qui je tombe ? Kémi ! Notre pote Kémi que nous avons rencontré au Pérou ! Ce petit coquin ne nous avait pas prévenu de son arrivée et ce fut une bonne surprise… ainsi qu’une aubaine pour Martin qui lui proposa directement de devenir helper à nos côtés. Kémi, notre cher Kémi ! Étant homme d’aventure et toujours prêt à faire des économies, il nous a donc rejoint durant une petite semaine pour notre plus grand plaisir ! Le noyau dur des helpers français se renforce donc, mais ça ne nous empêche pas de faire connaissance avec plein de vacanciers et ou voyageurs sympas. Deux copines allemandes, par exemple, avec lesquelles nous avons partagé une petite bière (normal), nous ont chanté des chansons de chez elles en échanger d’une « vie en rose » et autres classiques.

Quelles sont d’après vous les premières choses que font des amis en se retrouvant à Bariloche ? Premièrement aller faire trempette dans le lac… ça, ça relève surtout du défi parce que l’eau est carrément pas chaude, et c’est pour Kémi que c’est le plus dur, en effet Monsieur est habitué à des températures plus clémentes étant d’origine de Guadeloupe. Personnellement je ne m’y suis pas aventurée, mais Florian, Arnaud et Kémi se sont bravement rendu sur la plage déserte à cette saison faire un bond en avant, et aussi rapidement en arrière dans le lac Nahuel Huapi. Si la fraicheur les aurait de toute façon repoussés, les gardes-port l’ont fait aussi car ce qu’ils ont cru être une plage s’est en fait révélé être une extension du port… Bref, tout cela s’est terminé par une bonne douche chaude en rentrant pour tout le monde.

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Deuxième étape des retrouvailles, le repas en ville. Mais à la bonne franquette ! En cette période de Pâques où la ville est très fréquentée, sur la place derrière l’hôtel de ville s’organisent des marchés de produits artisanaux et des petites baraques à asado. Pour faire simple, les gens qui veulent se faire un peu d’argent amène leur bidon coupé en deux, leur sac de charbon et de la barbaque, et en avant pour la vente de sandwichs-asado. Certains plus habitués de ce commerce ont des petits camions aménagés, les autres s’installent sur le vif. Généralement le mari fait cuire la viande, pendant que la femme propose au client de remplir son sandwich à la viande avec toutes sorte de sauces et de préparations : tomates, cornichons, quelques olives, mayonnaise, poivron, fausse moutarde (vous ne savez pas comme leur « moutarde » est sucré et mauvaise), salade, pommes de terre frites très fines, ketchup, une autre sauce rose… Le tout pour 50 pesos, où le paradis des deux garçons : de la viande, des patates, et pleins d’autres trucs avec !

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L’une des nombreuses propositions d’œuf en chocolat… version LEGO

La fête de Pâques approche donc et pourtant dans les chocolateries les étals d’œufs, de lapins, et autres figurines ne désemplissent pas malgré la queue aux caisses. Plusieurs événements sont organisés en ville pour l’occasion : élaboration d’une immense tablette de chocolat dans la rue principale et construction en plusieurs jours d’un œuf géant sur la place du « centro civico » de quelques 3,5 tonnes de chocolat, le tout monté sous un dôme protecteur…

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Celui-là, pour le cacher c’est compliqué… Et je ne vous raconte pas la taille de la poule!

Je ne vous raconte pas l’odeur ses derniers jours quand on allait se promener en ville ! Horrible et frustrant ! C’est pour cela qu’on a dû céder un peu et s’acheter une rama… Il s’agit littéralement de chocolat en « branche », c’est dans les faits une feuille de chocolat repliée en cylindre, ce qui forme un petit rondin. C’est la manière traditionnelle de manger du chocolat à Bariloche. Cela donne en bouche un effet de légèreté, le chocolat font pratiquement instantanément sur la langue, régalant nos papilles. Rapa Nui a même poussé le vice plus loin : ils fabriquent des ramas deux-chocolats : blanc en dedans, et lait en dehors… Oulalalalala !!!!

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Miam! Chocolat en rama!

Fini l’avant-veille de Pâques, nous avons pu aller voir le gros œuf de la place. Énorme est le mot, il y a du boulot dessus ! Bien sûr les décorations qu’il arbore ne sont pas très fines, mais là n’était pas le sujet, il fallait faire du lourd et c’est gagné ! Le matin du jour dit, l’œuf, offert par l’association des chocolatiers de la ville et la municipalité, a été cassé pour être distribué. Seul souci : je travaillais à l’hôtel ce matin-là avec Kémi en renfort, et Arnaud venait de terminer son tour de veilleur de nuit…

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On démonte l’œuf peu à peu… courage Arnaud, t’y es presque!

Vaillamment, Arnaud n’a pourtant pas hésité et malgré une nuit blanche se lance avec détermination dans la queue de gourmands qui doit le mener à la distribution de chocolat. Vers 11h Martin arrive pour prendre le relais et nous fonçons, Kémi et moi à l’œuf pour retrouver un Arnaud-zombie qui vient de sortir de sa longue attente et revient victorieux deux cornets de chocolat à la main !

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Merci Nono!

Nous célébrons la victoire en croquant joyeusement dans ce chocolat au lait moyen de gamme. C’est un peu ça le bonheur ! De retour au bercail Arnaud ne met pas longtemps à s’endormir (à peu près 0,00001 seconde après s’être allongé). Nous avons la surprise ce jour-là d’avoir un cadeau pour Pâques : Martin nous offre à chacun un œuf rempli de petits chocolats !

Comment nous avons brulé toutes les calories du chocolat à Pâques

L’hôtel à ce moment-là se prépare à accueillir l’ultime vague de touriste de la saison. Kémi et moi libérons un espace caché dans l’un des dortoirs du haut pour y proposer deux lits de plus, alors que nous, les helpers, sommes promus puisque nous récupérons pour notre usage le dortoir du rez-de-chaussée. Après un récurage de celui-ci nous nous y installons et avons là le luxe d’avoir une salle de bain-WC dans la chambre ! Seul désavantage pour moi, chose qui par contre n’atteint pas Arnaud, c’est le bruit (on est à une feuille de papier à cigarette de la réception), et la lumière (la « paroi » de séparation se termine par des lucarnes.)

A part ça, tout baigne ! Surtout pour les frigos qui ont tous pris un sacré coup de jeune lorsqu’on les a dégivrés. L’un d’eux en particulier a bien regagné 50% de sa capacité ! Nous l’avons débranché un soir, Arnaud et Kémi mettaient à tour de rôle la tête dans le réfrigérateur pour essayer d’entamer la glace par tous les moyens possibles… Mais il est vite apparu que notre meilleur allié serait le temps… C’est ainsi que le lendemain matin me voilà de tour de garde : un service de petit déjeuner, un coup de serpillère, un peu de lavage de vaisselle, un coup de serpillère, un nettoyage de WC, un coup de serpillère… Ce que je peux affirmer sans aucun doute, c’est que ce matin-là j’ai largement fait mon quota de step ! Finalement au bout de 20 h d’attente l’iceberg a fini par se décrocher du fond du frigo en l’aidant un peu, et il a fini de tout inonder dehors, à l’arrière de l’hôtel. Les gazinières auraient bien eu besoin d’être nettoyées aussi, et en particulier le derrière de celles-ci où toutes sorte de choses y étaient entassées surement depuis des lustres : restes de nourriture, fourchette, poussière, vie extraterrestre, peut-être, comme dirait l’humoriste Sellig… Mais impossible de les bouger sans avoir coupé le gaz, et on a jamais vu venir le technicien malgré les promesses répétées de Martin…

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Sors de là, espèce de gros iceberg, ne m’oblige pas à venir te chercher!

