Hé… Cordoba… Elle est jésuite…

Hola amigos, todos les extranamos !
Que tal amigos ? Ya sabemos que tenemos mucho retraso. Hace ya un par de meses que fuimos en Cordoba, pero todo viene a los que saben esperar ! Asi aqui esta la historia de nuestra aventura en Cordoba « la docta » y su sierra. Increible, realmente maravillosa, una cuidad linda que protege a su historia y tiene el inmenso privilegio del aceso a las sierras. Una naturaleza virgen, paysages impresionates de viva al estado salvaje. Por favor hacen que Argentina sigue protegendo su patrimonio natural tan extraordinario ! Nos encanto Alta Gracia y la Cumbrecita, pero son pueblo que mas pertenecen a la cultura Aleman 😉 Tan chocolate y cerveza ! Cordoba en si misma nos parecio mas una cuidad entre modernidad (hay muchos estudiantes) y patrimonio (tantas iglesias y museos !)

Hi English speackers ! 😉

Just for you to know : if you want to meet funny people, from all over Argentina, in the city were Fernet Cola has become the most cummon drink in Argentina, go to Cordoba ! We were very happy to discover there a very good mix between modernity and nature and heritage protection. You can’t imagine how many churches there in Cordoba, and not only little ones but also beautiful cathedrales with impressives painting and architecture. Going to la Cumbrecita we were surprised to find german culture in this village in the Cordoba montains : beer and chocolate are sold in every shop ! Alta Gracia has been too a good surprise and we have could understand more about how were working the jesuit communities, at the origins of the city.

Hé… Cordoba… Elle est jésuite…

Ainsi vous l’aurez compris, Cordoba ne pratique pas du tout la même religion que le Salomon de Rabbi Jacob… mais la ville en elle-même et ses alentours ont été le siège de l’installation des jésuites au  début du XVIIe siècle car ils l’ont désignée comme capitale de la province jésuite du Paraguay. Ils construisirent ici de nombreux bâtiments à vocation religieuse, notamment le noviciat, le Colegio Maximo, et l’Université de Cordoba (actuellement Université National de Cordoba suite à la nationalisation des universités). Cette ville est extrêmement dynamique et c’est un pôle d’enseignement supérieur majeur dans toute l’Argentine. C’est pour cela qu’elle se fait surnommer la « docte », car c’est l’une des villes dont le ratio étudiant/habitant est le plus élevé au monde (12%). Deuxième agglomération la plus peuplée après Buenos Aires (il y a une très grosse différence entre les deux mais c’est tout de même la seconde…)  et la plus étendue, ce qui n’est pas une mince affaire connaissant la taille de la capitale… Bref cette ville au patrimoine très vaste et ses alentours seront notre petit nid pour les quelques jours à venir avant la poursuite de notre chevauchée fantastique. Malheureusement, drame entre les drames, nous avons perdu ici notre téléphone et par voie de conséquence, une bonne partie des photos que nous avions prises ici et certaine que nous avions faites à Buenos Aires…

Le camp de base : Turning point

A quelques minutes de marche du terminal de bus se trouve notre nouveau chez nous, et à quelques encablures seulement le centre historique de la ville ainsi que le grand parc et de nombreux musées. L’hostel Turning Point nous accueille dans un cadre assez sympa et très confortable (en plus une guitare presque accordée et accordable est dispo^^). C’est ici que nous retrouverons une agréable compagnie, puisque Clément nous a rejoints pour une partie de ce périple corbese (à prononcer cordobécé). La suite de son voyage le mènera jusque dans la sierra (moyenne montagne) aux alentours de cordoba ou un prochain volontariat l’attend, mais en attendant une promenade avec nous est programmée.  Vous l’aurez compris, le temps va passer très très vite… D’autant plus que nous nous lions d’amitié avec certains réceptionnistes de l’hôtel, dont une brésilienne très sympathique qui tente de nous apprendre quelques mots de portugais…

En révolution hasta la victoria, siempre !!

