Hypnotique Iguazu, fabrique d’arcs-en-ciel

Vers Puerto Iguazu

Nous profitons, une fois n’est pas coutume, d’un voyage de jour en bus, dont la destination nous faire tressaillir d’impatience depuis longtemps ! Il faut dire que cela fait plusieurs mois déjà que nous parcourons l’Amérique du Sud, mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de voir le joyau de Misiones : les chutes d’Iguaçu !

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Ahah!! Les chutes!

Si Lorine et les parents d’Arnaud nous ont devancés sur ce site, nous comptons bien voir nous aussi de nos yeux ces chutes d’eaux monumentales, inscrites depuis 1984 au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme nous traversons toute la région, jusqu’au « point triple », point de rencontre des frontières Paraguayenne, brésilienne, et bien sûr argentine.

Ambiance tropiques!

C’est dire si ce lieu magique a attisé les convoitises : trois pays se retrouvent autour de ces chutes, et le parc naturel d’Iguaçu est partagé entre deux de ces Etats, l’Argentine et le Brésil. Encore une preuve de la rivalité Argentine-Brésil, qui ici se disputent la venue des touristes, puisque chacun des pays propose une vue différente sur les chutes, avec chacun (évidemment) un droit d’entrée à s’acquitter.

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Carte des deux parcs sur les deux pays

Nous arrivons à mi-journée dans la bourgade de Puerto Iguazu (eh oui, en pleine forêt tropicale, il est bon de faire halte à un port pour voir les chutes !). Grâce aux conseils avisés de notre copine Lise, nous trouvons rapidement l’auberge de jeunesse Marco Polo. Malgré un accueil froid, on nous donne quand même finalement deux lits dans un dortoir de 6. Heureusement l’accueil se réchauffe quand il s’agit d’organiser notre périple du lendemain sur le site argentin des chutes : il est donc conclu que nous prendrons un taxi, que nous partagerons pour moins de frais avec un autre couple résidant dans l’hôtel.

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Nos copains!

Vous nous connaissez, quand arrive la mi-journée, il est temps pour nous, ô gourmands que nous sommes, de trouver à manger… Sauf que nous avions rien prévu, et bien que la ville soit extrêmement touristique, il nous apparait très vite qu’il est très compliqué de trouver de quoi se mettre sous la dent un dimanche à 15h. Les supermarchés sont fermés, la longue rue de restaurants qui borde le terminal de bus, et nous finissons par nous perdre en suivant les indications qui nous auraient emmenées selon notre informateur à un barbecue de rue (qui aurait fait notre bonheur….). Après avoir traversé des blizzards hurlants, des déserts cuisants… (bon d’accord, pas tant, mais bon quand on a faim…) nous découvrons au coin d’une rue bénie une petite terrasse où une cuisine familiale nous suggère des empanadas, délicieuses, cela va sans dire !

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Puerto Iguazu

La soirée s’annonce bien, nous trouvons sans mal dans la loggia de l’hôtel de nouveaux copains ! Deux français, deux copains qui viennent comme nous se remplir les yeux et les oreilles des chutes d’eau d’ici. Nous allons cependant au lit pas trop tard, histoire de profiter à fond le lendemain de la visite, et c’est enduits dans l’anti-moustiques que nous nous enfonçons dans nos rêves de forêt tropicale luxuriante…

Fabrique à arc-en-ciels

Disney Land version chutes d’eau monstrueuses !

Etes-vous déjà allés à Disney ? Oui ? Alors vous voyez la grande porte d’entrée, celle avec les dizaines de billetterie ? Vous vous souvenez du petit train qui fait le tour du parc pour vous mener d’une attraction à une autre ? Des boutiques omniprésentes, du plan du site ? Vous avez certainement un souvenir marqué des ponts suspendus et des chemins blancs plein de monde, et même des prix exorbitants de tout ? Eh bien pareil !

Rideau de pluie, rideau d’eau

Forcément vous allez protester : oui il y a tout de même deux différences principales : Iguazu est un milieu naturel, les gens viennent voir la beauté de la nature, rien d’autre. Par conséquent la deuxième différence, qui en découle logiquement et immédiatement c’est le choc que ressentent les visiteurs : conduits par un train, entourés de magasins, de leur famille et de dizaines d’autres curieux, quel choc lorsque l’on se retrouve en face d’animaux sauvages, qui, non, ne vont aller où vous voulez juste pour la photo. Et, on va même révéler un secret à certains, qui font claquer leur langue pour attirer l’attention des singes au-dessus de leur tête : ils n’en ont rien à faire, mais alors rien du tout !