Tout n’était pas vraiment super propre, mais cela nécessitait davantage un travail de fond que l’entretien quotidien que nous faisions. Plusieurs joints devaient être refaits, quelques lavabos et fenêtres changés, et les chasses d’eau ! Ah l’épopée de la chasse d’eau ! Comment oublier ça ? On vous l’a déjà dit, en Amérique latine, pas question de jeter le papier hygiénique dans la cuvette après utilisation, cela doit aller au « tacho », petite poubelle prévue à cet effet pour éviter de boucher les toilettes qui ne sont pas prévus pour. Mais si c’était le seul désagrément, ça irait : non là ils ont des chasse d’eau au rabais, qui marchent une fois sur douze, ce qui signifie que dans un dortoir c’est assez compliqué à gérer. Sans compter que la consommation d’eau est astronomique, et les clients viennent te voir en grimaçant te dire que la chasse d’eau ne fonctionne pas. En réalité la manipulation pour « réparer » est simplissime, mais il faut le savoir, alors c’est bien au moins une fois par jour qu’il faut démonter une chasse d’eau au-dessus d’une déjection toute fraîche.

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Le tout, c’est d’être bien équipés! Avec Charlotte, que vous allez rencontrer d’ici peu…

Comme vous le constatez, nous ne nous ennuyons pas, et l’hôtel « ambulant » qu’est Punto Sur nous permet à la fois de nous dépenser en heures de ménage, et de nous faire voyager à travers de nos hôtes.

Une question délicate

Il faut savoir que de nombreux israéliens parcourent le monde, et en ce qui nous concerne l’Amérique Latine à la suite de leur service militaire (2 ans pour les femmes, 3 pour les hommes), ou certains pour l’éviter. Âgés pour la plupart de 20 à 25 ans, quelques-uns voyagent seuls, d’autres en couple, d’autres encore en groupe. L’hôtel en accueille plusieurs représentants qui sont de passage, et c’est ainsi que nous avons fait plus ample connaissance avec cet univers d’ordinaire plutôt difficile d’accès. Mais là, nous vivions sous le même toit ! En outre tous les panonceaux indicateurs à l’intérieur de l’hôtel sont traduits en hébreux : שלום, איך אתה הולך ou תודה על רוחץ את הצלחות (« bonjour, comment allez-vous ? » ou « merci de faire la vaisselle » à lire de droite à gauche).

A cette même période de l’année, se déroule le « passover », ou « pess’ah » en hébreux, fête juive de 7 jours qui célèbre la sortie d’Egypte du peuple juif vers sa liberté. Nous ne sommes pas des spécialistes des us et coutumes juifs qui sont pourtant très intéressants mais plutôt complexes pour nos petits cerveaux de culture différente.

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Si on a bien compris, et d’après ce qu’on a pu observer, pas question alors de manger de pain levé, ou de posséder quelque produit qui puisse lever, en mémoire de l’Exode dans le désert lors duquel les juifs mangeaient des galettes azymes, les Matza seulement préparées avec de la farine et de l’eau, et surtout sans ‘Hametz, c’est-à-dire les produits qui subissent un phénomène de fermentation. Les réglementations concernant la nourriture sont très strictes alors, et doivent rappeler à chaque juif la difficulté de sa marche à travers le désert. Les compagnons de voyages que nous avons eu n’avaient pas mangé de viande depuis plusieurs semaines nous ont-ils dit.

Le temps fort de cette occasion est le grand repas qui rassemble toute la famille, appelé le Seder, qui veut dire « ordre ». Celui-ci répond à des règles qui sont autant de symboles apportant du sens à cette fête : la liberté, mais aussi le temps du renouveau, de la moisson et du printemps.

Pourquoi on vous raconte tout ça ? Parce que quand vous avez dans l’hôtel un groupe de 6 ou 7 personnes qui se mettent à cuisiner pour douze, eh bien on se pose des questions ! C’est ainsi que l’on a pu mieux comprendre et mieux connaitre les raisons de ces grands rassemblements dans l’hôtel.

Il ne vous a peut-être pas échappé que le sous-titre est « une question délicate », et celle-ci concerne les voyageurs israéliens. Je crois que dès notre arrivée, Martin en nous expliquant le boulot nous a dit de nous « méfier » avec les israéliens, et de n’accepter que des couples ou des personnes seules. Selon lui, la première question à poser après le « bonjour », c’est d’où venez-vous ! A vrai dire on a été plutôt choqués de cette remarque. Ces paroles nous ont paru bien fortes et antisémites. Pourquoi un tel rejet ? Y avait-il une raison ? Et on a commencé à poser des questions là-dessus autour de nous.

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En effet en Argentine, et plus largement en Amérique Latine où nous sommes depuis maintenant plusieurs mois, il existe une réserve à l’encontre des hébreux, qui en groupe ont tendance à être irrespectueux et globalement « à se croire tout permis » d’après les mots de Martin. Nous avons eu l’opportunité de parler avec un helper français de nouveau de passage à Bariloche, qui nous racontait qu’un groupe d’Israéliens étant venu il y a quelques mois, ils sont régulièrement rentrés en état d’ébriété en pleine nuit, faisant beaucoup de bruit, au point de réveiller tous les autres clients de l’hôtel, et vomissant dans les chambres. Nous n’avons pas eu de cas de la sorte, cependant, Susie (l’australienne qui était helper quand nous sommes arrivés) avait plutôt peur de faire les gardes de nuit parce que certains d’entre eux revenant tard avaient été très insistants et « lourds » avec elle. Des hôtes français nous on dit également quand voyageant au Pérou, ils avaient séjourné dans un hôtel qui arborait le drapeau palestinien. Demandant si le patron était originaire de là-bas, on leur fit la réponse qu’ils avaient eu trop de problèmes avec des israéliens et qu’ainsi ils ne passaient pas le seuil de la porte. Ces « problèmes » qu’ils causent inclus parfois des difficultés à faire payer la chambre, mais nous ne trouvons pas de notre côté que marchander outre mesure le prix de la nuit soit vraiment un désagrément. Malheureusement le seul cas de non-payé que nous ayons durant notre séjour d’un mois fut un israélien, qui a déclaré rester deux nuits, et qui est parti sans payer après la première. Mais c’est un cas à part.

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Centro civico

Entre parenthèses chaque nationalité est assortie de clichés. Pour ça au moins les européens ont bonne réputation, alors que les argentins sont très méfiants envers leurs compatriotes : les européens payent quand ils veulent, début ou fin de séjour, alors que quand c’est des argentins nous devions leur faire payer la première nuit au moins.