C’est dans cette partie de l’Argentine qu’un jeune homme a grandi, et qu’il a changé le destin de bon nombre de ses contemporains, tout en devenant un modèle pour bon nombre de jeunes « révolutionnaires » et lycéens, encore aujourd’hui. Il s’agit d’Ernesto « Che » Guevara. Le « Che » lui a été greffé en tant que surnom à cause son héritage argentin (vous vous souvenez que les argentins disent Che à la moindre occasion^^). Né en 1928 à Rosario, il a grandi dans une petite ville à côté de Cordoba nommé Alta Gracia. Nous avons donc pu visiter la maison familiale des Guevara, dans laquelle il y a aujourd’hui un musée retraçant sa vie. C’est une jolie petite visite dans une maison bourgeoise des années 1940.

De nombreuses possessions et lettres écrites par ou pour lui sont exposées ici, ainsi que la splendide moto Poderosa II (une vieille moto Norton 500 cm3) avec laquelle il entreprit, en 1951, un incroyable road trip à l’époque au cours d’une année sabbatique dans ses études de médecine (il obtiendra son diplôme en 1953 à son retour de ce voyage, puisqu’il l’avait promis à sa mère). Son ami Alberto Granado et lui ont parcourus des centaines de kilomètres, accédant à des contrées reculées, leur permettant de mesurer la misère des « sans terre » en Amérique latine, ces paysans exploités, comme des mineurs au Chili. On vous conseille d’ailleurs à ce sujet le film de Walter Salles, Carnets de voyage, tiré de Diarios de motocicleta, journal du Che.

Ces observations ainsi que ses lectures marxistes vont influencer la prise de position politique d’Ernesto, qui croit que la lutte armée révolutionnaire du continent tout entier est la solution des inégalités qu’il a constaté. On en apprend ici beaucoup sur sa vie et sur les motivations qui ont poussé de jeune asthmatique à devenir le révolutionnaire que le monde connait et qui a mis Batista à bas en 1958, au côté de Fidel Castro à Cuba. Mais pour El Che, la victoire du communisme à Cuba n’est qu’un commencement, et bien qu’il fasse parti du nouveau gouvernement cubain et qu’il occupe de nombreuses fonctions à responsabilités à partir de 1959, représentant notamment Cuba au niveau international, il poursuivra la lutte en Afrique, et en Bolivie (au grand dam de Castro qui reçut la lettre de renonciation à son poste…).

C’est là qu’il perdra la vie, dans des circonstances mal connues, impliquant la CIA et l’armée du Bolivienne. Enfermé un temps, l’institutrice du village qui lui apporte à manger et relatera un échange avec le Che lors de leur dernière rencontre : « Pourquoi avec votre physique, votre intelligence, votre famille et vos responsabilités vous êtes-vous mis dans une situation pareille ? » « Pour mes idéaux ». C’est aussi la teneur de sa dernière lettre à ces enfants, exposé à Alta Gracia. Une statue le représentant assis sur un banc nous a permis de nous rendre compte à quel point j’étais plus beau que lui, preuve à l’appui ^^ (…).

La réceptionniste profitera de notre soif de culture pour nous indiquer les deux autres musées de la ville, celui de Manuel de Falla, grand chef d’orchestre espagnol ayant terminé sa vie ici à la suite de son exil en argentine pendant la seconde guerre mondiale

Ainsi que celui de Gabriel Dubois, sculpteur Français apparemment très connu ici. Ce sont deux petits musées sans grande prétention dans la maison qu’ils ont respectivement occupé, le premier présentant la vie de ce grand compositeur et la seconde une simple exposition de ces œuvres. Toutefois nous avons rencontré une descendante de la famille Dubois, elle aussi artiste en sculpture, et fière de présenter son héritage et de partager ses connaissances dans l’atelier même qu’occupait son parent.