Singe en vue!!

Nous sommes cependant d’accord pour dire que c’est vraiment magique de voir des quadrumanes évoluer au-dessus de nos têtes, ils se balancent au-dessus des visiteurs sur des chemins qui n’appartiennent qu’à eux à travers la canopée. Il en est d’autres, au sol, qui eux au contraire suivent à la trace les touristes… Il s’agit des koatis, ces bouilles d’amour, petites bêtes « trop mignonnes » qui ont trouvé une manne de nourriture incroyable auprès des pique-niqueurs imprudents.

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Bouille de coati!

Je pense que nous pouvons parler, sans trop se tromper, d’attaque de coatis ! Les petits diables ont chipé sous nos yeux la poche (ou le sachet pour ceux qui parle pas le charentais) de chips d’une petite fille qui la tenait machinalement au bout du bras… Plus tard nous avons assisté à une embuscade : un jeune homme venant de s’acheter un sandwich (dont le prix est équivalent à celui d’un coca en haut des pistes), est tout à coup entouré de coatis, une dizaine dont certains sautent sur lui, il finit par tout lâcher de peur de se faire mordre.

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Gang de coatis en action autour d’une poubelle!

En effet, des panneaux dans tout le parc avisent les personnes du risque de ces blessures douloureuses, à grands renforts de photos. Mettez un gros sandwich au milieu d’un groupe de coatis, et vous obtiendrez une sacrée bataille dont nous avons été témoins, les dommages collatéraux sont nombreux, chez les coatis aussi, certains boitent, ou saignent.

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Les fameux panneaux d’avertissement

Périple des rires humides et des larmes chaudes

Parce qu’à Iguazu, on s’aperçoit que lorsqu’on rit sous une chute d’eau, ça fait des gorges froides (et non chaudes vous aurez compris), et que les projections des cascades nous impose la larme à l’œil, indissociable du sourire aux lèvres.

Et glou et glou, glouglouglou… 

Lors des quelques minutes de trajet jusqu’au parc, nous avons tôt fait de faire connaissance avec nous colocataires de taxi, un jeune couple très sympa, argentin, qui nous propose quand nous arrivons de faire la visite ensemble, nous acceptons avec joie cette compagnie castillane. Ils ont été assez gentils pour demander à la caisse leurs billets en même temps que les nôtres, ce qui nous a permis d’avoir le tarif réduit auquel nous avons normalement droit grâce à notre visa, mais que malheureusement on nous accorde que très rarement à cause de l’accent français, que, malgré tout, nous ne pouvons cacher ! Il faut dire que l’entrée n’est pas donnée, la nôtre s’élève à 80 pesos par personne, c’est le double pour les étrangers il me semble, et aujourd’hui cela doit être encore plus cher.

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Notre beau ticket !

Nous empruntons donc tous les 4 le « tren de la selva » qui nous mène à travers la forêt, donc, jusqu’à un premier arrêt : deux options s’offrent alors à nous. Rester dans le train qui nous laissera à la Garganta del Diablo (la gorge du diable), le premier et le plus volumineux saut du site, ou bien suivre dès à présent le circuit qui permet d’avoir une vue d’ensemble des chutes. Alors que nous débattons des possibilités en castillan, un garde du parc se propose gentiment de nous orienter et nous conseille la deuxième solution. Et grand bien nous a pris de suivre son conseil : nous avons fait le parcours dans le sens inverse par rapport à la majorité des visiteurs.

Les passerelles sont vides! Quelle chance!

Nous parcourons le « circuito inferior » avec plaisir et étonnement, comprenant ce qu’Iguazu a d’exceptionnel : c’est un lieu aux mille visages, puisque, d’un fleuve immense, les reliefs de la forêt ont dessiné des centaines de cascades.

C’est beau hein!

Certaines sont un filet d’eau au doux bruit de gouttelettes, d’autres vont par deux (il y a Adam et Eve, alimentant un petit bassin d’eau claire, et, plus hautes, les deux sœurs), d’autres encore sont plus nombreuses ou complètement indiscernables, formant un rideau d’eau, miroir du ciel bleu.  En tout, ce sont 275 « cataratas » qui forment les chutes.