Pour en revenir à notre histoire, nous pouvons dire que les israéliens sont comme tout le monde, il y en a des sympas avec lesquels nous avons bien ri et discuté, passé des soirées à échanger et se comprendre, à jouer au Taki (UNO israélien), et d’autres qui sont moins accessibles, plus hautains parfois, qui laissent des chambres très sales ou avec des restes de nourriture dans la douche et des cadavres de bouteilles sous le lit. Mais pour en avoir eu un large panel, il y en a plus de rigolos que des autres.

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Un soir dans la cuisine, nous étions en train de cuisiner pour 18 comme c’était régulièrement le cas ces derniers temps, un jeune homme vient nous voir, il engage la conversation et au bout de quelques échanges nous adresse cette question : pourquoi y a-t-il une réticence envers les israéliens en Argentine ? Bon alors, nous, on est français, la question, on la connait mal, et en plus elle est super gênante ! Que répondre ? On lui globalement citer les exemples que l’on connaissait, que l’on vous a relatés plus haut, et avec un second israélien qui s’est joint nous en cours de conversation nous en venant à la conclusion que la situation d’Israël est complexe et que ses jeunes sont élevés dans un contexte compliqué, au sein d’un pays qui se sent et est menacé autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ils étaient très fiers de nous dire que leur démocratie était importante pour eux.

Bref, ils aiment le bon café et les frites comme le reste du monde (pour ne citer que ça, hein J ), sauf qu’eux ont pour commencer, une « Histoire », vieille (et même très vieille). Ensuite, ils appartiennent à une culture assez mal connue, et encore sans parler de leur langue… Nous avons des différences, beaucoup, et on sera très contents de rencontrer de nouveaux copains juifs pour combler un peu plus ce manque !

Un classique touristique à Bariloche : le « circuito chico »

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Dans un registre plus anecdotique, et quelque peu tragique aussi, Kémi va bientôt nous quitter, il doit finir son voyage, et le reste de la Patagonie lui tend les bras… Même si au fond on sait que son cœur est ici, avec nous ! (Ahahah…) Avant qu’il parte, deux étapes sont incontournables : d’abord, Chef Kémi nous fait une de ses spécialités, le poulet à l’ananas (merci Kémi pour ce plat qui est entré dans nos préférés ; même si on en a plein).

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L’autre, c’est de faire une excursion ensemble : ce sera le circuito chico, à 20 km en bus de Bariloche. Il s’agit d’un circuit de 27 km environ, asphalté, qui zigzague (Arnaud me dit que ça ne se conjugue pas ce mot, réponse « et à ma main dans ta face il faut un tiret ? » désolés pour toute cette violence, à force d’écrire on devient nerveux, faites une pause dans la lecture si vous voulez !), qui zigzague, donc entre les fameux lacs de cette région de Patagonie. Les montagnes alentours sont parées de leurs habits d’automne, les teintes de rouge se reflètent parfois dans les eaux bleues profond des lacs.

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Nous aussi, on est un peu rouges dès le début : nous avons loué des vélos à l’entrée de la route en question et le deuxième kilomètre présente tout de suite une difficulté : ce n’est que de la GROSSE montée. Arnaud souffle et sue mais parvient en haut en premier. Je suis pour ma part une vraie locomotive à vapeur, et Kémi qui s’est arrêté pour prendre des photos a du mal à repartir… Et alors que je donne tout ce que j’ai et que je lance toute ma volonté dans une côte particulièrement raide, Kémi me tue littéralement quand je le vois me dépasser… en marchant ! Tous nous arrivons en haut, heureux et fiers, pour découvrir un paysage merveilleux, c’est juste magnifique !

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Ce n’est pas les Alpes comme certains nous ont dit, c’est autre chose. Les petits chalets isolés au bord des lacs nous font rêver, tout comme la couleur de l’eau que l’on sait pourtant très froide. La descente s’avérera grisante, autant que les changements de points de vue sur les lacs et l’île Victoria que nous voyons plus loin. Nous dépassons un chemin de terre qui mène à un petit village nommé « colonia Suiza », pas besoin de vous dire ce qui s’y trouve ;).

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Bon app les gars! Vous me laissez un sandwich hein^^?

Nous faisons halte pour nous restaurer sur une petite plage doublée d’un ponton, et trouvons comme par magie un tronc très accueillant où nous posons nos fesses le temps de manger. Un endroit très agréable. En repartant nous passons un petit pont, et la colline suivante nous offre une vue imprenable sur la plage du casse-croute. La suite de la route sous les arbres est un plaisir, alternance de montées et descentes, et pour la première fois depuis longtemps nous sentons le parfum des pins, et ceux-ci nous offrent également leur ombre bienvenue. Nous croisons plusieurs collègues cyclistes et très peu de voitures. Nous poursuivons notre exploration par le petit village de Llao-llao (à prononcer jaojao en argentin), dans lequel un petit port permettant notamment de relier le Chili, et l’ile plus proche. L’hôtel tout proche est le plus coté de Bariloche, qui est déjà réputée pour être une ville de « riches » car c’est avant tout une station de ski très en vue, et il est bien vu d’avoir une résidence secondaire sur les berges du lac Nahuel Huapi (on parle ici d’une classe de gens avec des moyens sortant quelque peu de l’ordinaire…).

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Hôtel de luxe de Llao-llao

Avec le passage de la colline suivant, une construction impressionnante apparait. Il s’agit de l’hôtel super méga maxi luxe 5 étoiles de la zone s’appelant, vous allez rire, le llao-llao… Oui nous aussi on s’est dit qu’il avait dû chercher un vrai moment avec des brainstormings et tout et tout… Bref ce nom au combien original n’enlève rien à la superbe de ce lieu enchanteur. Une immense maison, faite avec gout, posée au milieu d’une grande presqu’ile, avec pour jardin le golf qui s’étire à ses pieds. On atteint tout de même les 600 USD la nuit (pour les mansardes…) donc autant vous dire que le spectacle est au rendez-vous. Nous, on s’en fout, on n’est pas dans un cinq étoiles mais on a des pâtes bolo et des copains qui nous attendent au retour alors tout va bien^^.

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Port de Llao-llao

Nous ferons une seconde petite halte dans un autre port très pittoresque qui lors de la haute saison propose des tours en bateau sur le lac Nahuel Huapi et faire découvrir la région des lacs du point de vue aquatique. Il faut bien comprendre que le lac est très étendu et surtout très ramifié ainsi il est possible de voir de nombreuse choses tout en restant sur le même lac, et qu’une journée de plaisance n’est parfois pas suffisante pour dévoiler toutes les merveilles que les lacs ont à partager.