Alors que nous reprenons la route du terminal pour revenir à Cordoba nous passons devant un immense bâtiment, bien plus ancien, qui se trouve être une grande estancia jésuite surplombant un petit lac, en lien avec un beau petit château d’eau.

Nous découvrons ici tout un ensemble de constructions ayant fonctionné en parfaite autarcie. Autour d’une grande cour intérieure donnant accès à l’estancia en tant que telle, de nombreuses pièces à vivre, un cloître dont les arcades blanches tranchent sur les notes orangées des agrumes du jardin.

S’y trouve aussi une pièce d’aisance extrêmement ingénieuse

Une boulangerie, une arrière-cour dotée d’une forge et d’un espace pour entretenir une basse-cour, le tout entouré par de solides murs.

Construite de façon mitoyenne, une petite église se tient juste à côté. Les deux parties, église et estancia, arborent sur leur fronton le sceau de la compagnie de jésus.

Il s’agit d’un véritable de lieu de vie construit par Juan Nieto l’un des cofondateurs de la ville de Cordoba. Son successeur donnera alors son nom à l’estancia : Alta Gracia, aujourd’hui le nom actuel de la ville, en hommage à la vierge de son village natal en Espagne. Veuf pour la seconde fois il intègre les jésuites et leur donne tous ses biens. Ce sont eux qui en firent cet établissement un lieu pluridisciplinaire agricole.

Et chose rare, on a pu sauvegarder ici de nombreux meubles et accessoires des différents locataires du lieu, depuis les communautés entières de jésuites qui ont été à l’origine de la fondation de la ville, jusqu’aux propriétaires plus récents qui ont été chassés avec l’indépendance de l’Argentine.

Trêve d’Histoire, il est temps de rentrer, et nous retrouvons avec joie nos pénates et la bière cordobese… loin d’être la meilleure qui soit, ça désaltère tout de même !

Cordoba la docta !

Par chance, nous sommes à Cordoba le jour de gratuité des musées ! Autant vous dire que ce jour a été consacré à la ville en elle-même et surtout à son centre historique et qu’il y a eu de quoi faire.

A quelques centaines de mètres de notre hostel, nous débouchons sur la Plaza San Martin (oui une de plus, San Martin étant l’un des libérateurs les plus importants de l’Argentine son nom revient partout !). A l’instar de nombre d’autres centres urbains, la place centrale est ici un grand carré, bordée de nombreux arbres, où il fait bon vivre. Le temps semble suspendre son vol à l’ombre des grands bâtiments et sur chaque banc quelques argentins prennent le mate en parlant, au choix, foot ou politique… C’est encore l’un de ces lieux de rencontre où les gens font une chose incroyable que bon nombre d’européens ont oublié : ils parlent, échangent, et dialoguent, parfois en parlant fort, parfois de grands gestes accompagnent les voix, toujours avec une passion. On sent bien, comme on nous l’a dit de nombreuses fois, l’héritage italien de ces Argentins.

Passant bancs et groupes, nous approchons de l’Iglesia Catedral. Un travail d’envergure puisque commencée en 1580, elle fut consacrée plus d’un siècle plus tard, en 1706. C’est un bâtiment majestueux surmonté d’une coupole, elle-même surmontée d’une horloge. Elle se trouve au centre de quatre piliers jouant le rôle de renfort pour les arcs-boutants. Une première très bonne impression pour nous, à l’image de la ville : plutôt en bon état (ou tout du moins pour le cas du centre-ville). C’est sur ce bon a priori que nous passons les portes où le narthex donne d’ors et déjà le ton : c’est grand !!^^.

Ici se trouve le tombeau du général Jose Maria Paz et de son épouse. Celui-ci lutta pour l’indépendance de l’Argentine durant la première moitié du XIXe siècle (ainsi vous trouverez ce nom de rue un peu partout dans le pays). En le dépassant, on arrive enfin dans une nef vraiment resplendissante. De nombreuses moulures et dorures sont ici présentes et donnent une ambiance chaleureuse (pour autant qu’une église puisse l’être). Nous remontons alors l’allée centrale sous une magnifique peinture sur la voûte représentant (je vous le donne Emile !) le paradis.