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Vue du ciel! Impressionnant, non? 

L’ensemble forme un cadre magique, impossible à cerner d’un seul regard. La vision périphérique humaine n’est pas suffisante ! En outre, les recoins du site recèlent de nombreux points d’eau, des passerelles serpentent entre les arbres, tantôt surplombant, où aussi ébahissant, laissant le visiteur à sa petitesse, face à la force de l’eau.

Sur l’Île San Martin…

Nous profitons des différentes vues sublimes pour nous montrer les uns les autres un détail qui nous a marqué. Chemin faisant nous approchons d’un embarcadère, en face de l’île San Martin. Un guide et un batelier y attendent les premiers touristes : nous ! Nous rejoignons l’ile, qui est en réalité un énorme rocher séparant au niveau des chutes le fleuve en deux.

Le petit bateau pour aller sur l’île San Martin

C’est l’un des points où nous pourrons nous approcher le plus d’une cascade (à pied sec en tout cas). Le bruit est incroyable, non seulement parce qu’assourdissant, mais également continu, créant une tension dans nos cœur, comme un sentiment d’urgence de profiter de l’instant, comme une sirène prévenant d’un moment unique.

TADAMMMMM !!!!!

Depuis notre poste d’observation en haut de l’île, nous remarquons le ballet peu commun de petits oiseaux, accrochés aux parois sous les cascades : ce sont des martinets à tête grise, que l’on salue, ces petites bêtes résistant à la force de l’eau pour se protéger ainsi que leur descendance des prédateurs. Le petit volatil est aussi un symbole du Parc : il apparaît sur son logo !

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Logo avec le martinet à tête grise

La cascade sous le nez… « ça y est, tu la vois ??? »

De retour sur le « continent », on nous propose une autre option, payante celle-ci : faire la « Gran Aventura », comprenez monter sur un bateau et se rapprocher pour mieux voir…

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En avant!!!

On se laisse aisément convaincre pour nos compagnons du jour, et partons, à l’avant du bateau bien sûr. Evidemment se retrouver au niveau de l’eau aux pieds d’une cascade d’environ 50 mètres de haut, c’est méga impressionnant, et même si on la voit moins bien lorsque le conducteur nous fait goûter un peu de l’eau de du fleuve, c’est fou-rire garanti de se retrouver immerger sous les projections de la chute. Non pas le vraie chute en elle-même, plutôt ses postillons ! Mais des postillons de milliers de m3, ça fait quand même beaucoup d’eau, nous ressortons baptisés par le fleuve guarani en tant que touristes authentique et vraiment super contents !

Au pied de la cascade!

Nous ne saurions pas vous dire exactement pourquoi mais il y a quelque chose de jouissif à être trempé par Iguazu.  Sans compter les cris des jeunes filles du bateau, qui avec des exclamations plus graves masculines forment un concert étrange, dissonant mais drôle ! A la sortie nous ne sommes pas les plus mouillés, et étonné de voir que le guide à l’avant de l’embarcation a vraiment une expérience incroyable de ce genre d’aventure : écharpe anti-pluie, gilet imperméable, casquette et capuche… Il savait ce qui l’attendait, lui !

Juste au cas où!

Heureusement le temps est beau, nombreuses petites fleurs et papillons égaillent notre remontée et nos photos, et nous voilà en quête d’un endroit à l’abri des coatis pour manger notre casse-croûte (bien mérité !). Même si nous n’avons pas vu sur les chutes, nous profitons de notre petit coin calme pour observer les arbres, les plantes étranges et fleurs que nous voyons. Super chouette !

Les cascades en arrière de l’île San Martin

En route maintenant vers la Garganta del Diablo ! La plus haute, comme dit auparavant, avec 82 mètres.

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Panneau de la station du train

Tempête de papillons et 1 746 m3/s

De retour dans le petit train qui va nous mener jusqu’à cette fameuse chute de la Gorge du diable. Avant le départ, le personnel a le plus grand mal du monde à faire fuir tous les coatis pourtant décidés à faire partie du voyage.

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Le petit train de la selva… 

Le train avance lentement, et nous avons le temps de profiter du trajet, et notamment de voir, autour de flaque d’eau, des attroupements de papillons magnifiques, de différentes tailles. Jusqu’à une « tornade » de papillons jaunes, ils tournent, une centaine ou plus, sur un mètre de haut, comportement étonnant mais fort beau à voir.