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Capilla San Edouardo

L’une de ces merveilles est toutefois accessible à pied (ou tout du moins à vélo), et il s’agit de la petite église de llao-llao. Construite au sommet d’un petite butte, elle dévoile une vue sur l’hôtel, le port et les petites criques avoisinantes. On y accède par un petit chemin dont les pavés ont été usé par les ans, les trombes de pluies et les rigueurs de ces hivers montagnards que subissent ces régions de Patagonie andine. Un grand arbre s’est fait une place au soleil, bordant ainsi le chemin qui mène jusqu’au sommet. Peut être finalement les Led Zepplin avaient raison et c’est bien un escalier qui conduit au paradis… L’église en tant que telle est construite en bois d’une essence assez clair, jouant un jeu de clair-obscur avec les tuiles d’ardoise gris anthracite composant le toit, celui-ci pointu afin de protéger l’édifice du poids de la neige. Sur sa face avant, face au soleil de cette fin d’après-midi qui nous berce tranquillement de sa lumière d’or et semble atténuer l’effort, un mince vitrail réfléchit ses rayons. Un grand calme s’empare de nous et nous profitons d’un moment de paix intérieur. A propos de l’édifice, il s’agit de la capilla San Eduardo construite en 1938 par Alejandro Bustillo, en cyprès et en pierre.

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La fin de la balade se fait donc plus près de la civilisation, nous longeons les chalets de luxe qui enserrent de près la forêt de pins pour finir pieds nus sur les plages des lacs. Les paysages sont impressionnants sous le soleil déclinant, et nous attaquons bientôt la dernière montée avant de rendre les vélos. Le retour en bus et long et plutôt fastidieux car il est complétement plein d’écoliers, de travailleurs et de touristes. Nous sommes un peu fatigués mais très contents de notre petite aventure !

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Are you a TO-MA-TOE ? Ou le helpers’ Friendship (ou pas)

Avec le départ de Kémi, et de Florian avant lui, nous avons tout de même deux compensations : nous avons une nouvelle chambre pour 6 (une vraie, avec salle de bain) et de nouveaux copains helpers, qui pour la plupart resterons plus longtemps que les précédents. Nous avons d’abord l’arrivée de Maryana, une jeune fille super géniale, attention alerte nouvelle pote ! Nous nous sommes tout de suite bien entendus avec elle. Pertinente, cette ukrainienne au rire facile n’a pas peur de travailler, ce qui change la vie, et du coup on a tout de suite bien accroché ! Elle a beaucoup aimé apprendre à faire du pain, maintenant en plus on a une copine pour aller faire les courses du diner, se raconter des histoires drôles, les miner, aussi…

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Un petit Maté, et ça repart!

Enfin vous voyez, on a été très occupés à être de bonne humeur. Ce qui est important à dire c’est que grâce à Maryana, nous savons dire grosse patate en russe, autant dans sa version féminine que masculine (les mots changent en fonction de leur genre dans cette langue).

Arnaud est une grosse pomme de terre = Arnaud это большой картофель

Thank you Maryana for your enthousiasm and natural humor ! You’re so funny tomatoe ! See you soon we hope so !

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Ce fut tellement dur de ne pas éclater de rire sur cette photo… Clairement Arnaud et Maryana ont été meilleurs que moi!

En parlant de pomme de terre, c’est à cette période que, pour changer des pâtes, du riz, et des asados, nous avons instauré le hachis Parmentier le dimanche soir. A vous pouvez rire, mais ça a été des grands moments ces repas ! Nous avons eu deux clients de longue durée, deux argentins venus séparément trouver du travail à Bariloche. L’un d’eux, Mauro était cuisinier, et c’est lui qui a dirigé les opérations la première fois. C’est ainsi que Guido et Mauro nous ont fait un hachis argentins, avec des œufs durs en plus dans la garniture que l’on ne retrouve pas naturellement dans la recette de chez nous. Nous avons même eu un autre dimanche avec la version russe que nous a brillamment préparé Maryana, qui assure par ailleurs qu’elle ne sait pas cuisiner ! C’était très bon, et encore meilleur du fait que nous étions en bonne compagnie : trois clients argentins de Buenos Aires sont restés un certain temps dans l’hôtel pour les vacances et nous avons bien sympathisé avec Facundo, Hainen et José.

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De gauche à droite copine chilienne, copine suisse, John, Jose, Adriano, Claire, Mauro, une autre copine chilienne, deux copains israéliens, copine argentine. Et le jour où les copains israéliens nous ont dit que le seul chanteur français qu’ils connaissaient est Fatal Bazooka… 

En outre un soir avec un vent frais nous est arrivé deux nouveaux helpers débarqués de Buenos Aires : John, from United States, et Adriano, brésilien. Avec ces nouveaux colocataires, nous avons bien pratiqué notre alternance anglais-espagnol, par contre nous ne savons dire que « pomme de terre », et « morue » en portugais… à savoir Désolé Sylvain et Gis, on ne sait pas parler « obrigado » ! Toutes ces personnalités sont très différentes, mais on arrive à trouver un équilibre, les plannings sont fait à neuf et nous avons chacun nos tours de garde, Arnaud et moi avons deux jours et demi de libres ensemble, je suis exclusivement du matin, Arnaud de l’après-midi est de nuit, ce qui convient bien à sa capacité de dormir le matin quelques soient les conditions d’éclairage et de bruit… Nous sommes donc 5, et à un moment on a même failli être 6 !

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Jeunes et fringants helpers! John, Arnaud et Adriano de gauche à droite.

Un vendredi soir, jour d’asado, ou plutôt nuit d’asado étant donné l’horaire tardif auquel nous mangeons, et après avoir passé une après-midi à apprendre à faire des empanadas ensemble, arrive une française. Elle est peu loquace et critique tout, bref, elle arrive à 23h pour mettre les pieds sous la table et le chimichuri est trop gras, le vin n’est pas bon… Elle finit sa soirée entre l’ordi en usage libre et la terrasse à fumer… Le lendemain Martin me charge de lui expliquer ce qu’il y a faire dans la maison et rebelote elle est tout simplement insupportable, n’arrête pas de se plaindre, me dit qu’elle veut voir son amoureux italien qu’elle a rencontré à El Bolson, pour finalement m’avouer qu’elle ne compte pas rester car elle a un contact dans un autre hôtel ou les horaires lui conviendraient mieux, « parce qu’ici c’est de l’exploitation ! ». Même si en un sens elle n’a pas tort, la comparaison qu’elle me donne juste après est loufoque : « moi j’ai travaillé au Canada dans une association pour gérer le planning des volontaires, ça se passait mieux que ça, ils payaient leur volontariat et tout était organisé »… Alors sur le principe, travailler pour le logement et la bouffe de base, c’est une chose que je peux faire étant donné que Martin a toujours été fairplay avec nous et nous a laissés complétement indépendants dans la gestion de l’hôtel tant que nous respections les règles de base et de bon sens, mais alors payer pour travailler, c’est hors de toute logique !

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Atelier empanadas, sous la direction de Marina

Quand Martin et Marina arrive plus tard ce matin, on parle de la fille, qui vient de partir pour rencontrer son nouvel employeur. On est d’accord pour dire qu’elle ne peut pas rester, ne serait-ce que pour le bien de la communauté, mais la question est vite réglée : elle revient avec une place dans l’autre auberge de la ville, et en pleur car elle vient d’apprendre que son petit ami italien la trompe : une française dans l’hostel en question a couché avec lui hier soir… Un vrai vaudeville cette nana ! Enfin elle finit par prendre ses clics et ses clacs et chanter son chagrin ailleurs. OUF ! On est que 5 mais ça nous va bien ! PS oui cette fille a un nom, non on ne s’en souvient plus !