Elle se situe juste avant la partie concave du dôme, toute décorée et illuminée par de nombreuses ouvertures. La représentation est superbe et nous nous arrêtons quelques instants pour profiter de la vue. Reprenant chemin, nous atteignons le chœur. Il n’est, quant à lui, pas immense, mais une intense chaleur se dégage, grâce aux dorures et boiseries. Il faut préciser que la cathédrale a bénéficié de très généreux donateurs depuis sa consécration et possède un riche patrimoine qui a été très bien mis en valeur et surtout (important à préciser) très bien entretenu.

En prenant congé de ce bâtiment, nous remarquons que sur la mezzanine au-dessus du narthex se trouvent les grandes orges de la cathédrale qui emplissent à merveille, dans un enchevêtrement calculé de tubes métalliques de toutes dimensions dans du bois sombre, l’espace qui mène à la voûte. Nous sortons enfin et faisons quelques pas le temps de nous habituer de nouveau à la luminosité. Juste le temps d’entrer dans le nouveau lieu de visite : le Cabildo.

Il faut savoir que le Cabildo n’est pas unique en son genre (en terme de type de bâtiment car l’architecture de chacun était variable). C’est grâce à ce genre bâtiment que l’empire espagnol gérait son administration judiciaire, sociale, économique, etc… au niveau local dans ses colonies. Ils se sont ainsi développés de partout en Amérique du Sud mais également aux Philippines, et sont apparemment un héritage germanique. Aujourd’hui, le Cabildo n’a plus cette vocation car le musée des arts urbains de Cordoba s’y trouve, ainsi que l’office du tourisme. Le bâtiment en lui-même est bien entretenu (quand je vous disais qu’ils faisaient bien les choses à Cordoba^^) et étant en libre visite, nous en avons fouillé les moindres recoins (et les toilettes ne sont pas faciles à trouver mais ont été néanmoins une découverte capitale…).

Qui dit ancien établissement judiciaire dit prison, et c’est précisément par là que commence notre visite. L’espace a été réaménagé et une exposition s’y tient, mais on ressent toujours l’atmosphère sinistre du lieu. En sous-sol, la lumière arrivant par une petite ouverture au niveau du plafond et barrée par de l’acier épais comme le bras, ce lieu morbide ne rassure pas (c’était sa vocation donc bon ;-)).  L’exposition présentée ce jour-là est un rassemblement de photos et dessins des bâtiments principaux de la ville de cordoba à travers les âges.

En remontant, nous passons un patio assez grand et très lumineux du fait du blanc des murs. On ressent vraiment cet esprit colonial imposé lors de la construction de l’édifice. A l’étage, le musée de la ville nous ouvre ces portes. Il s’agit d’un résumé de la création de la ville, avec de nombreuses cartes, des photos et dessins de la ville, des relevés de recensement, etc… on y découvre même un document administratif officiel et illustré, typique de cette époque : un classement des différentes races produites par le croisement entre homme blanc, noir, natif d’Amérique, etc. Ce que qui est frappant c’est la simple volonté administrative de classification qui en ressort. Après cela, une grande collection d’objets d’époques diverses nous est présentée comme de nombreux vêtements et objets du quotidien (ceci vous donnera un petit aperçu https://www.youtube.com/watch?v=HHFhFT0SxsM).

L’empreinte jésuite

Chemin faisant, nous poursuivons nos visites par le Museo de arte religioso (musée d’art religieux), petit par la taille, grand par son jardin ! C’est dans le cadre d’un ancien couvent juste à côté de la cathédrale qu’il tient place. L’endroit est assez sombre de prime abord… Très peu de lumière, et de grandes figures religieuses au visage tourmenté et au corps mutilé (je pense que ça doit être une espèce de tradition argentine de faire des représentations particulièrement meurtris et réaliste des martyrs…).