Je précise que ceci n’est pas la tempête de papillons (pas facile à prendre) mais une mise en abîme du papillon

Pour accéder au point de vue au-dessus de la plus grande chute d’eau, nous avançons sur des passerelles qui sont des ponts entre plusieurs petites îles, avec plusieurs courbes, ce chemin complètement créé par l’homme au-dessus du fleuve Iguazu nous permet de nous rendre compte à quel point le fleuve est large.

Wahouu!!!!

Ces passerelles sont un lieu privilégié pour observer les animaux d’ici : des hérons (ou un cousin à lui), les harpies, ces grands rapaces immenses qui survolent en grand nombre le site (on leur envie un peu la vue qu’ils ont de là-haut). D’autres oiseaux dont malheureusement nous ne pouvons pas vous donner le nom mais dont nous avons apprécié les formes, les longues queues et les couleurs. Nous apercevons et avons aussi la chance de reconnaître un toucan !

Mariposa 😉

Les papillons sont toujours omniprésents, certains se servent de nous pour transiter d’un point à un autre, s’accrochant à nos vêtements, nos tee-shirts, nos chapeaux… certains y restant une demi-heure ! Les poissons sont aussi au rendez-vous et nous nous amusons avec les copains à essayer de les repérer : c’est plus facile lorsque le soleil les touche de ses rayons ; ils scintillent alors et se révèlent à notre vue.

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Au cours d’un rayon de soleil… 

Au bout de plus d’un kilomètre, une grande plateforme s’avance au-dessus de la cascade. Ici, c’est bien sûr plein de monde (et encore, nous ne sommes pas en haute saison en ce début septembre). Mais avec de la patience, nous parvenons finalement à nous faufiler et rester finalement un bon moment les yeux dans les yeux avec la cascade, cette quantité incommensurable d’eau donne le tournis, en plus de la hauteur, et du bruit monstrueux, un rugissement gigantesque.

Gros débit!

Cette gorge est assez resserrée, et le très large fleuve se jette à cet endroit dans un espace assez clos, ainsi il n’est pas possible même en se péchant au bord de voir le fond, les projections d’eau sont trop fortes, par contre, il y a constamment des arcs-en-ciel. Après de longues minutes d’hypnotisation (ou d’hypnose pour les gens terre-à-terre), brisées soudainement par l’apparition d’un martinet à tête grise, nous en venons à conclusion que cette gorge est en fait un creuset à couleur, de la transparence de l’eau naît tant d’arcs-en-ciel !

Hypnotique… on pourrait regarder pendant des heures!

En outre, le fleuve nous apparaît en entier d’ici, et nous sommes engloutis par la vision de ces 1 746m3/s. Incroyable de s’imaginer que ces eaux calmes, et ces litres et ces litres qui filent lentement, sans remous, vont se transformer quelques minutes plus tard en un monstre déchaîné. Et surtout, c’est sans discontinuer. A chaque goutte, chaque mest immédiatement suivi d’un autre, sans arrêt… La comparaison avec la moyenne de 45 L d’eau dans un être humain fait sourire.

Et plouf! Impression vertige dans la brume

Depuis la gare centrale jusqu’à l’entrée du parc, où nous avons RDV avec le même taxi qu’à l’allée, nous allons à pied non sans avoir fait un dernier tour sur le « circuito superior », dernier chemin que nous avion à faire, avec une vue cette fois-ci sur le côté brésilien juste en face. Nous croisons encore quelques bestioles rigolotes, surtout parce que vraiment différentes de ce que nous connaissons.

La garganta del Diablo!

Puerto Iguazu et la glace au mate

Nous rentrons à notre hôtels, fatigués mais très contents ! Nous tout de même une visite rapide de la ville, pour faire nos courses et découvrir les lieux : les commerces de souvenirs et les restaurants dominent clairement l’espace urbain, sur les trottoirs, encore une fois, nous retrouvons  les stands guaranis à même les trottoirs, où femmes et enfants vendent de petites sculptures en bois représentant des animaux locaux : coatis, tortues, léopards, toucans…

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Nature, du plus proche au plus lointain!