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Claire VS Fourmis, il ne faut pas vendre la chitine de fourmis avant de les avoir tuées!

La vie continue à Punto Sur, avec son lot de désagréments, par exemple ses petites fourmis que l’on retrouve partout dans l’hôtel et qui s’incrustent dans les chasses d’eau comme dans la nourriture et la salle commune. Ou encore le jour maudit où le couvercle de la bouilloire en fer m’est tombé sur la main, me brulant deux doigts, c’est pas super pratique de faire le boulot après ça : je faisais un coup de balais, puis quand je pouvais plus tenir et que mes doigts me brulaient trop, je courrais à la cuisine me mettre la main sous l’eau froide, MERCI à Arnaud qui m’a beaucoup aidé ce jour-là juste après sa nuit, sinon j’aurais mis toute la journée à refaire les lits et le ménage. C’est les doigts tout beurrés de crème que j’ai passé les deux jours suivants, et ensuite je suis passée à la peau de crocodile ! Et aussi lorsque la douche de notre chambre a fait un burn-out, et qu’une douche sur deux se transformait en inondation dans la chambre. John à force était fou de rage, c’est arrivé à tout le monde, à Arnaud, à Maryana à 7h du matin (ou comment éponger le sol sans réveiller ses camarades…) et ça m’est arrivé un jour ou j’avais eu la fausse bonne idée de laisser mes vêtements propres par terre… fausse bonne idée ! Pour ma défense la salle de bain était vraiment minuscule.

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Chemin vers le sommet du Campanario

Mais aussi un lot de bonnes séances de rire, en commençant par la découverte grâce à Maryana de « The annoying orange », une orange des Têtes à claque qui est carrément insupportable (elle aussi) et qui nous a fait beaucoup rire, on vous met ici en lien celui qui est devenu mythique à l’hostel, et dont la citation a été quotidienne : « Are you a TO-MAY-TOE ? »

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Bien sûr nous nous sommes évadés un peu de l’hotel pour visiter les environs et avons passé une journée au cerro Campanario avec Adriano, notre nouveau copain brésilien. C’est une petite montagne du haut de laquelle la vue est imprenable sur le lac Nahuel Huapi, l’ile Victoria, ainsi que la ville de Bariloche et ses alentours. La petite montée du cerro est très agréable en elle-même, un peu de calme et de nature font également beaucoup de bien pour ceux qui vivent à beaucoup chaque seconde. Les feuilles, le vent, un parfum de liberté dans cette petite excursion vers un sommet de Bariloche. Effectivement la vue là-haut est superbe, et passé les quelques minutes de blocage bouche bée devant la beauté et la pureté du paysage, nous nous lançons dans une série de photos rigolotes…

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Cours de vol n°1: Bariloche nous donne des ailes!!!!

On s’amuse, jusqu’à ce qu’arrive une jeune française, qui s’approche de nous en nous disant : je vous connais je vous ai vus quelque part… Je pense bien c’est la nana insupportable qui est restée une demi-journée et une nuit à l’hostel ! Nous on se rappelle trop bien d’elle, mais visiblement, elle ne fait pas le lien…

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On lui rafraichit la mémoire, elle bégaye un « ah » et… c’est tout ! Vraiment étrange… Peu importe, il fait beau, et la chaine des Andes s’étire sous nos yeux, endroit parfait pour un gros pique-nique pain-jambon-fromage, la joie de la simplicité ! On reste encore un peu là-haut, tant la vue est belle et qu’on voudrait pouvoir la graver dans notre mémoire, mais il faut trop tôt reprendre le chemin de Punto Sur.

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Vue sur Lllao-llao et l’île victoria

Nous, on sort le lundi soir !

Un lundi soir, une copine de John arrive à l’hôtel, Tomas de son prénom (oui c’est une fille), et ils prennent un petit apéro pendant que nous finissons de nettoyer la cuisine après le diner commun. John doit prendre le relais ensuite, à minuit, mais Tomas a envie de sortir dans un bar, et Mauro (client en CDI et cuisinier) et Adriano sont également près à sortir. Nous décider d’aller avec eux gouter une des bières artisanales du coin qui font autant que le chocolat la renommée de Bariloche. C’était plutôt bien parti, jusqu’à ce que Mauro nous dise qu’il allait nous conduire à un bar de sa connaissance… Là a commencé une longue errance, car il est apparu que Mauro avait un sens de l’orientation complétement inexistant, bien inférieur à celui d’un poisson rouge qui tournerait en rond dans son bocal, ne croyez pas que je suis dure en faisant cette comparaison, le poisson rouge lui doit avoir quelques points de repères… Nous avons marché en rond pendant ¾ d’heure pour finalement entrer dans un bar qui était sans exagérer à 3 minutes de l’hostel… Enfin peu importe, nous avons bien ri, surtout quand à chaque intersection Mauro nous disait : « ah, mais si, je reconnais, ça doit être juste là.. ».

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Attention au fernet-cola, ça fait pousser la moustache!

Nous sommes finalement dans « Le Viking » et nous commandons de la Santa Cruz, bonne bière régionale, pour finir sur un fernet-cola, tout en faisant un jeu de lancer de cacahouètes, tout en surveillant du coin de l’œil le videur qui avait des bras énormes ! Une très bonne soirée, à la conversation un peu décousue, mais ce n’est pas ça qui est important… Par contre ce qui nous semble très grave, c’est que le barman est complétement incompétent : il n’arrive pas à servir une bière correctement, à moins que ce soit de la faute à sa pompe à bière ? Quoi qu’il en soit, il a un saladier en dessous du verre pour récupérer la bière qui coule à côté… Ça vous donne une idée… En sortant du bar, Arnaud et moi prenons les choses en main pour nous ramener à la maison : pas question de faire 4 bornes pour rentrer ! Nous mettons d’ailleurs un temps record au retour, car on décide de courir, tout en chantant « We are the champions ! My friend !!!!!», en plus on chante presque juste ! Un chien nous suit, comme d’hab’, trop heureux d’avoir de la compagnie à cette heure de la nuit, et Arnaud fait la course avec lui dans une pente, le chien, bien gras de son état, prend les escaliers, et Arnaud gagne! En fait cette nuit-là, nous avons bien dormi… même si Tomas et Adriano ont dû avoir moins d’heures de sommeil que nous au vu des marques que notre ami brésilien avait dans le cou au réveil.

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De gauche à droiteTomas, Adriano, Mauro

En réalité, l’histoire du lundi soir, ce n’est qu’à demi vrai, sachant que nous avions une autre échappatoire le mardi soir : le cours de tango pour débutants au teatro de la ville ! Et oui, on l’avait dit, on s’y est mis ! C’est une heure et demie par semaine dans un cours commun, et à vrai dire au bout de 4 séances on est assez fiers de nos progrès J Les profs, un homme et une femme, sont très sympas, et dès la première séance nous avons les pas de base, puis avec d’autres élèves nous évoluons un peu plus en apprenant des variantes et autres mouvements. Ça nous plait beaucoup, mais c’est intense, et à chaque fois on en ressort crevés ! Ça vaut le coup pour 50 pesos par personne.

Cerro cathedral : t’es sûr qu’on peut pas rester en haut de la montagne ?