Bref après avoir passé les portes c’est une grande bouffée d’oxygène que d’arriver dans la cour intérieure. Et pas seulement d’oxygène car l’air embaume la fleur d’oranger, effluve venant d’un petit arbre juste à côté de nous. C’est en effet un petit havre de paix que nous découvrons ici car même le bruit du boulevard adjacent ne semble guère perturber la quiétude du lieu.

Le musée en tant que tel n’est ni le plus riche en collection ni le mieux entretenu mais il permet de donner un bon aperçu de la vie des nonnes qui vivaient ici recluses. Nous découvrons également de voir comment sont faites les vierges vêtues de robe : il s’agit d’un buste posé sur une armature conique pour permettre de donner une forme à la robe (sans la robe ça donne un effet assez terrifiant…).

Après avoir fait le tour de la propriété en passant par un gigantesque parloir aux deux parties séparées par une épaisse palissade ajourée, nous partons de ce lieu après avoir salué les nombreux oiseaux profitant de la tranquillité des arbres avoisinants.

Nous n’avons pas pu profiter à cent pourcent de la Manzana Jesuistica, qui est l’un des ensembles de bâtiments le plus important de Cordoba, car c’est le point de départ originel de l’installation des jésuites, avant leur établissement de manière permanente en Amérique Latine, qui se fera principalement dans le nord de l’Argentine, au Paraguay et dans le sud du Brésil.

Ils érigèrent ici un complexe religieux et éducatif sans précédent en Argentine, comprenant l’église de la compagnie de Jésus et ce qui s’appelle aujourd’hui l’université nationale de Cordoba. Comment se fait-il me direz-vous que nous n’ayons pas pu tout voir? C’est bien simple, un ministre israélien, qui n’avait rien de mieux à faire, était de passage et voulait en profiter pour visiter la Manzana (et oui ça veut aussi dire pomme en espagnol !). Ainsi les portes de l’église de la compagnie de Jésus nous sont restées closes mais nous avons tout de même pu voir la bibliothèque de l’université. Bien qu’elle ne soit pas aussi belle que peuvent l’être d’autres (étagères aluminium au lieu des boiseries que l’on peut attendre, très « sécurité sociale »), elle est très fournie en termes de quantité et qualité d’ouvrages et surtout nous avons raffolé de l’exposition de vieilles cartes, aux dessins burlesques et aux contours peu sûrs qui prêtent à sourire.

Notre visite sera du coup de courte durée car les brigades cynophiles nous feront comprendre que, bien que l’on soit très beau, sympa, gentil, parfait en un mot… on avait rien à f… ici.

Cette petite déconvenue fut vite oubliée, au rythme soutenu de nos pas au cœur du centre de Cordoba. La ville est un vrai mélange entre une cité traditionnelle aux vieux édifices de pierre, issus de son histoire jésuite, et un ensemble moderne dû à sa position de pôle économique et d’éducation supérieure. C’est en déambulant ainsi que nous sommes tombés sur la  Catedral de Capuchinos.

Alors pour les petits malins, ce n’est pas saint nescafé que l’on prie ici, et l’évêque n’est pas George Clooney. Il s’agit d’un autre ordre religieux ayant également ses pénates dans la région. Ce sont les moines Capucins (sous-ensemble des Franciscains) qui ont également fait bâtir une cathédrale.

Elle s’envole bien plus haut que la cathédrale jésuite mais se révèle également plus sobre. On ressent une certaine sobriété dans la nef aux dimensions pantagruelesques, une certaine austérité. Le géant de Rabelais ne se serait pas senti à l’étroit ici. De nombreuses décorations ont été apportées ici mettant le lieu en valeur comme les colonnades sculptées et les petits animaux de pierre visible çà et là. Nous quittons la voie lactée ornant le plafond pour continuer notre balade culturelle.