Au fil des rues nous faisons une heureuse rencontre avec un glacier local, très sympathique. Ces crèmes glacées sont délicieuses et placées sous le signe des couleurs (fruits et plantes) locales. Nous avions insisté dans l’article précédent sur le fait que le maté était originaire de Misiones, et bien ici l’artisan confectionne des glaces au maté ! C’est frais et délicieux et nous ne nous en privons pas ! D’autant plus que l’accueil est chaleureux 😉

Miam! On avoue on a pris plusieurs fois… 

Le ciel nous tombe sur la tête #2 ou et après « orage dans le désert », nous vous présentons : « Grêle dans la forêt tropicale »…

Ce soir-là, nous cuisinons dans la loggia, une cuisine ouverte vers l’extérieur, en compagnie de nos amis français présents à l’hôtel et de quelques autres de plusieurs nationalités et règne une bonne ambiance au-dessus de la préparation de nos pâtes-bolo en commun. Alors que la nuit vient de tomber, l’un des gars français sort pour se racheter une bouteille de vin. Tout à coup, tout le monde se fige dans un bel ensemble. Un grondement épouvantable a couvert les bruits de cuisine, de rires, de guitare et des débats marxistes entre argentins. Tous nous cherchons d’où vient ce bruit qui se rapproche, s’amplifie. On croirait des centaines de sabots frappant le sol à notre rencontre.

Même à l’hôtel les papillons sont omniprésents!

Nous comprenons enfin ce qui se passe, lorsque, effarés, nous pouvons voir les premiers gelons tomber du ciel. Puis se sont des milliers d’impacts que nous entendons, le toit en tôle pousse des cris affreux sous ce traitement, à l’instar de toute la ville. Précipitamment nous nous réfugions tous au fond de la loggia, d’où nous pouvons que constater que le ciel nous tombe sur la tête.

Circuito inferior

La clameur est telle que nous devons crier pour nous parler, nous apercevons un chien qui coure ventre à terre se mettre à l’abri à nos côtés, terrorisé. La grêle fouette l’eau de la piscine et les jets qui en résultent sont impressionnants. Un jeune homme, moins rapide que le chien, arrive à son cours pour trouver refuge, dans sa hâte, et dans ses tongs, il glisse et chute brutalement, et saigne. Heureusement il se relève aussitôt et est soigné par ses amis.

Pas mal hein?

Au plus fort du déchaînement climatique, les grêlons sont projetés jusqu’à nous, et nous constatons avec effarement que ceux-ci sont de la taille d’une balle de golf ! Ce sont les plus gros grêlons que nous n’avons jamais vu, et à voir les têtes et les exclamations ahuries de nos camarades, c’est pareil pour eux.

Ceci n’est qu’un échantillon des specimen et endroits où se perchent ces petits animaux

Cette presque apocalypse climatique, la deuxième du voyage, dure plusieurs minutes, que vous devez vous imaginer trèèèèèèès longues. C’est bien le cas. Cela nous apprend aussi au moins deux choses faciles à déduire : premièrement le changement climatique, c’est définitivement maintenant. Pour rappel nous sommes bien, et nous en sommes sûrs, sous des latitudes TROPICALES et nous venons de vivre une tempête de GRÊLONS gros comme des œufs d’oie. Deuxièmement, quand vous êtes témoins dans la même journée du pouvoir des éléments, en l’occurrence de l’eau autant sous forme solide que liquide (les chutes d’Iguazu), il n’est pas difficile de venir à la conclusion que, face à la nature, aussi malin que nous soyons, nous, humains, nous ne faisons pas le poids.

Avec les copains à la garganta!

Lorsque le calme revient, plusieurs d’entre nous, que n’arrivent pas totalement à intégrer ce que nous venons de vivre, mettent au congélateur les grêlons, vérifient l’étendue des dégâts et cherchent des nouvelles des amis ou connaissances.

Notre copain français en manque de vin nous revient sain et sauf, il nous raconte qu’il a eu le temps de s’enfermer dans une boutique avec quelques autres, tout le monde faisait cela dans la rue. Il s’en tire avec un bleu apparemment douloureux sur le mollet.