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On va plutôt rester là haut à regarder les montagnes se mirer dans les lacs…

Assez dit de bêtises comme ça, nous poursuivons notre exploration dans les alentours par une journée au Cerro Cathedral, qui est la station de ski de Bariloche, à un environ une heure de bus de la ville. Bien sûr, celle-ci à cette époque de l’année elle n’est pas couverte de neige, étant donné que la saison hivernale n’est pas encore pour tout de suite. Par contre, le temps superbe que nous avons fait chatoyer de couleurs chaudes les feuilles d’automne. Nous prenons la télécabine d’Amancay pour nous rendre au sommet, car celui-ci est une visite à part entière : il est vieux.

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Que serait un monde sans Coca?

On ne peut pas vraiment vous donner de date, on a fouillé partout impossible de trouver cette info sur le web, alors on suppute qu’ils l’ont supprimé pour ne pas effrayer les touristes ! Tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que le domaine skiable a été ouvert en 1936. On blague mais en vrai il est vieux ! Les vitres sont teintées en bleu et la montée est assez longue, mais il faut dire que la vue vaut le coup, et même plus que ça.

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Toute la vue depuis le refuge Lynch

Nous avons été impressionnés par le cerro campanario, et bien le panomara du cerro cathedral, c’est encore autre chose, et le niveau d’au-dessus, puisque de toute façon celui-ci trône à 2 300 mètres environ.

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Nous marchons jusqu’à un rocher un peu plus haut et avons la chance d’avoir un panomara gigantesque, les lacs à nos pieds, leurs eaux scintillant au soleil, et la chaine des Andes du Sud nous faisant face sur des kilomètres et des kilomètres, une forêt très dense de sommets à nous couper le souffle.

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Sur notre gauche le Cerro Tronador et un autre volcan chilien sont enneigés, à mesure que l’on baisse le regard la roche déchiquetée fait place à une végétation qui laisse ses dernières couleurs éclater avant les rigueurs de l’hiver. Une rivière coule là, en-bas.

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Cerro Tronador

A droite, le refuge Lynch, à partir duquel on peut observer la pierre du Condor quelques mètres en dessous, puis, plus loin, la station, et au fond de la vallée le lac Gutierrez entouré de son escorte de buissons rouges. Au-delà encore, et jusqu’à l’horizon, commence la Patagonie pelée, ce grand et riche désert. Le temps passe si vite à contempler ses merveilles pour les yeux.

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On voudrait pouvoir tout embrasser du regard d’un seul coup, et en même temps capter chaque détail. Alors que nous nous livrions à cet exercice, auquel décidément l’appareil photo n’est pas meilleur que nous, un rapace vient se percher à proximité de nous. Le volatile, curieux, reste un long moment à nous détailler et inversement. Cette rencontre au sommet du cerro cathedral rajoute à la magie du lieu et on se dit que ce serait drôlement bien d’avoir des ailes comme lui, et pouvoir planer au-dessus de ce spectaculaire point de vue et d’en explorer toutes les facettes.

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Malheureusement vient le temps de redescendre, et c’est avec regret, que nous prenons le chemin du retour. Pourtant, les excuses n’ont pas manqué pour rester : jouer avec la neige, observer un petit oiseau aux ailes étonnement orange, prendre une route détournée…

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La végétation du lieu nous surprend encore, et console notre désespoir de voir peu à peu se réduire notre champ de vision sur ce coin de paradis. Nous parvenons à la station fatigués et heureux, le bus arrive bientôt. Sans le savoir nous avons de la chance d’y aller ce jour-là…

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Le lendemain de notre excursion, c’est asado ! Le feu est allumé, la viande grille et nos estomacs (im)patients se tordent aux signaux que leur transmet nos narines dilatées. Nous fêtons ce soir l’arrivée de la nouvelle génération de helpers à Punto Sur, ou presque. Un couple de français, Charlotte et Yann. Ils sont très sympa et nous nous entendons bien avec eux, ils prennent rapidement le rythme et nous font part de leurs projets, parmi lesquels trouver un boulot de saisonniers au Cerro Cathedral, et pour Yann qui souhaite devenir guide de haute montagne, gravie l’Aconcagua, « le colosse d’Amérique », plus haut sommet des Andes avec ses 6 962 mètres d’altitude. Il se trouve dans la région de Mendoza. Vous comprendrez notre étonnement quand, après avoir causé longtemps de ces bonnes idées, et avoir passé un aprèm au bord du lac avec Charlotte par un temps radieux, Yann nous annonce qu’il quitte Charlotte et qu’il part le jour même pour la France. ( !!!!)

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J’peux pas venir, j’ai volcan…

En même temps que cette nouvelle renversante, voilà qu’on nous annonce qu’un volcan chilien vient d’entrer en éruption, et que le nuage de cendres se dirige vers nous. Le volcan en question est la Calbuco, endormi depuis 43 ans… Nous n’avons pas de retombées le jour même de l’éruption, par contre, le lendemain matin, à l’heure où aurait dû se lever le soleil, le ciel est sombre et la nuit s’éternise… Les cendres sont bien là et on les voit couvrant tout ce qui met le nez dehors : les chiens, les voitures, les routes, les toits, et tout le reste. Tout est gris, et il ne faut pas respirer l’air (la partie la plus technique de tout le voyage), c’est pas conseillé, comme boire l’eau du robinet.

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Hé, les gars, il est où le soleil? Il neige gris… 

C’est ainsi que le matin où nous nous sommes vraiment rendu compte qu’il y avait un problème, nous sommes partis en mission au kiosco pour acheter de l’eau, le T-shirt sur le nez. Le kiosco du coin de la rue était bien ouvert, apparemment indifférent aux cendres venues du ciel, et nous vend quelques bouteilles d’eau. Il nous dit qu’il est allé en France il y a longtemps que maintenant il sait que l’Europe a bien changé… (Eh monsieur, y a des crachas de volcan dehors…), qu’il ne parle pas anglais… Le monsieur était bavard donc, et complétement indifférent à la grise mine extérieure, à priori, pour lui, c’est jour de fête, son magasin est devenu incontournable ! Il nous explique finalement que cela s’est déjà produit à Bariloche en 2011, mais en plus grande envergure encore, et que le lac était recouvert de cendres, les rues encombrées…

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Photo de l’opération de nettoyage des rues de Bariloche suite à l’éruption de 2011

Est-ce qu’on va en arriver là ? demande-t-on, c’est bien sûr une question stupide, mais comment ne pas la poser ? Il nous répond en conséquence : « seul Dieu le sait ». Et il avait raison le bougre ! Alors que Martin tempête après ces foutus chiliens, nous « barricadons » l’hôtel en vue de l’assaut des cendres. Chiffons mouillés dans les coins des fenêtres, panneaux sur les fenêtres en trois langues « ne pas ouvrir les fenêtres… ». Martin achète des masques pour tout le monde que nous mettons à la réception.