Evita et les Beaux-Arts

Vous connaissez peut être l’une des plus grande figure politique moderne de l’Argentine, à savoir Eva Perron. Evita (petite Eva) est considérée quasiment comme une figure sacrée dans tout le pays, et principalement par la caste ouvrière. Figure emblématique du progrès social argentin, elle a permis le développement de l’égalité homme-femme. C’est pour cette raison que lui est dédié le Museo de bellas artes (musée des Beaux-Arts).

Le nom de l’édifice est le palais Ferreyra et possède un arrière-goût d’architecture française dont il s’inspire effectivement, tant du côté du jardin que du style de construction de l’édifice en tant que tel. De forme rectangulaire, l’intérieur du pavillon s’articule autour d’un hall immense, sur lequel donne chaque étage, au nombre de trois. Les collections sont assez diverses et on prend plaisir à circuler dans les larges espaces que nous offre le musée, ainsi que sa lumière.

Nous retiendrons en particulier la grande exposition temporaire mettant en scène les tapisseries créées par un artiste péruvien.

Couleurs en abondance, formes exotiques au possible, une précision de maître. C’est ce que l’on a pu trouver dans ses monumentaux échelas de vie, au beau milieu de la jungle chatoyante tissée grâce aux doigts de fée de Maximo Laura.

Vous vous doutez bien qu’après tant de visites, on commençait à avoir le cerveau en surchauffe. Nous fîmes donc une petite promenade au « parque Sarmiento » histoire de décompresser. Il s’agit d’un grand parc au sud du centre-ville où tout le monde se retrouve qu’elle qu’en soit la raison. Nous croisons ainsi plusieurs groupes de buveurs de mate aux alentours d’un étang  et de très nombreux sportifs.

Nous les voyons en plein effort le long des grands escaliers faisant la jonction entre ce petit paradis de verdure et la ville en contrebas, ou bien en pleine action, occupés à virevolter sur le terrain de vélo-cross juste à côté. C’est sur cette constatation que nous nous rendons compte qu’il est grand temps d’aller manger^^.

Oui mais quoi ? C’est ce que nous nous demandons à l’instant où nos yeux sont happés par une vision paradisiaque, à quelques mètres à peine de l’hostel, qui nous prouve indubitablement l’existence du dieu de la gastronomie (qui est reconnaissable au jésuite qu’il tient en main n’est-ce pas Jérôme ?!) ! Une boulangerie avec des tartes au citron… meringuées !!!

Mais attention, pas n’importe lesquelles : elles ont l’air comestibles et de surcroît succulentes. Comble pour des gourmands tels que nous, l’échoppe voisine vend des pâtes faites maison. Ainsi fut dit ainsi fut fait, un repas de luxe pour portefeuille raplapla ^^. Blague à part ç’a été l’une des seules fois où un dessert made in Argentina a valu le coup alors on en parle^^.

A la fin de ce banquet digne de la fin d’un album d’Astérix et Obélix (et Idéfix !), nous sommes rejoints par une tête connue. Clément, notre copain du pays des baleines, nous retrouve dans notre camps de base afin de faire ensemble une promenade jusqu’à Villa General Belgrano et la Cumbrecita, au cœur de la sierra de Cordoba.

Voyage au cœur de la sierra

Nous atteignons la première après quelques heures de bus (tient, ça nous avait manqué ^^) pendant lesquelles, horaire matinal oblige, nous avons tous trois roupillés tout notre saoul. C’est alors que, quelques minutes après être descendus du bus nous constatons un fait peu réjouissant : j’ai perdu mon téléphone… M’a-t’il fait une infidélité de son propre chef en tombant de ma poche ou quelqu’un l’a-t’il trouvé plus utile pour lui que pour moi sans mon consentement ? Le mystère reste, encore aujourd’hui, entier. Toujours est-il que c’est un peu blasés que nous effectuons nos premiers pas… en Allemagne !