Couleurs multiples

Les nouvelles parviennent peu à peu et les rumeurs se répandent comme une trainée de poudre à travers toute la ville. Par malheur un pompier a été tué des conséquences de la grêle alors qu’il aidait une personne dans la rue. Plusieurs autres personnes sont blessées, notamment en recevant des grêlons sur la tête. Les dégâts sur les voitures (et surtout les pare-brises) sont nombreux, ainsi que sur les toitures. La devanture de notre glacier préféré est complètement détruite, il est inondé comme plusieurs autres commerces qui ont vu une partie de leur toit écroulée. Le glacier nous raconte qu’il n’a jamais vu ça en trente ans.

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Beaucoup de monde quand même dans l’après-midi… 

Dans l’hôtel, les canalisations d’eau ont été rompues par les coups répétés de la grêle, ainsi nous n’avons plus d’eau courante.  Cela pose rapidement des problèmes, évidemment. Notre avantage est là cependant que nous avons bourlingué depuis un petit moment déjà : nous trouvons un seau et en récupérant l’eau abondante qui coule des gouttières nous avons de quoi faire chasse d’eau. Pour le reste il nous a fallu aller acheter de l’eau en bouteille. En revanche pour la douche rien à faire : ça sera toilette de chat…

Je crois que ceux-ci sont mes préférés

Un australien partage à présent le dortoir avec nous et ce soir il a passablement bu. Il est de notoriété publique que les australiens n’ont pas forcément un accent anglais très facile à comprendre. Celui-ci ne faisait pas exception. Ajouter à cela l’emphase de sa passion pour la pêche rehausser par les vapeurs de whisky et cela donne un très long monologue dont ma compréhension a été, je dois avouer, assez limité. Moi qui voulais aller me coucher rapidement… Notre australien est tout de même fort sympathique et lorsque nous arrivons finalement à la fin de l’histoire où il arrive à attraper un poisson énorme quelque part en Australie avec son cousin de manière illégale, d’après ce que j’ai réussi à capter, il s’endort très vite, et ses ronflements me font presque regretté que son récit n’est pas été plus long.

Tumultueux !

Vers Foz de Iguaçu et au-delà !

Le lendemain nous retournons voir les magnifiques chutes, ne nous lassant pas de ses vues fabuleuses. De retour à l’hôtel, nous rencontrons un espagnol très gentil, avec qui nous avons bien discuté puisqu’il parle couramment le français, il y a vécu pendant plus de deux ans. Il est ingénieur et voyage beaucoup, restant plusieurs mois à droite et à gauche pour le boulot. Il revient quand nous le croisons d’un périple à Rio. Nous lui demandons des informations sur la ville, il nous apprend une poignée de mots en brésiliens et nous partageons avec lui nos impressions sur le parler espagnol version argentin, tout en visitant le quartier.

Il nous aide à trouver et négocier un taxi qui nous emmènera le lendemain matin assez tôt à l’aéroport, mais côté brésilien, pour éviter les taxes supplémentaires, direction Rio en vol national. Bien sûr nous devons passer la frontière et c’est là que nous nous félicitons d’avoir pris de l’avance en commandant le taxi : à la douane, la garde ne veux pas me laisser passer coté argentin, arguant que mon visa n’est plus valable. Cela montre encore une fois à quel point les visas PVT d’un an ne sont pas connus, pas même des « professionnels » du secteur. Je lui explique que le tampon de mon entrée en Argentine depuis le Brésil n’est pas un visa touristique puisque j’ai obtenu un visa d’un an dans son pays, en lui montrant la page correspondante. Elle prend alors la peine d’aller vérifier auprès de son supérieur, et finis par me tamponner mon passeport. Ouf ! Le plus drôle la dedans, c’est que pour Arnaud, dans la même situation que moi, c’est passé comme une lettre à la poste !

En avant vers Rio, le rêve ! Quelle chance ! De nouveaux moustiques à affronter, une nouvelle langue à apprivoiser, c’est partie pour une petite semaine de découvertes d’un autre type ! Meilleurs ennemis des argentins, nous voilà !

Claire et Arnaud

2 réflexions sur “Hypnotique Iguazu, fabrique d’arcs-en-ciel

  1. Prises de vues magnifiques, images idylliques , merci pour ce moment d’évasion.
    Et oui vous l’avez fait les jeunes !!!!
    « incredible!  »
    On entend même le grondement assourdissant des eaux mugissantes.
    Les mots sont aussi enchanteurs que les paysages, alors je dis: bravo pour ce blog.
    Gros bisous

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