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Une anglaise, se réveillant tard pour le petit déjeuner, prend note des changements, de l’agitation autour des ouvertures… puis consulte les news sur son téléphone, pour finalement comprendre que le volcan qui passe à la TV est à 100 km d’elle, et que les cendres tombent effectivement de l’autre côté de la vitre… Et d’exclamation en petits cris de souris elle commence à paniquer, refuse de boire le café, et part bille en tête acheter des vivres au supermarché avec une américaine qui partage son affolement. Entre temps on nous dit que nos affiches pour les fenêtres sont stupides, on encaisse. Les fumeurs se sentent bien blousés et la tension monte d’un cran dans l’hôtel quand les gens s’aperçoivent qu’ils ne vont pas pouvoir partir en excursion, prendre leur avion (l’aéroport est fermé), ou leur bus (la route est fermée). Nous restons tous joyeusement dans l’hostel, en profitant tous ensemble de notre confinement forcé. Qui ne réussit pas à tout le monde, malheureusement. L’anglaise, revenue avec de quoi tenir un siège, se fait un devoir d’appeler ses parents pour ne pas qu’ils s’inquiètent (version officielle), pour qu’ils la rassurent (vraie version). Il en résulte qu’elle hurle à la réception qu’elle ne les entend pas mais qu’elle va bien !

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Tant que tout ne retombe pas, il faut avouer que c’est beau tout de même…

Oui elle a l’assurance, non elle ne sait pas combien de temps cela va durer, oui je vous aime, oui je mets de la crème hydratante… Merci on n’a pas besoin de savoir ça, alors parle moins fort ! Finalement la connexion internet surchargée a raison de leur conversation, mais pas assez tôt pour sauver le sommeil d’Arnaud, qui en se levant à 11h après une nuit de shift n’est pas à prendre avec des pincettes. Pendant ce temps, l’autre fille américaine a décidé de défouler ses nerfs sur la cuisine, préparant à manger encore et encore… et ce qui devait arriver arriva, elle se coupa le doigt au rouet… euh, au couteau de cuisine ! Evidemment, elle n’a rien pour se soigner, vient me voir me montrant sa coupure. Je ne suis pas infirmière, mais bon je tente quelque chose en pensant très fort à toi, Lorine !

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Atelier tricot en attendant que le volcan se calme… De gauche à droite copain hollandais, Guillaume et Arnaud

Mais confinement qui a aussi du bon, Guillaume, un étudiant français en tour du monde, commence, à cette occasion imprévue, à apprendre le tricot avec un hollandais féru de laine. Du coup, le virus se propage à Arnaud, et nous allons dans les jours qui suivent acheter deux aiguilles et deux pelotes de laine. Martin n’en croit pas ses yeux ! C’est Arnaud qui tricote ! Le propriétaire me dit gentiment de me méfier, je sais que dans un coin de son cerveau il le pense ! Les hommes ne doivent pas faire de tricot, nous sommes quand même en Argentine, qui plus est en Amérique du sud et le machisme de base est de mise, même pour les plus évolués… Enfin il nous prend un peu pour des fous, mais au fond on sait qu’il nous aime bien… 😉 Les débuts sont un peu difficiles, mais finalement résolvant un problème après l’autre (trous, lignes de 46 au lieu de 40 mailles…) Arnaud en vient à bien maitriser le truc et ça occupe durant les nuits de garde.

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Le tout c’est de rester zen!

Anecdote drôle en relation avec ce volcan, à la troisième éruption, le nuage de cendres s’est propagé jusqu’à Buenos Aires, et le vol de Yann pour rentrer en France est annulé ! L’anglaise finit par partir le lendemain de l’éruption, non sans me demander d’appeler la compagnie pour leur demander qu’ils préparent un repas végétarien pour elle… que bien sûr ils ne font pas XD. Le soir nous organisons un repas tous ensemble, l’ambiance est relax alors, et le hollandais joue de la guitare, pour le plus grand plaisir des autres hôtes, dont un couple d’anglais qui chante très faux, mais qui paraissent par contre très heureux… Alors tout va bien !

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De gauche à droite copain hollandais, Guillaume, copains des États Unis, copains anglais, gars inconnu, presque copine anglaise, copine US, couple sympa, et Philippe, as compliqué de s’en souvenir! hihi…

Un couple d’allemand est là aussi, ainsi qu’un suisse à la longue barbe rousse, Philippe, on s’entend bien alors on apprend à dire aiguille à tricoter en allemand : « Stricknadel »… Pas facile facile ! Mais on rigole bien quand même !

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Qu’il est beau Jonas comme ça!

Nous nous sommes occupés durant cette période, malgré le fait que nous étions privés de Maryana, partie avant l’éruption en visite à San Martin de los Andes, et bloquée là-bas plusieurs jours alors que la ville était touchée encore plus fortement par les retombées volcaniques. Elle est rentrée que bien plus tard, les chaussures repeintes avec des photos incroyables : des roses grises, remplies de cendres. Notre amie russe absente, nous avions pourtant John, d’habitude plutôt jovial, qui était là déprimer de voir que pile durant ses jours libres il est coincé à l’intérieur à cause d’un volcan. En plus sa meilleure amie se marie, nous annonce-t-il d’un air malheureux.

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Chacun son tour, ici c’est Alina!

Adriano, lui, relativise, comme à son habitude, « tot va bene ! ». Globalement leur consommation d’alcool, déjà assez élevée, n’a pas diminué à cause du volcan. Charlotte, elle, dort alors dans le grenier, et ses yeux la piquent, nous supposons qu’elle est un peu trop exposée aux résidus volcaniques. Ce qui est assez ironique, c’est que les fumeurs les plus endurcis sortent quand même pour s’en griller une, et avec les cendres, ça fait double emploi pour les poumons.

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On a des preuves! Les particules apparaissent sur la photo! Il pleut des cendres…

Heureusement après seulement trois jours nous pouvons de nouveau circuler pratiquement librement en ville, seulement avec un masque. Nous ne sommes pourtant pas encore au bout de nos peines. La terrasse, sa table et ses chaises sont littéralement couvertes de cendres et il faut y aller au jet d’eau. Nous avons bientôt une autre surprise : normalement le check out est à 10h, mais un couple des USA a dépassé les délais depuis presque une heure… Je toque à la porte, et quelle ne fut pas ma surprise quand je les vois tout embêtés devant la fenêtre ouverte, elle avec un masque lui non, un gros tas de linge tout gris à leur pieds… L’explication vient vite, ils ont laissé leurs vêtements mouillés dehors durant le passage du nuage volcanique… comment en sont-ils arrivés là ? C’est une vraie question. Évidemment maintenant leurs habits ne ressemblent plus à rien. Elle me dit qu’elle va les laver dans la douche, je l’en dissuade, à mon avis eau+cendres dans les canalisations, ce n’est pas une idée de génie… Seconde initiative, aller à la laverie, mais comme prévu ils n’en ont pas voulu non plus. Ils finissent par tout laver dans une bassine dans la cuisine, évidemment celle-ci avait un trou donc on s’est vite retrouvé dans une pataugeoire à cendres, on aime refaire le ménage 5 fois par jour, et ont tenté de rejeter l’eau souillée restante dehors. Finalement, j’aurai plutôt dû écrire « ne laisser rien dehors », sur les portes.

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Le tout est de rester souriant!