Non, vous ne rêvez pas : chalets en bois, affiches géantes de pub pour l’oktoberfest à venir et énorme barrique de bière publicitaire à l’appui, (équivalente à celle de la fête de la bière munichoise…), nom des magasins aux consonances teutonnes, et bien évidemment, les étals remplis de chocolat… Nous vivons un peu le même scénario qu’à Bariloche, mais cette fois-ci encore plus prononcé… Une réceptionniste typiquement argentine, blonde aux yeux bleus, nous donne les renseignements nécessaires afin de rejoindre notre destination finale la Cumbrecita. Je ne vous parlerai pas de Villa General Belgrano dans le détail (c’est son vrai nom).

C’est en effet une visite qui n’a que peu d’intérêt. Même si c’est « mignon », cela s’adresse plus aux européens qui ont le mal du pays, ou aux Argentins aux envies de vieux continent, pour peu qu’ils soient originaires ou descendants d’un village montagnard et pourquoi pas allemand… Et bientôt alors que nous déambulons dans le village la réalité argentine nous rattrape : une grande troupe de 6 ou 7 chiens se met à nous suivre partout, plusieurs d’entre eux poursuivant les voitures qui nous dépassent.

Depuis Villa General Belgrano nous avons un peu plus d’une heure de bus, pour rejoindre La Cumbrecita. Même si elle reprend ces caractéristiques de village d’altitude suisse, elle a le mérite d’être plongée au cœur de la sierra, signifiant moyennes montagnes. Un paysage sauvage s’offre à nous et nous replonge un peu dans cet univers de découverte que nous avions ressenti en arrivant dans les Andes la première fois, la route qui serpente sur les pentes de la sierra nous dévoile des panoramas sublimes, entre vertes forêts, torrents creusant la roche et vastes parois imposantes et sèches.

Conquis déjà, nous partons donc en direction des sentiers entourés de conifères, après avoir pris un léger casse-croûte. Nous dépassons le village de petites boutiques et notre objectif est défini rapidement après avoir regardé les différentes possibilités sur un panneau indicateur (d’une précision digne des meilleures cartes IGN…) : nous irons à la cascade présente sur les hauteurs.

Il flotte ici un parfum de sève typique de ces forêts, et il nous embaume tout au long de notre (petite) ascension. A mi-chemin, une petite chapelle blanche devient peu à peu visible aux travers des arbres. Elle brille d’un blanc éclatant sous le soleil radieux de cet hiver austral, extrêmement doux. Un bruit trouble un instant la quiétude du lieu, le temps de laisser passer trois anciens dans un caddie de golf électrique pour leur épargner l’effort de la montée. Nous leur emboitons le pas (ou plutôt la roue) et découvrons au bout d’un sentier tortueux, garni des racines d’un vieil arbre et de rochers acérés (comment ils ont fait pour passer en caddie ???), la cascade que nous étions venu chercher.

Elle n’est pas immense, mais elle constitue une aire de repos pour les randonneurs amateurs que nous sommes et nous permet de profiter de ce soleil printanier susnommé.

Peu après quelques pas supplémentaires, un petit lac où est recueillie l’eau de la cascade nous offre un second abri face à la colonie de vacances qui ne comprend pas l’intérêt du mot tranquillité… ^^.

L’air est doux, nous nous sentons dans comme dans un écrin, encerclés de tous côté, et de bon cœur par les hauteurs de la chaîne de montagnes de Cordoba.

C’est ainsi que s’achève cette journée car le bus de retour n’attend pas. Une fois de retour nous nous séparons de Clément qui lui restera un peu plus longtemps dans la sierra en tant que volontaire, alors que nous partons dès le lendemain !

C’est ainsi que s’achève notre excursion au centre de l’Argentine et que notre route reprend en direction du nord en direction de l’enfer car nous nous approchons d’une énième gorge du diable 😉 Nous avons nos billets de bus en main, direction Posadas ! (Inutile de vous dire que le bus était en retard et le terminal bondé, ce serait une précision superflue !)

En route vers la prochaine destination, nous avons rendez-vous derrière la prochaine colline.

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