Qu’est-il arrivé à… précisions désordonnées sur quelques héros/antihéros de cette histoire

                Maryana ? Partie en même temps que nous vers Bahia Blanca côte atlantique de l’Argentine, elle a très vite recherché ensuite un endroit chaud et pas cher où finir son séjour : la Bolivie. Le volontariat en tant que prof l’a enchanté, et pas trop envie de rentrer en Ukraine.

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Le plus drôle, c’est qu’elle n’a rien vu… tant qu’elle n’a pas eu jeté un œil à la photo!

                Charlotte ? Hum en road trip en Amérique Latine avec sa sœur… Ca vaaaaaaaaaaa ! Profite jusqu’au bout copine !

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Si vous voulez savoir ce qu’on fait à ce moment-là, et bien on pêche…

               Adriano ? Il partait en même temps que nous, mais vers le Chili. Parce qu’il était en Argentine depuis plus de 3 mois contrairement à ce que l’autorisait son visa, il avait RDV au bureau des migrations à Bariloche… Il a oublié d’y aller et à décider de se présenter comme ça à la frontière, prêt tout de même à payer une amende. Aujourd’hui impossible de dire exactement où il est, mais on sait qu’il va bien !

               John ? Il faut qu’on vous raconte… la fois où Martin demande aux garçons, Adriano et John, de garde, de faire le pain pour les burgers maison… Et ils font du pain normal, comme on fait pour le matin, mais qui n’a rien à voir avec le pain burger, rond, classique. Bon on a mangé des bouts de pain avec du steak, original ! Aujourd’hui John a retrouvé un contexte d’hostel plus organisé à Buenos Aires, ville qu’il aime beaucoup et où a priori il se sent bien.

              L’insupportable ? Un jour un italien est arrivé à l’hôtel en demandant à voir une fille française qui travaille ici… On se souvient alors ! La pénible ! Elle n’est pas là, lui apprend-on, et à priori elle ne veut pas te voir, mais ça, on ne lui dira pas, ils se débrouillent entre eux ! Ce qu’ils feront effectivement puisque la jeune fille en question a le culot de débarquer à l’hôtel pour s’expliquer avec lui, Martin me fait une tête à mourir de rire en la voyant, je lui répond par un signe impuissant…

             Philippe, le suisse à la longue barbe rousse ? Il est devenu helper après nous !

            Mauro, le chef cuisto, et Guido, clients en recherche d’emploi ? La basse saison approchant, Mauro a décidé de retenter sa chance plus tard et est rentré à Buenos Aires. Guido par contre a trouvé du travail et un appart, et il est ravi !

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Oui Martin a prévu un peu de viande… 😉 Merci Martin pour ces asados fabuleux!

            Martin ? Il fait toujours du chimichuri, celui que l’on met dans les burgers et avec la viande des asados, il s’agit d’une préparation de sauce commune en Argentine, mais que Martin réussit particulièrement bien : oignon coupé fin, paprika, ail, piment, origan, sel poivre, le tout dans l’huile. Laisser infuser quelques heures, c’est prêt ! Ce n’est pas gras le confit… A vrai dire on mange riche avec Martin, qui lorsqu’il faut faire une salade pour accompagner la viande, le proprio propose d’y mettre des œufs durs/pommes de terre/oignons… Définitivement allergique au vert ! On ne vous en dit pas plus, parce qu’il revient très vite dans nos chroniques !

A bientôt les gars !

Il va être temps de partir, de dire au-revoir. Les choses commencent à se corser, de nouveaux helpers arrivent, et nous nous retrouvons à 10 helpers dans l’hôtel, à cause du chassé-croisé de volontaires… C’est trop, surtout que la basse saison a commencé à pointer son nez. Plus assez de place, plus assez de 800 pesos pour manger une semaine… Bref situation plus compliquée, il va être temps de prendre le large. Martin a de toute façon prévu de fermer l’hôtel afin de faire quelques rénovations et travaux de peinture.

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On a bien failli craqué…

Seulement nous faisons quand même provision de chocolat. De gentilles chiliennes de passage nous ont laissé des coupons de réduction pour Rapa Nui, et nous en faisons profiter nos copines, et allons tous ensemble dévaliser la chocolaterie… Un dernier repas, une glace partagée, deux nuits dans le grenier pour laisser de la place aux nouveaux arrivants.

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J’aime cette photo ! ça tient!

Même si on sent qu’il est temps de partir, et de terminer cet article, nous avons passé de très bons moments ici, on s’y sent un peu chez nous, c’est la maison d’Argentine (encore une), et nous nous dirigeons vers la prochaine….

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On the road again!!!

Merci Martin pour ton accueil, les français n’ont pas dire leur dernier mot, nous reviendrons!
Claire et Arnaud

PS: On avait oublié le bonus!!

Il était un jour de fin avril, le temps radieux invitait à la promenade et à siffler des petits airs joyeux… Quand vers midi entre un oiseau noir de mauvais présage! Il s’agit d’un employé du fournissuer électrique local… Il demande le règlement immédiat de la facture rondelette qui courre depuis… longtemps, sinon, il coupe! Martin n’est pas là et nous le prions de nous accorder un petit délais, ce qu’il fera: « vous avez jusqu’à 13h… ».

Finalement tout sera réglé rapidement par Martin, et il s’excusera par ses mots: « bah oui je ne savais pas où payer la facture… » les argentins sont géniaux!

8 réflexions sur “L’Hostel ambulant de Bariloche ou quand les voyageurs nous transportent

  1. Bravo pour ce reportage qui donne envie de visiter l’Argentine !!!
    Les voyages forment la jeunesse ??? Profitez-en bien !!!
    David de Rochefort

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    • Merci pour ce commentaire qui me fait très plaisir! Les voyages forment tout le monde, tant qu’on reste les yeux ouverts je pense!
      J’aime bien regarder les dessins que tu publies régulièrement…
      A bientôt!
      Claire

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  2. Bravo pour toutes ces aventures que vous nous faites partager, en plus on a la chance de reconnaître quelques lieux…..
    L’épisode du volcan est assez impressionnant avec ce gros nuage de cendres,
    Bisous et à bientôt, pour d’autres aventures

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  3. Voilà j’ai lu tous les mots, vu toutes les photos.
    Celles prises à Cerro Cathedral sont superbes; j’aime aussi celle de « la chasse aux fourmis » et celle du « grenier ».
    Ce qui est drôle c’est que même enfermés pour cause de chute de cendres, vous avez voyagé en cohabitant avec des personnes de tous les horizons. »j’peux pas venir j’ai volcan » hahaha!!!!!
    Bisous Sophie

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    • Coucou, contente que tu aies aimé! Ya pas mal de mots et pourtant j’ai l’impression que le séjour était bien plus que ça. Pas toujours facile de retranscrire un voyage loin mais statique! En tout cas on en a bien profité et ça fait plaisir de partager avec vous ces photos et ses aventures!

      Bisous de nous 2

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  4. coucou les helpers
    Grandiose ces lacs, merci pour vos photos la région de Bariloche à l’air splendide je pense que vous n’allez pas tarder à voir la neige, petit coté suisse sympa et à la fois super étonnant avec le chocolat bien sûr ! bonne continuation et gros bisous à tous les 2
    Brigitte et Michel

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